‹ Cours d'économie industrielle 183839 par m. Blanqui aĩnéChapitre 83 sur 118 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Les embarras actuels de la Belgique lui viennent peut-être en partie de la diplomatie; mais, on vient de le voir , ils lui viennent aussi d’elle-même : c’est à nous à profiter de la leçon qu’elle nous donne.

Non, l’agiotage n’est pas le caractère véritable de l’industrie; ce n’est pas sur un pareil terrain qu’elle peut s’asseoir solidement. On recueille aujourd’hui les fruits amers de la démoralisation qu’entretient dans les esprits cette soif effrénée des richesses, dont les chefs de l’industrie offrent le triste exemple. Ces richesses ne 6ont pas la preuve de l’accroissement, mais du déplacement de capitaux. La valeur, c’est le corps ; le certificat n’est que l’ombre. Quand de hardis spéculateurs combattent bardés de fer contre des gens désarmés, il n’y a pas lutte égale, mais spoliation. Chaque profit correspond à une perte , et non pas à un gain. Tout l’échafaudage de richesses qu’on étale ne se compose que de quantités négatives; tel se lève dans un palais qui doit couche*- à l’hôpital. La vie n’est plus qu'une série de sensations violentes où périssent les nobles sentiments. Chez les individus, la persévérance et l’amour du travail; chez les nations , la dignité. On n’ose plus se battre de peur de se ruiner ; on place la lâcheté sous la

protection de l’ordre, et l’on n’a plus de ces beaux désespoirs qui sauvent les empires.

Voilà le inal de la Belgique; mal profond, invétéré, qui tourmentç à des degrés divers l’Europe tout entière. Pour le salut commun, il faut se hâter de le guérir , en revenant au travail et à l’emploi moral des institutions de crédit.

EXTRAITS DES STATUTS DE LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE , DE LA BANQUE DE BELGIQUE ET DE LEURS SUCCUR- SALES. .

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