I.A PROPHIKTI
s 'attrib 110.11 1 autre chose ({uo ce (|iii leur revient lé^linienient. Ayant, par leur travail, créé de l'utilité, ils s'apijroprient non seulement cette utilité, mais la matièie même, qui n'est pas le produit de leur travail et qui, par suite, devrait être considérée comme appartenant à tous. Là est l'injustice que le propriétaire foncier, « qui n"a pas fait la terre », suivant Tobservation de 8t. Mill, entend s"en faire payer le service, sous forme de fermage. Et Proudhon, après le conventionnel Brissot. est amené à conclure : « La propriété, c'est le vol i>.
Cette critique doit conduire logiquement à la nationalisation du sol. cest-à-dire à lexpropriation des propriétaires fonciers, avec ou sans indemnité. l"n économiste américain. ïTenri George \ dans un livre qui eut, au moment de son ai)pariti(>n, un très grand retentissement, suggérait l'idée de laisser aux individus la possession du sol, en confisquant simplement par l'impôt la « plus-value imméritée >>, c'est-à-dire les accroissements de valeur pouvant résulter pour les propriétaires fonciers des circonstances extérieures, du progrès social, en dehors de tout travail par eux fourni. D'autres écrivains voudraient réserver à l'Etat sur le sol un droit prééminent, en substituant à la propriété perpétuelle un système de concessions à longue durée. A l'expiration du temps convenu, 99 ans par exemple, le taux du fermage exigé du concessionnaire pourrait être relevé à proportion de la plus-value réalisée par la terre pendant la période précédente. On arriverait ainsi, dit-on, à réserver à la collectivité les avantages résultant exclusivement de la collaboration sociale, et à faire disparaître le caractère injuste et privilégié que présente la propriété foncière. L'ne semblable solution pourrait être, ajoute-t-on. aussi av;intageuse que la propriété elle-même au point de vue de la l)onne exjjloitation du sol. par ce fait que la longue durée de la concession laisserait à l'exploitant tout le temps nécessaire pour lui jiermettre de recouvrer intégralement les avances qu'il aurait pu consentir à la terre.
(»92. Nous avons, en recherchant le fondement rationnel de la ])roi)riété. répondu par avance à cette objection-. Sans doute le travail ne i)eut créei' que de l'utilité, non de la matière; le droit de s'approprier la matière, objet du travail, n'en résulte pas moins du droit de s'approprier l'utilité, résultat du travail, par cela seul que l'utilité s'incorpore dans la matière
1. y. el Henri CitMir^'e. Pnu/rès fi pauvreté; et plus loin, n° 751.