‹ Cours d'économie industrielle à l'École Turgot [microform]; instructions graduéesChapitre 44 sur 60 · XXVIII* INSTRUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII* INSTRUCTION

Du prix de Vente. — L’Entrepreneur et celui qu’il emploie. — Du Risque. — Profits et Salaires.

Ce ([ui distingue, on le sait, le prix « de Revient » ou coût de Production du prix « de Vente, » c’est, d’une part , tantôt le Profit ré^alisé, et d’autre part la Perte résultant de toute opération. D’où il est aisé de voir que le prix « de Vente » est la réalisation, avec ou sans bénéfice,— et dans ce dernier cas l’on est en perte, — de ce qu’a coûté le Produit dont ou s’occupe ou le Service rendu en s’employant « pour autrui. »

Nous disons qu’il y a « Perte » quand l’industriel ou le salarié rentre simplement dans « ses Avances, » car il est évident ici qu’il n’a fait « qu’échanger » les matières premières qu’il a dû, par exemple, acheter pour les convertir en filés ou en tissus, contre d’autres matières à transformer, et qifil aura troqué, d’autre part, contre de nouveaux produits dont il devra subsister, les produits qui ont jus(iues-là pourvu à son entretien et à sa subsistance.

Ce qui est dit là « de l’industriel, » il faut le dire de celui qui s’emploie « pour autrui, » si haut que l’on monte et si bas qu’on descende dans le louage « des Services. » Rentrer simplement dans ses débours, c’est « perdre.» Ce qu’on a perdu, en effet, c’est le temps qui ne revient pas, ce sont des forces qui vont diminuant, c’est l’occasion, enfin, d’ajouter à ce qu’on possède. Si l’on recouvre le chhfre « de ses avances , » c’est tout, n’esl-ce pas? mais cela ne saurait suffire. L’on n’est pas toujours jeune et actif, on n’a pas toujours la force avec l’intelligence nécessaire pour « entreprendre » ou faire « un service » parfois pénible. El cependant « les besoins » restent les mêmes s’ils ne sont plus grands. Or, d’où

tirer ici « le nécessaire » si l’Épargne n’a pu se constituer ensuite « de Profits >> plus ou moins modestes? — Où est l’Échange désormais possible, puisqu’on ne peut plus ni travailler, ni produire?

Là où ne se rencontre aucun « Profit » appréciable, il y a donc par cela même « Perte. » Homme de l’industrie ou simple salarié , nul n’a lieu d’être satisfait s’il rentre uniquement par « l’échange , » dans ce dont il s’est mis à découvert et qui constitue « le coût » de production

Nous devons d’autant plus insister là-dessus qu’on se fait généralement « du prix de Vente, » en un point de si grande considération , de très-fausses idées.

On peut voir , par là qu’il existe deux ordres « de Services » suivant que cela s’induit, d’ailleurs, de la division d’où nous sommes partis pour les « utilités » au début de ce cours. Il y a, d’une part, « les services » que rend à ses semblables l’homme de l’Industrie qui s’emploie et s’appliquer fournir le monde « de produits » ou de talents, de moyens d’action plus ou moins appréciés. Ceci rentre spécialement dans le rôle « de l’Entrepreneur, » lequel trafique, tant de l’usage de ses facultés que de remploi du temps, de la peine, des mérites « d’autrui. » Il y a, d’un autre côté, « les services » manuels ou ceux de l’ordre moral que rendent « les Salariés » de tout rang : ouvriers, employés, domestiques à gage, hommes de science et de littérature , artistes en tout genre , médecins, légistes, architectes. Ces divers artisans de la fortune piibli((ue ne sauraient être confondus , suivant qu’il va devenir sensible , avec l’horiime qui « Entreprend » dans le Trafic ou dans l’Industrie.

liO

COURS d’économie INDUSTHIEULE,

Page 1