DEUXIÈME LEÇON
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*5 novembre <858.
Quelques exemples choisis parmi les questions économiques du moment, ontsuffipour faire apprécier l’importance des études qui nous occupent. Partout où nous avons porté nos regards ., nous avons vu l’économie politique étendre son empire, et nous n’avons pas interrogé un seul intérêt sans qu’il ne nous ait répondu par une maxime économique. C'est qu’en effet il ne peut être indifférent à personne, à ceux qui ont à recevoir comme à ceux qui ont à payer, à ceux qui vendent comme à ceux qui achètent, à ceux qui consomment comme à ceux qui produisent, de savoir ou d’ignorer d’après quelles lois ils doivent opérer pour tirer le plus grand parti de leurs capitaux , rendre leurs consommations plus reproductives, et leurs productions plus économiques et plus fécondes.
Quoique fort incomplète , la série des faits que j’ai rappelés doit avoir produit sur vous une sorte d’impression , et vous avoir convaincu de l’importance des principes et de l’utilité des règles , dont l’observation permet de sortir d’un état de malaise et de gêne, pour arriver à un état meilleur. Vous avez "dû être frappé surtout de leur nécessité à une époque où toutes les branches de la production : agriculture, industrie, commerce, sont exposées à des changements d’une telle brusquerie qu’ils équi-
valent à des révolutions , ainsi que cela est arrivé pour la question des lins, que j’ai déjà indiquée et et sur laquelle nous aurons à revenir : car c’est bien une révolution que cette importation qui s’élève pour un seul pays, l’Angleterre, de 28 kilog. à 3>r99»9f 7kiI0g.de 1821 à i837;etpourl’importation totalede 437,792 kilog. à 3,919,783 kilog. pendant la même période.
Comme vous devez le penser, une industrie ne subit pas de telles altérations sans être profondément ébranlée , et sans que le contre-coup ne se fasse ressentir a toutes les autres industries avec lesquelles elle entretient des rapports plus ou moins directs, et qui lui sont attachées en vertu des liens de solidarité mutuelle y dont nous avous reconnu maintes fois l’existence.
C’est surtout dans des circonstances de cette nature qu il est essentiel de posséder parfaitement la science qui fournit les moyens de parer à ces troubles, et de prévenir ce que les complications qui en résultent entraînent avec elles' de perturbations graves et souvent ruineuses. Hâtons-nous donc de l’étudier; que chacun y mette du zèle et de la bonne volonté : le professeur pour se faire comprendre, pour dépouiller la science des quelques difficultés préliminaires qu’elle peut offrir ; les auditeurs pour lui prêter toute leur attention et profiter des enseignements dont ils doivent eux- mêmes recueillir les fruits.
Afin de rendre cette étude d’autant plus profitable, notre plan de cette année consistera princi-
paiement à reprendre et à exposer successivement chacun des principes sur lesquels repose la science et les questions qu’elle offre à résoudre dans l’application : en d’autres termes, nous nous efforcerons constamment d’unir la pratique à la théorie , et de placer l’exemple à côté du précepte.
Commençons d’abord par poser les bases de notre travail, en nous entendant sur les termes dont nous aurons à nous servir.
Mon illustre prédécesseur, M. Say, dont c’est toujours pour moi un devoir d’honorer le souvenir et de rappeler les services , a défini l’économie politique : la connaissance de la manière dont se