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Il est résulté de cela que l’ouvrier peut se rendre à son travail avec la‘ plus parfaite tranquillité d’esprit. Ses enfants n’iront pas vaquer par les rues ; bien au contraire, ils seront recueillis, surveillés, soignés comme le veut cet âge en même temps qu’ils recevront, comme pourrait faire l’école , les premières notions élémentaires.
Enfin , et pour ce qui est des soins dont ne saurait se passer 1 Ouvrier , on a établi dans cet immense atelier un vestiaire chauffé suivant la saison dans lequel il peut déposer par les temps de pluie ou de neige ses vêtements, sa chaussure qu’il retrouve chauds à la sortie. Tels sont les fruits d’une intelligente sollicitude chez le maître. Ces choses ont naturellement beaucoup d’action sur l’esprit de l’Ouvrier qui , se voyant ici l’objet de tant de soins, est invinciblement rattaché à l’Entrepreneur par
le sentiment du bien qu’il recueille et dont chacun se ressent.
Ce n’est pas autrement que l’industrie mulhousienne transtormait un jour le nombreux personnel de ses ateliers et qu’elle put triompher de l’esprit nomade dont on avait particulièrement à souffrir^
La Concurrence, le Besoin de s’employer suffisent, nous
le répétons, pour assurer l’Atelier contre le chômage
résultant du manque de bras. Mais il n’y a que le travail
où. Patrons et Ouvriers, trouvent chacun leur compte qui
profite. Lui seul ajoute incessamment à la somme des
richesses, quelque soit d’ailleurs lemodedeîrémunération des services.
Du Travail aux pièces ou à façon.
Du moment que le travail est rémunéré , non en raison de la longueur « du temps » mais en raison de la tâche
COURS d’économie industrielle.
^ accomplie, c’est-à-dire « du Résultat » atteint ou obtenu, l’Ouvrier, auquel est fournie d’ailleurs la matière première et parfois l’outillage, est, on l’a déjà dit. Entrepreneur.
Il peut, en effet, quelque familiers que lui soient certains travaux, mettre plus ou « moins de temps » et dépenser par suite plus ou moins de subsistance , de chauffage, de luminaire, sans parler d’autres frais, à faire l’article , meuble , outil ou tissu , défrichement ou plantation dont il s’est chargé pour un prix « déterminé. » Sans doute , il connaît par une longue habitude , la chose dont il s’occupe et le maniement de l’outillage ; mais que d’accidents, que d’obstacles imprévus peuvent l’entraver et l’arrêter dans l’accomplissement de « sa tâche ! »
Un métier qui se dérange, s’il est tisserand et qu’il opère chez lui au mètre ; une partie rocheuse de terrain donl nul n’avait vu de traces, s’il s’agit d’undéfoncement; des fils qui se rompent plus fréquemment dans un temps que dans un autre, la matière textile étant de sa nature fort hygrométrique ; l’invasion subtile de l’eau dans une houillère ou une extraction de minerai, — que de choses, sans parler du trouble et des embarras auxquels est en butte la famille , peuvent déranger ici tous les calculs et prolonger outre mesure « la tâche. »
On répond : mais les prix sont faits en tenant compte de ces éventualités aussi nombreuses qu’elles sont diverses. — Sans doute. — Et les entraînements , on pourrait presque dire l’aveuglement de « la Concurrence » pour quoi les compte-t-on dans le besoin de s’employer auquel cède généralement la Main-d’œuvre et qui lui fait trop souvent accepter les pires conditions en tenant les yeux fermés ? Le travail rémunéré « aux pièces » est assurément un louage de services qui répond mieux que la rémunération « à temps » aux légitimes exigences du salarié et de celui qui l’emploie. Mais il ne faut pas s’en
exagerer les avantages. Outre que « la concurrence » fait ici, comme toujours son œuvre, de façon à réduire notablement la marge des bénéfices , le chapitre de l’accident, qui fait partie de toute entreprise , tient une telle place, que ceci est de nature à faire reculer plus d’un travailleur! De là les préférences dont continue à être l’objet la rémunération^ « fixe » mesurée sur le temps bien ou mal employé. L’on convient d’ailleurs que le louage des services « aux pièces » est infiniment plus rationnel , plus équitable surtout, et partant plus moralisateur, parles qualités
qu’il exige et développe, que le travail payé à la journée ou au mois.
Celui qui s’emploie dans le premier cas est vraiment son maître ; il tient en quelque façon dans ses mains son sort, et plus « il fait » plus il gagne. D’où des efforts constants autant que généreux, en même temps que l’Entrepreneur trouvera son compte à payer davantage. L’honnête et L UTILE se rencontrent donc là bien mieux qu’ailleurs ; autant dire qu’ils se confondent.
Mais, répétons-le, ce mode « de louage » des services implique de tels risques , ou si le risque est peu de chose l’ardeur de la Concurrence est poussée si loin, dans les régions notamment de la Main-d’œuvre, que le travail « aux pièces » ne pénètre pas aussi avant dansrindustri-^ qu’il semble devoir le faire. 11 s’y mêle d’ailleurs trop souvent ^ un élément destructeur de ce mode supérieur d’activité. Cet élément parasite c’est ce qu’on nomme le Marchandage.^ 11 ne fout pas confondre, comme il est* souvent arrivé, cette pratique malsaine avec le rôle que remplit géiiéraleinent « rintermédiaire » et qui répond à un véritable besoin dans la Division du travail. Le Marchandage, en traitant au rabais «du louage» des services,
nnVn l’ulcère qui ronge l’industrie, tandis
qu elle est vivifiée par la méthode qui consiste à « sous-
COURS d’économie industrielle.
entreprendre » ou à se charger d’une fourniture de produits , de marchandises.
Éclaircissons cela par quelque exemple.
Qu’il s’agisse pour l’État , pour le Département , pour la Commune ou pour quelque grande compagnie, de la construction d’un édifice. On traite avec l’Entrepreneur pour un prix déterminé , avec plans et devis à l’appui. Mais ce meme Entrepreneur n’a pas plus tôt fait ses conditions, si même ce n’a été ici un préalable dont il s’ap- , puie pour « entreprendre, » qu’il sous-traite successivement avec les divers corps d’état: Charpente, Menuiserie, Serrurerie, Peinture, etc., ne se réservant pour lui que la Maçonnerie en tout ou en partie dans la construction dont il est chargé.
Ces « sous-traités » ont d’ailleurs, pris en masse, cela de commun qu’ils étendent la marge des profits de l’Entrepreneur, bien loin qu’il y perde quelque chose. Ainsi il traitera avec la Serrurerie « à prix réduit » et sur un pied autre que celui impliqué par le devis général. Le constructeur en titre, a la différence de celui qui fait construire, connaît par une pratique plus ou moins longue ces divers terrains; il sait jusqu’où peuvent aller ses exigences, et si un article coûte généralement 5 fr. , mieux que personne il pourra traiter « au rabais » de façon à le payer 3 fr. 50 ou 4 fr.
S’agit-il, au contraire, dans l’établissement d’une ligne de chemin de fer de terrassements ou de déblais?... Le concessionnaire des travaux sous-traitera pour cette partie avec un individu qui, pour un prix fixe par mètre cube se chargera du travail à faire.
Le plus souvent même, on conviendra d’un prix en bloc pour la tranchée à creuser en pente ou non , à telle profondeur. Mais ici « le forfait » dont on se mit d’accord peut avoir ce résultat de constituer gravement en perte
II® PARTIE
hn f- h" ‘l’œil et de la
bonté de ses calculs à quelque habitude de ce travail.
Dans ces deux cas. et dans une foule d'autres qu’on
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surtmu 1 * P'"' l'=‘I«el chacun se lie. Rien
Ce que le sous-traitant, serrurier, menuisier maçon ou peintre, s’est engagé à faire, qu’il ait traité en bloc la ptoce ou an melre, implique un double-, risque No’n-
prix'rdV'l’étr'l '’V"'"''''" • • - c’est-à-dire du
et de letendue de certains ,< services . sans être
absolument certain de pouvoir acheter la main-d’œuvre
autc memes conditions en quantité snftisante ; mais iî
peut aimer que la fourniture du bois, du fer on de la
pierre dont on est convenu, ressorte à des prix plus élevés
que ceux dont le sous-entrepreneur s’était flatté
^ Dans le creusement d’une tranchée et à propos de
lemhlais traites en bloc ou au métré, il en sera de même.
Les difticultés que présente le terrain et que nul ne soun-
traitmu e”n “d™è ‘‘I constituer le sous-
t ai anl en dépense d’un plus grand nombre . de iour-
-qui n avait supposé. Et comme il est limité par
« le temps » dans son traité, il devra recruter n’importe
a que prix , de nouveaux ouvriers. Ceux-ci seront Lu
tant plus exigeants qu’ils connaisseni la nature et l’Ln due de ses obligations.
Ainsi, iiarlout des risques . de deux sortes. „ - D’une , C geiiie de la fourniture, la nature du travail
xposent a plus d’un mécompte, tandis ijne d’un autre cote pour peu qu’on soit limité par le temps et que des -ccidenls surviennent, il pourra arriver qu’on soit livré en ce qui touche la main-d’œuvre, à la merci d’exigences sans
nom et sans fin.
COURS d’économie industrielle.
Il n’est pas jusqu’au travail « aux pièces, » dans un grand atelier de construction de macliines, qui n’implique, outre les malfaçons tombant à la charge de l’ouvrier, des mécomptes attachés à l’emploi « du temps » c’est-à-dire un risque.
Voilà par exemple un groupe d’ouvriers qui traite avec le contre-maître ou chef d’atelier pour la confection de quelque pièce d’une puissante machine. Ils sont six qui se sont associés pour cette partie d’ouvrage moyennant un prix fait « ou forfait. » Sans doute , ce groupe de tacherons, — ' car ils se sont entre eux réparti l’œuvre, — est on ne peut mieux assorti. Ces ouvriers se connaissent, ils sont assurés l’un de l’autre, tant au point de vue «des malfaçons » que du bon emploi « du temps. » Mais là pas plus qu’ailleurs l’on n’est à couvert d’un accident.
Que l’im des membres de ce groupe soit malade ou
qu’il se blesse avec son outil; voilà des chômages partiels qui allongent la besogne et qui réduiront d’autant la rémunération ou part dont chacun se croyait certain. On comptait sur 6 jours à 10 heures de travail par homme. Soit par exemple 360 heures ; c’est bien toujours ce même nombre d’heures qui sera dépensé. Mais la blessure que s’est faite l’un des tacherons, dès la troisième journée, l’a mis dans l’impossibilité de faire moitié autant d’ouvrage qu’auparavant. D’où la nécessité pour le groupe de travailler 1/3 de journée de plus par homme. C’en est fait du profit d’ailleurs modeste sur lequel on comptait. Ces ouvriers calculent que salariés « à temps, » les cinq qui soutfrent ici du chômage forcé d’un seul auraient gagné tout autant que de travailler « aux pièces. »
Pour tant que l’on descende, « le risque » est inhérent , on le voit , à tout ce qui est Entreprise , et bien souvent il présente un double aspect. Il n’y a pas ici à distinguer le sous-traitant du concessionnaire en titre. L’on s’expose à
quelque mécompte par cela meme qu’on traite sur un
autre pied que sur celui du coût réel des choses, produits ou services.
C est ce même « risque » inséparable de toute Entreprise qui légitime, suivant qu’il sera plus amplement exph]ué en son lieu, une rémunération naturellement « mesurée » aux difficultés et aux embarras dont il y a à tiiompher par une intelligence, une sagesse, un courage à la hauteur de ce qu’on « entreprend. » Mais ce risque qui suffit à expliquer et justifier les profits sur lesquels
compte l’Entrepreneur, « le Marchandage » ne le connaît
pas. Loin qu’il s’aventure et coure aucuns hasards , il se borne à acheter « au rabais » le travail d’autrui dont il trafique pour le revendre plus cher. Finalement, outre qu il ne met. rien du sien, — aptitude personnelle, fournitures ou avances de tout genre dont les prix oscillent comme celui des matières premières, — et qu’il puisse , a 1 exemple du Serrurier sous-traitant, courir quelque chance de perte, il bénéficie invariablement de la différence qui existe entre le salaire à prix réduit qu’il devra acquitter , et le salaire qu’il fait supporter à l’acheteur avec lequel il a personnellement traité.
— Il emploie son temps, dira-t-on, et ce temps qui servit a alimenter d’ouvrage celui ou celle qui loue ses services « à la pièce » doit être payé. — Mais le fraudeur le maraudeur aussi emploient leur temps à faire arriver sur le marché des produits plus ou moins utiles qui sans eux ne s’y montreraient pas. C’est là l’industrie dont ils vivent et trafiquent. Va-t-on donc les encourager ? Il y a d ailleurs» du marchandeur» à ces pires industriels, la différence , que ceux-ci courent de vrais » risques. » Quant au mal qui résulte pour l’Industrie en général de l’intervention «du marchandage », il est infiniment plus gland que ne le saurait être celui cause j3ar les individus
!îl
COURS D’ÉCONOMIE INDUSTRIELLE
(lui entrepi-ennenl sur la propriété d’autrui. La raison en es simple. La loi est là pour réprimer ces dernières attemles, ce (|ui en diminue naturellement le nombre. 1 andis qu elle laisse toute latlitude à l’individu qui sans risque aucun, sans mise d’aucune sorte « entreprend . sur cette propriété que Smith et Turgot placèrent au premier rang et qui est représentée par le Travail libre.
c est déjà un point de soiution délicale, dans les réglons notamment de la Main-d’œuvre, que celui qui représente le aux general « des salaires . comme résuitaut d’un « libre débat . entre le patron et l’ouvrier. L’Oft’re déborde à tel point d un cote, et la Concurrence, le Besoin de s’employer Il importe comment et à quel prix.sont si exliubérants qu 011 dijute SI la . Liberté . et . la Nécessité . eurent ici part égalé. Et c’est lorsque la question se pose ainsi -li’esl lorsqu en vue d’un salaire plus équitablement rémunérateur que celui payé . à temps », outre que l’entrepreueiir et l’ouvrier qui traitent . aux pièces . -doivent ici mieux trouver leur compte ; c’est quand l’industrie prise en masse a le plus grand intérêt à voir se propager et s etendre ce mode « de louage » des services, qu’on y souftrirait 1 immixtion desséchante de ce ver rongeur qui est lepresente par « le Marchandage »?.
« Les services . qu’il rend sont nuis!' car il n’est nas besoin de cet élément parasite pour que le patron et ouvrier se rencontrent. De même, Ils sauront, sans lui D aller a des condilions équitables. Non-seulemeiit là Pioduclion ne retire aucun avantage de ce qu’on trafique ainsi du Iravad « d'autrui, . mais c’est lra)iper le travail dans ses œuvres vives, c’est décourager le travailleur que . de . entremettre » sans nécessité de façon à abaisser encore e niveau du salaire déjà rendu insuffisant par l’extrême loncurrence de ces mêmes services. Celui qui intervient le taisant point ici œuvre propre et personnelle n’ajoute
rien, comme fonds ou comme force, à la Richesse en voie de formation. Il prélève simplement un tribut sur l’activité d’un petit entrepreneur dont quelque léger profit devrait recompenser les efforts et auquel on ne laisse pour compensation que « les malfaçons » tombant à sa cliaige sans parler de ce qu’il aventure.
Dans la ganterie par exemple le Marchandage représenté par une femme dite « entrepreneuse » prélèvera 50 c. par chaque douzaine de gants payée à la couseuse, tous frais déduits sur le prix de 30 c. la paire, soit 3 fr. 60 c. la douzaine. Gela met à 75 c. environ la journée de l’ouvrière. Car si une femme peut coudre en douze heures iusqu’à quatre paires de gants, la généralité ne dépasse pas deux
paires et demie dans la journée. - Mais « l’entrepreneuse » aura réussi, en se portant habilement ici et là, sondant pareille a l’oiseau de proie le besoin extrême de travail à ranger sous sa main douze ou quinze pauvres ouvrières smon da\antage. Dans ces conditions, il se coud aisément quatre douzaines de gants par jour. D’où pour le marchandage trois fois environ le salaire de la couseuse payée
« aux pièces » et qui seule a, non-seulement tout hiit mais (|ui supporte seule « les malfaçons (1). »
En résumé : si dans le travail « aux pièces » l’ouvrier et celui qui remploie trouvent bien mieux leur compte que orsqiie les services sont loués . à temps; . si c’est sur ce terrain que se développe particiilièremeni « le principe d action . qui Importe à l’extension de la richesse publique et privée en même temps (pic s’élève le niveau de 1 intelligence par un travail essentiellement sain et moralisateur, il ne faut pas s’exagérer ces avantages. Nonseulement l’active concurrence que se font, ici coniiiio ailleurs, . les services . réduit notablement pour l’ouvrier
.Ij
(1) Ce détail est pris du livra de M. Jules Simon : L’Ouvrière.
$“22 COURS d’économie INDUSTRIELIÆ.
cui traite à tant le mètre d’étoffe ou « à la pièce » la marge des profits, mais la prati([ue « du marchandage » f lit le désespoir de celui qui traite sur ce pied. « Le principe d’action » ne saurait donner ici, faute de stimulant naturel et nécessaire, tout ce qu’il pourrait donner et c’est finsi qu’on use dans les âmes le grand ressort de l’intérêt, c ont la part n’est pas faite.
C’est du reste à fintervention « du Marchandage » qu’il f lut s’en prendre de ces produits médiocres qui cachent, sous le fini de l’exécution, tous les vices d’un article de i’3hut ou comme on dit « poussé » en termes d’atelier. Le ï lus sûr est encore de payer le travail et le temps « ce c u'ils valent. » Ici comme toujours le Bon marché obtenu cLix dépens « de la qualité, » c’est-à-dire au prix d’un tra- ^ ail payé « au rabais » en place de réels et bons services, est un bon marché « qui revient cher. »
« Le Marchandage » est à la Production et à la généreuse sève qui doit animer et qui soutient le Travail ce que le tieianite est au jeune arbre qu’il ronge et (lu’il dessèche. I a loi devrait là intervenir, car c’est ainsi qu’on entre- \ rend sur le travail libre , au grand dommage de la Ri- ( liesse générale.
De la Participation du travailleur aux bénéfices.
Le défaut de soin 'les pertes de temps jusqu’à certain 1 oint inhérentes au louage du travail à la journée, au mois c U à rannée devaient dans plus d’un cas, faire préférer un 1 iode de rémunération pouvant mieux concilier l’intérêt de 1 ouvrier avec les légitimes exigences de celui qui le paye. Le là, le recours de plus en plus fréquent à l’achat des services où l’on traite sur le pied de la quantité « d’ou- M’age » fait. Il est seulement sensible, par tout ce qui
précède, que ce mode de louage du travail est loin de favoriser autant qu’on pourrait croire, le déploiement du principe d’action qui importe à la richesse générale et au bien-être du plus grand nombre.
Les mécomptes sont donc dans les deux cas nombreux autant qu’inévitables. Si l’ouvrier est tenu u des malfaçons, » et s’il perd plus de temps qu’il ne crut à l’œuvre dont il traite, l’industriel qui le paye peut souffrir, d’autre part, de plus d’une imperfection ou d’infidélités habiles à se dissiimiler. Tels sont les tristes fruits, ici comme toujours, du travail payé « au rabais. » Chacun connaît, par exemple , comment .dans ce système ce qu’on nomme le
piqtiage d’onces fit longtemps le désespoir de la fabrique lionnaise.
L’abus est celui-ci : l’ouvrier tisseur met sur le compte des déchets^ dans la soie qu’on lui confie, quelques onces de matière première. Cette soie qu’il retient, il peut la revendre o ou 6 francs fonce. Ce genre d’infidélités fut porté si loin, qu’il dut se former au sein de l’industrie locale une société d’assurance spécialement chargée de mettre un frein à ces gains illicites.
Rien que ce détail, choisi parmi beaucoup d’autres, peut faire voir combien le louage du travail « aux pièces » est loin de résoudre à la commune et constante satisfaction de chacun le problème ardu de la Production. C’est en se plaçant a ce point de vue qu’on arrivait à comprendre de quel avantage il pouvait être pour l’industriel lui-même, dans mainte circonstance, d’associer de plus près le travail aux profits réalises par l’Entrepreneur. De là, une participation auîi bénéfices qui partant , ici comme toujours, d’une situation donnée prend des formes diverses. Les difficultés que présente la confection de certains ouvrages; le soin, l’habileté, l’exactitude, que devra déployer l’ouvrier, et que ne saurait suppléer la plus active