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l'assurance 511
Les sociétés de toirte catégorie ])('\ivon1; étendre leur action en constituant entre elles des unions ou fédérations; c'est pour elles un moyen de couvrir plus sûrement leurs risques, en les répartissant entre un plus grand nombre d'associés.
En 1911, les 21.000 sociétés de secours mutuels se répartissent entre 18.300 sociétés approuvées ou reconnues dutilité l)ublique, groui)ant plus de 4 millions d'adhérents et 2.700 sociétés libres, comptant .370.000 membres. Le champ d'activité des sociétés se limite le ])lus souvent à une commune ou à un arrondissement. On comiJte environ 0.000 communes possédant une de ces institutions. La moyenne générale des mutualistes est, pour la France entière, de ll.j participants pour 1.000 habitants. Progressivement, le mouvement de concentration autorisé par la loi de 189S s'est manifesté. Il existe une centaine de mutualités interdépartementales comprenant plus de 1 million de membres. Dans l'ensemble, les sociétés de secours mutuels ont même constitué entre elles une fédération nationale.
î)05. Quel jugement convient-il de porter sur cette application de la mutualité ^ ? Les divers résultats que nous venons de signaler sont très loin d'être négligeables. Les sociétés de secours mutuels ont leurs panégyristes; elles ont aussi des adversaires, (jui ne leur ménagent pas la critique. On leur reproche volontiers leurs membres honoraires et la tendance qui paraît s'accentuer de leur part à confondre la prévoyance et l'assistance, en joignant aux recettes normales, provenant des cotisations, d'autres sources de revenus, dons, legs et subventions. On leur fait grief des patronages politiques qu'elles suscitent et des distributions de décorations dont elles sont l'occasion. On fait observer enfin que, cédant aux suggestions de la loi elle-même, elles se sont engagées dans une voie dangereuse en étendant le cercle de leurs opérations et en joignant à l'assurance contre la maladie la constitution, au profit de leurs adhérents, de ])ensions de retraite.
Cette troisième criticiue est au fond la plus sérieuse. Les opérations de retraite. })our pouvoir être tentées fructueusement, supposent des ressources considérables (jne. même avec des subventions de l'Etat, les sociétés de secours mutuels ne sauraient réunir. Les sociétés anglaises elles-mêmes, malgré le chiffre relativement élevé de leurs cotisations, ne se sont engagées dans