ÉCOLES PRIMAIRES
Elles renferment maintenant près de 1,100,000 enfants de plus qu’en i83o.
Observations. — Collèges royaux. — La diminution du nombre des élèves dans les collèges royaux est le résultat de l’ouverture des écoles primaires supérieures dans lesquelles les études classiques sont en partie abandonnées et remplacées par des cours de sciences plus usuelles.
C’est là une des excellentes réformes que nous devons au gouvernement actuel. La faveur qui a accueilli ces nouveaux établissements d’instruction publique, et le nombre des élèves qui s’y est porté, prouve que la partie éclairée de la population a compris leurs avantages, ce qui fait désirer de voir établir sur une plus large échelle ce système qui remplacerait merveilleusement bien les collèges communaux, encore entretenus à grands frais par l’Etat , ce qui ne les empêche pas de s’éteindre et de mourir tous les jours.
Grands et petits séminaires. — La différence qui existe entre la population studieuse des grands et des petits séminaires, est-elle une preuve qu’un certain nombre de néophytes n’ont pu supporter
jusqu'au bout les épreuves qui leur étaient imposées , ou qu’ils ne se sont pas senti la vertu suffisante pour accomplir saintement la belle mais si difficile mission qu’ils avaient sollicitée d’abord? — Non, ce chiffre témoigne seulement contre les vices du système universitaire et contre la taxe odieuse, injuste et vexatoire, perçue en son nom sur la pension de tous les élèves de nos collèges , et dont ceux qui suivent les cours des séminaires se trouvent seuls exempts. Si donc le nombre des élèves est plus considérable dans les petits que dans les grands séminaires, c’est tout simplement que les premiers comptent un certain nombre d’enfants qui qui ne se destinent pas à l’état ecclésiastique, et n’en témoignent le désir un instant que pour échapper au paiement de la taxe ; et s’ils désertent plus tard, ce n’est pas que la foi leur manque, car ils ne l’ont jamais eue, mais bien parce que l’économiequi était leur but est réalisé.
Écoles primaires. — Elles font partie avec les écoles supérieures du plan d’améliorations conçu et effectué depuis la révolution. Certes, c’est déjà un beau résultat que d'avoir donné la première nourriture scientifique à un million cent mille enfants qui en étaient privés; mais il reste encore beau- f coup à faire pour compléter l’œuvre et rendre 1# bienfait général. Le besoin est grand d’ailleurs, et la société se rend service à elle-même en instruisant tous ses membres. Il résulte en effet des documents officiels que , dans l’état actuel , les sept douzièmes des enfants ne reçoivent aucune instruction, et que
l’ignorance des filles est à celle des garçons dans la proportion de onze à huit : comme si l’on pouvait attendre quelque chose de bon des enfants quand les mères ne valent rien. D’après les renseignements fournis par l’administration de la guerre, la moitié des soldats qui ont passé sous les drapeaux, de 1 833 à i836, ne savaient pas lire. Enfin les comptes rendus de la justice criminelle nous apprennent que sur cinq mille huit cent quatre-vingt-treize accusés, trois mille cent soixante-douze ne savaient pas lire et mille huit cent cinquante-trois très-imparfaitement; et que sur mille trois cents trente-neuf femmes accusées , mille soixante-neuf ne savaient ni lire ni écrire , et plus de deux cents ne le savaient que fort peu.