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La consommation 481
Entre ces deux institutions, il est lacile de relever plus d'un point de contact. L'assurance, exigeant le paiement périodiriue de cotisations ou « primes », a nécessairement l'épargne p:,ur point de départ. Et elle peut avoir d'un autre côté pour résultat, comme l'épargne elle-même, la constitution dun capital. L'assurance diffère cependant de l'épargne à de multiples points de vue. Tout d'abord quant à leur objet: « Lune tend à acquérir, l'autre à conserver n i. L'objet de l'épargne est exclusivement la formation du capital; par l'assurance, au contraire, on se propose de parer aux conséquences de risques multiples qui, au cours de la vie, menacent la personne ou la fortune : accidents, maladies, vieillesse, invalidité, mort, incendie, vol, grêle, risques maritimes, etc. L'épargne est d'autre part un acte de prévoyance individuelle; le mobile qui la détermine est l'intérêt personnel, en dehors de toute considération altruiste. L'assurance, au contraire, a pour base l'association et s'inspire d'une pensée de solidarité. C'est un acte de prévoyance collective, impliquant de la part d'un nombre plus ou moins considérable de personnes un léger sacrifice dans l'intérêt commun. En additionnant le montant des primes payées par tous, on acquiert le moyen d'indemniser ceux des assurés qui auront été victimes des risques prévus.
880. Lorsque les individus n'auront pu parvenir à réaliser l'épargne, ni recourir à l'assurance, comme dans les cas mêmes oii la prévoyance aura fait défaut sous sa forme la plus simple celle de l'économie dans la consommation, l'assistance est appelée à intervenir. Entre elle et la consommation, il existe un rapport évident, l'indigence étant, dans bien des cas, la conséquence de consommations personnelles excessives. Le lien n'est pas moins étroit entre l'assistance et l'économie ou l'épargne, qui, impliquant l'une et l'autre une restriction volontaire de la consommation, constituent par cela même des moyens efficaces de prévenir la misère. Enfin celle-ci aura pour cause, dans bien des cas, la réalisation d'un des risques auxquels l'assurance a pour objet de porter remède. Si l'assistance doit être considérée comme une obligation incombant aux pouvoirs publics, la question se pose tout naturellement de savoir si le législateur ne peut pas faire de l'assurance une obligation pour les individus. Et ainsi apparaissent nettement les rapports qui existent entre les deux institutions.