RÉSUMÉ DU COURS
. 18 avril 18X9.
Messieurs ,
Cette soirée étant la dernière qui doit nous réunir, j’éprouve le besoin de la consacrer à une revue rapide de nos propres travaux, ainsi qu’à constater les nouveaux progrès qu’a pu faire, pendant la durée de ce cours , la science que j’ai reçu mission d’enseigner et dont je considère la propagation comme de la plus haute importance pour notre pays.
Ce qui doit vous frapper comme moi, messieurs, c’est notre temps d’arrêt dans la carrière des faits. Heureusement que si, sous ce rapport, les six mois qui viennent de s’écouler il’ont vu préparer ou s’accomplir aucune œuvre de quelque intérêt, il n’en a pas été de même pour nos connaissances. En d’autres termes, si nos bras sont restés oisifs, nos esprits ont travaillé; si le temps a été perdu pour l’action, il a été bien employé pour l’étude.
Tandis, en effet, que les débats parlementaires roulaient uniquement sur des questions politiques, jugées, à tort ou à raison, de premier ordre, on discutait ailleurs: ici, dans la presse, dans les chambres de commerce, dans les livres , les questions véritablement essentielles et intéressantes suivant moi ; les questions de production des richesses , d’agriculture, d’industrie, de commerce , etc. Et lorsque l’administration, absorbée tout entière par d’autres soins ou épuisée par des luttes et des attaques dirigées incessamment contre elle, contre son existence, restait sourde à la voix des intérêts souffrants, ou se trouvait impuissante à les soulager et à les satisfaire ; on étudiait sans elle les difficultés survenues ; on pesait la valeur des remèdes proposés } on lui traçait une route, quelquefois même plusieurs , entre lesquelles, dans l’excès de sa faiblesse, elle n’osait faire un. choix.
Dans le même temps et par suite de tant d’incertitude, la plupart des industries suppliantes, pour la plupart coupables d’imprévoyance, s’instruisaient à la douloureuse mais excellente école du malheur. — Les sucres métropolitains et coloniaux apprenaient de l’expérience , ce que les monopoles et la protection des tarifs, dont ils avaient joui si longtemps, ont de plus désastreux. — A leur tour, les compagnies de chemins de fer , qui , dans un jour d’enivrement et d’erreur , dans le paroxisme d’une fièvre de spéculation , s’étaient crues fortes et puissantes, s’apercevaient, mais un peu tard, de leur faiblesse, et sans l’avoueitj tout haut, la reconnaissaient
cependant en sollicitant, non pas, il est vrai, avec l’humilité convenable^, mais bien plutôt comme un droit acquis, des subventions et des primes.
Ces faits principaux et ceux également récents, dont vous avez connaissance et qu’il est inutile de rappeler, ont dû vous convaincre de la vérité de mes paroles, lorsque je vous disais, dans notre première séance, que les embarras et les difficultés dont on se plaignait dès lors provenaient surtout du