‹ Cours d'économie industrielle à l'École Turgot [microform]; instructions graduéesChapitre 35 sur 60 · COURS d’économie industrielle · texte numérisé non relu

COURS d’économie industrielle

regard des prix ci-dessus accusés seront ces « utilités » d’ordre différent :

Le blé. impliquant pour pouvoir être troqué contre de l’Argent un « poids » de cette substance monétaire double de ce qu’il en faut pour obtenir une même « quantité » de maïs, soit 125 grammes au lieu de 62 gr. 1 '2, la première de ces graminées sera à l’autre dans le rapport de 2 à 1 comme pouvoir d’Échange, c’est-à-dire comme valeur « relative. » Et c’est la substance monétaire donnée en Troc, d’une et d’autre part en quantités « proportionnelles, » qui traduit sous couleur de « Prix, » ce rapport de Valeur ou « puissance » plus ou moins grande d’acquisition.

D’un autre côté, et par voie de conséquence, la journée de l’ouvrier ülateur sera à un hectolitre de froment comme 4 est à 25 ; mais quant au maïs, « le rapport » d’échangeabilité marqué également par la Monnaie sera moitié environ plus élevé, soit comme 4 est à 12 fr. 50. C’est-à-dire qu’il faudra 3 1/8 journées de cet ouvrier ülateur pour pouvoir acheter 1 hectolitre de maïs.

D’où l’on voit que si la Monnaie est rinstrument « nécessaire » des échanges , il découle de la propriété qu’elle possède d’être « un intermédiaire » généralement reçu , de marquer, comme terme « de rapport » commun, le degré d’Échangeabilité des produits et des services , ou pour parler autrement, leur Valeur « relative. » Les Prix, on le répète, ne sont que de simples formules accommodées « à l’échelle » de la Valeur des produits ou des services plus ou moins échangeables.

\ Par cela même ([u'elle est un terme de commun et général « rapport » au point de vue de la puissance d’acquisition des utilités, on peut dire de la Monnaie qu’elle est un commun « diviseur. » Mais il y a loin de cela à être, comme on Ta trop souvent répété, une commune « mesure. » La substance dont est faite la Monnaie, si loin

que l’on remonte et si parfaite qu’on la rêve, est « un Produit » éminemment utilisable, c’est-à-dire particulièrement « échangeable. » Mais par cela même que c’est un produit, ce Produit est .susceptible de baisser, de hausser « de prix ; » en d’autres termes , il est « év.\lu.\ble, » ce qui est exclusif selon qu’on aura occasion de le mieux faire voir prochainement, — de l’idée « de Mesure. »

Nous aurons à dire aussi bientôt suivant quelle « échelle » procèdent et se présentent « les Prix, » de façon à ce que ces « poids » ou quantités de substance aurifère, argentifère correspondent à ce que renferment de puissance « d échange » les utilités de divers ordres vendues et achetées. G est à cela que répondent, dans l’Échange, les divisions de la Monnaie qui tire un particulier avantage, de la façon plus ou moins heureuse dont est constitué, à ce point de vue, « l’appareil » monétaire. La valeur « relative » ou pouvoir d’acquisition des produits et des services appelés à se contre-échanger est à tel point différente; elle s affirme par « des prix » si démesurément bas, pour certaines choses en meme temps que ces prix s’élèvent si haut, en ce qui touche d’autres utilités, que ce fut une nécessité de premier ordre de recourir, par le surhaussement de certains produits pris comme moyen de Troc,^ à des appoints ou pièces d’ajustage , suppléant ici l’Instrument monétaire. — Avant d’aller plus loin, expliquons cela.

Par exemple Remarquons que le Cuivre fournit sous couleur « de billon » une Monnaie d’appoint, sans laquelle il ne serait pas possible de descendre à des échanges infimes où rOr, l’Argent lui-même, devraient correspondre par des poids , peu ou point maniables , à la valeur » réelle du Produit ou du Service cédés en retour. L’on peut donc dire que dans ces conditions, et puisque 5 grammes de monnaie de cuivre ou de bronze, sont fort loin d’équi-

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I valoir « au vingtième » du franc d'argent dont ils forment

I une division , — car le métal d’appoint est ici surfait de

I moitié, — on pourrait en conclure que par ce côté , la

I thèse qui consiste à voir invariablement dans « l’Instru-

I ment » des échanges, un produit en parfaite « équivalence »

■ vec les utilités que l’on achète ou que l’on vend , semble

I affaiblie et comme démentie en ce point particulier.

1 II n’en est rien.

I Dans « l’appareil » monétaire, — et c’est è dessein qu’on

I se sert ici de ce mot, car il rend seul exactement l’idée

I qu’on voulut exprimer, — tout se tient. Ce serait tomber

I dans une erreur profonde que de croire pouvoir en déta-

I cher quelque chose. Pièce d’ajustage ou simple appoint

I si l’appareil est bien construit, c’est-à-dire , si les parties

I se prêtent une force mutuelle et qu’elles soient savam-

I ment reliées ensemble, le mécanisme n’éprouvera a se

I mouvoir aucune difficulté. Il jouera librement, parce que

I tout se répond dans des conditions voulues de marche,

I d’équilibre.

Ici donc, la pièce d’ajustage ou Monnaie d’appoint, évidemment surfaite, emprunte une partie de sa force , —

: c’est-à-dire de la puissance échangeable qui lui manque, —

^ à l’Argent, à l’Or monnayés qui sont placés plus haut

; - et auxquels le métal surfait se relie et se rattache. G est

I un TOUT indivisible et dont la consistance est dès lors

; parfaite. — La meilleure preuve de cela , c’est qu’on ne

^ fait journellement nulle difficulté « de troquer » letranc,

i - c’est-à-dire 5 grammes d’Argent contre ses diviseurs du

i poids de 100 grammes en Cuivre ou en Bronze monnayés.

i Donc , le fort soutient ici le faible , et il ne tant pas son-

ger à les séparer dans l’Échange.

Telle est l’explication théorique de ce qui semblerait un ■ argument contre la suprême et générale « équivalence »

j des produits-Monnaie.

Maintenant : existe-t-il une raison pratique de ce fait purement théorique? Y a-t-il là des particularités, des lois, par exemple, observées et qui font qu’on « accepte » indifféremment dans les affaires, 50 grammes de billon ou une pièce d’argent monnayé pesant 2 gr. [^2 et formant les cinquante centièmes du franc ? Oui assurément. Ces particularités présentent un double aspect, mais elles tendent, par des moyens differents, à prévenir l’abus qui pourrait naître de la monétisation d’une substance « surhaussée , » si cette monétisation était parfaitement libre.

Le monnayage sera donc, d’une part « limité, » c’est-àdire qu’il ne pourra être fabriqué de « ce billon » qu’une quantité strictement proportionnée à la masse d’Or, d’Argent monnayés mise en circulation et qu’on juge ici approximativement indispensable. En d’autres termes, si l’appareil monétaire est « altéré » dans sa puissance d’Échange abilité ou Valeur intrinsèque, il ne le sera que dans une mesure relativement faible , de façon à ce que cela soit à peine sensible. Pour mieux s’assurer que cette mesure ne sera pas excédée , l’État lui-même s’est réservé , contrairement à ce qui existe pour la Monnaie d’0r ou d’Argent , « le monopole » de cette fabrication. « La puissance » d'échange de la Monnaie est ainsi , d’une part, garantie contre l’abus qui était possible de ce chef. Ce n’est pas tout.

La loi pose une deuxième limite relativement à ce qui doit avoir cours dans les payements en cette même Monnaie d’appoint. C’est ainsi (jiie nul n’est contraint « d’accepter » au delà d’un poids de 500 grammes de Cuivre Monnayé en retour de ce qu'il vend ou de ce qui lui est dû. La puissance d’achat et libératoire « du billon » est donc limitée à 500 gr. , lesquels équivalent à 25 grammes d'argent monnayé ou cinq francs.

Ainsi, d’une part, la fabrication de la Monnaie d’ap-

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point était « limitée, » d’où suit qu’on est protégé, dans les affaires , contre l’invasion possible d’une Monnaie « surfaite » dont l’appareil monétaire soutfrirait dans ses mouvements; — de l’autre, usage, emploi « limité » de cette même Monnaie d’appoint, ce qui sera un obstacle à sa circulation. « Les Produits, » en effet, de même que les Services tirant piâncipalement « leur Valeur » ou pouvoir d’acquisition de ce qu’ils peuvent être « utilisés, >> du moment qu’on ne peut user de cet agent monétaire , c’est-à-dire , le faire « accepter » qu’a très-faible dose ou quantité , naturellement , on doit cesser de vouloir le produire » en masses « inutilisables. »

Il y a donc, on le voit, un double motif pour que la Monnaie de « billon , » toute surfaite qu’elle soit, « se troque B avec la plus grande facilité contre de la ^Monnaie d Or ou d’Argent, car elle ne se rattache à ces produits > éminemment « échangeables » que comme appoint infime et ne saurait dès lors altérer la puissance « d’intermédiaires » qui leur est généralement l’econnue.

Ceci confirme la théorie « de l’Équivalence » supérieure des produits monnayés. Loin de la démentir , on cède ici aux nécessités du Marché ; mais on n’y défère que dans une juste mesure, et la Monnaie d’Orou d’Argent, prise dans son ensemble , reste ce qu’elhi est : L’équivalent « généi’al b sans pair des autres utilités, c’est-à-dire, « un Instrument » de Troc supérieur.

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