V. Cavuvès, Cours (réconomic palitiquc, t. III, n
PlRHFAI', T. II, 2* éd. ' 21
CHAPITEE PEEMIEE LA DÉPENSE ET L'ÉPARGNE
881. Limites nornialos do la eoiisoninialion : avarice et prodigalité. — Nous avons opposé la dépense à répargne^. L"une a pour résultat de développer les consommations personnelles et d'entraîner par suite une destruction définitive de l'utilité consommée; l'autre, par la constitution du capital, tend à multiplier les consommations industrielles. Pas plus d'ailleurs que l'épargne, sans laquelle la production ne saurait se maintenir, la dépense n'est blâmable en elle-même. Toute richesse n'existant qu'en fonction des besoins de l'homme, la consommation personnelle constitue en effet la fin directe ou indirecte, immédiate ou différée, de toute production ^ Ce qui peut être critiqué, c'est seulement l'excès de la dépense ou l'excès de l'épargne, la prodigalité ou l'avarice.
882. Le prodigue est celui qui, par rapport au revenu dont il dispose, multiplie outre mesure ses dépenses, ses consommations personnelles. La prodigaUté est chose toute relative. On ne saurait considérer comme telle la dépense qui absorberait le revenu tout entier, si cette dépense est indispensable pour assurer à des besoins primordiaux, alimentation, logement, vêtement, une satisfaction suffisante. Ne sera pas davantage un prodigue l'homme riche qui consacrerait à des dépenses de luxe^ une partie de son revenu, le surplus étant, dans une mesure suffisante, affecté à l'épargne. Serait au contraire un prodigue celui qui, pouvant épargner, préférerait, en vue d'augmenter son bien-être, dépenser la totalité de son revenu, alors
1. V. indépondainnieal dos ouvrages cités sous le n" 875, Lcscure, l'Epargne en France, 1914.