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3S8 TROISIÈME PARTIE. CHVPITRE It
progression comme aux dégrèvements, et peut être, par suite, établi dune manière plus équitable. L impôt indirect, au contraire, a forcément le caractère d'impôt réel, puisqu'il est impossible de déterminer par avance qui le paiera. Il frappe de la même manière tous les contribuables, riches ou pauvres. Bien plus, la proportionnalité même de limpôt indirect n'est qu'apparente. Etabli sur les objets de consommation, il frappe plus lourdement les pauvres que les riches, en prélevant une portion sensiblement plus forte dos petits revenus que des gros '. En ce sens, on a pu dire qu'il est progressif à rebours, et l'impôt direct apparaît comme son correctif nécessaire. Limpôt direct présente encore l'avantage d'être plus économique dans son fonctionnement; celui-ci n'exige pas de l'Etat, comme pour les contributions indirectes, une surveillance continue, et parfois vexatoire, en vue d'empêcher l'évasion de la matière imposable.
Si, à ces divers points de vue, l'impôt direct paraît supérieur à l'impôt indirect, il lui est inférieur sous un double rapport. D'une part, il est moins productif. Les progrès de la richesse générale se traduisent, pour les patrimoines privés, par le développement continu des consommations et des transactions. Le rendement des impôts indirects a, par suite, une tendance constante à s'accroitre. Celui des impôts directs, au contraire, ne saurait s'élever aussi rapidement, parce que les évaluations servant de base aux rôles nominatifs ne peuvent être revisées qu'à des intervalles plus ou moins éloignés.
L'impôt indirect présente en outre, pour sa perception, des facilités exceptionnelles. C'est là pour l'Etat son principal avantage, car il permet d'obtenir des sommes considérables sans provo([uer le mécontentement des contribuables. Ceux-ci le paient, hi plupart du temi)s, sans bien s'en rendre compte, sous ht lormc notamment d'une partie du prix d'achat des marchandises taxées. Cet avantage ne va pas d'ailleurs sans inconvénient pour les contribuables eux-mêmes. C'est précisément parce (luci la charge fiscale résultant des impôts indirects écliai)p<' en grande partie à l'attention de ceux qui la sup{)ortenl, (|U(' ce iuod(^ d'inijjosition, a, sous linflueuce des besoins publics croissants, pris une place parfois prépondérante «lans l'organisation linancière des grands Etats.