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LES RAPPORTS CONTRACTUELS Dl" TRAVAIL KT DU CAPITAL 455
inent organisos. Il faut en effet que les ouvriers auxquels s'applique la convention collective soient assez nombreux x>our que les conditions fixées deviennent la loi régissant le contrat de travail dans la profession et dans la région. Autrement, par l'effet de la concurrence sur le marché du travail, ces conditions ne pourraient longtemps se maintenir. Il f aut^'autre part que l'autorité du syndicat sur ses adhérents soit assez effective pour garantir à Temployeur le respect de la convention. En Angleterre, c'est à des comités mixtes de salaires, comprenant un nombre égal de délégués de la trade-union ouvrière et de lemployeur, sous la présidence d'un tiers étranger à la profession qu'est laissé le plus généralement le soin de régler par voie de convention collective les conditions du contrat de travail dans les branches les plus importantes de la production, dans l'industrie houillère, notamment.
Les organisations ouvrières font encore usage, aux Etats-Unis notamment," d'une marque distinctive, ou « label », apposée sur les produits et destinée à certifier que ceux-ci ont été fabriqués conformément aux conditions contractuelles acceptées par le groupement syndical. C'est une invitation aux classes ouvrières qui constituent la masse des consommateurs, à manifester leurs sentiments de solidarité en achetant exclusivement les produits portant la marque syndicale.C'est aussi un moyen de propagande avantageux pour l'employeur, d'autant que le label, impliquant l'existence de bons rapports entre ses ouvriers et lui, est une garantie de loyale fabrication et de bonne qualité des produits. A l'inverse, les syndicats mettent parfois en interdit les articles fabriqués dans des conditions de travail et de salaires non conformes à leurs prétentions. Cette pratique, connue sous le nom de « boycottage », est assez répandue en Allemagne et en Angleterre.
857. De leur côté, les organisations patronales rendent à leurs adhérents de multiples services. Elles se constituent les gardiens de l'intérêt professionnel et provo(|uent les mesures législatives nécessaires à sa protection. Elles détendent judiciairerement cet intérêt contre les actes de concurrence déloyale qui pourraient lui porter atteinte. Elles se préoccupent aussi, tout naturellemeni, de protéger leurs membres contre les dommages pouvant résulter des coalitions ouvrières. Elles préviennent les grèves, ou en abrègent la durée, soit en organisant des lock-
oiits \ soit en négociant, avec les groupements ouvriers, des conventions collectives de travail. Dans certains pays, elles ont organisé l'assurance patronale contre la grève. En Allemagne, plus de 200 fédérations patronales, dont les adhérents groupent environ 2 millions 1/2 d'ouvriers, se sont ainsi assurées pécuniairement contre les conséquences de la suspension du travail. •
858. Les syndicats mixtes, groupant à la fois patrons et salariés, poursuivent conjointement un double but : assurer le maintien de la paix sociale et améliorer la situation matérielle et morale des travailleurs. Pour réaliser cet idéal, ils ont été amenés naturellement à organiser des institutions de patronage et d'assistance. Ils se proposent d'éviter, par la conciliation, les conflits du travail et du capital, et le cas échéant, de les résoudre pacifiquement grâce à larbitrage. Leur fonctionnement implique, d'un côté la sympathie et le désintéressement, de l'autre la confiance.
859. Quant aux syndicats agricoles, leur rôle économique a été, en France, à la fois très spécial et très important. Réunissant dans leurs cadres propriétaires fonciers et exploitants du sol, ils ont été le trait dunion entre la petite et la grande culture, faisant bénéficier la première, tout au moins en partie, des avan" tages de la seconde-. Grâce à eux, les petits propriétaires ont pu s'initier aux méthodes scientifiques, dont les champs d'expérience révélaient les résultats. Ils ont acheté des machines agricoles, pour les prêter ou les louer à leurs adhérents; ils se sont chargés de procurer à ceux-ci, au prix de gros, des semences et des engrais, dont ils contrôlaient la teneur dans leurs propres laboratoires danalyse. Ils ont créé des associations coopératives de crédit, afin de. procurer aux cultivateurs des fonds de roulement, et ont obtenu pour ces institutions le concours pécuniaire de l'Etat. Ils se sont même entremis dans les opérations commerciales de leurs membres, en constituant des associations coopératives pour la vente des produits agricoles, ou même en se chargeant directement de vendre ces produits. Grâce à la complexité de leur rôle, ils ont été, au cours des trente dernières années, le facteur le plus important du progrès agricole,