‹ Cours d'économie politiqueChapitre 53 sur 280 · I. y. t. I, no · texte numérisé non relu

I. y. t. I, no

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te de l'antre. Pour être à l'abri de tout risque, il lui suffira d'exiger des deux parties une provision, ou « marge », représentant l'écart possible des cours dans l'intervalle du marché à la liquidation. Le droit de réclamer cette couverture lui permettra même d'exercer, le cas échéant, une influence utile sur les mouvements de la spéculation. Elle pourra parfois, en relevant assez haut le chiffre de la « marge », écarter du marché les spéculateurs qui n'offriraient pas de garanties suffisantes, ou prévenir les « emballements à la hausse ».

533. Difîor!>Rt?s vp.riét^s (^.:i marché à terme : marché à prime; reporl. — Le marché à terme dont nous nous sommes occupés jusqu'ici est ordinairement désigné sous le nom de marché ferme, parce qu'aussitôt conclu, il est définitif et ne comporte, pour les parties, aucun moyen d'échapper à ses suites. Très différente, à ce point de vue, est une autre variété d'opération à terme, connue sous le nom de marché à prime. Ici, un des opérateurs, — l'acheteur seulement dans les bourses françaises de valeurs — se réserve la faculté d'éviter l'exécution à l'échéance et de résilier son marché, moyennant l'abandon d'une certaine somme convenue d'avance, et que l'on désigne du nom de c prime ». C'est un moyen pour l'acheteur de limiter son risque de perte, sans limiter d'autre part ses chances de gain. Si, lors de la liquidation, les cours sont en baisse prononcée, il abandonnera la prime et' se désistera du marché. Si, à l'inverse, ils sont en hausse ou simplement si la baisse est inférieure au montant de la prime, il aura au contraire intérêt à exécuter le marché. La veille du jour fixé pour la liquidation générale, les spéculateurs qui ont ainsi négocié un dédit doivent faire connaître le parti av.quel ils s'arrêtent; cela constitue ce qu'on appelle la « réponse des primes ».

Dans certaines bourses de marchandises, le droit de résilier le marché à terme moyennant l'abandon d'une prime, au lieu d'être réservé à l'acheteur, peut aussi être stipule'' par le vendeur. Quelquefois même, la pratique admet la légitimité d'opérations qui se rapprochent singulièrement du jeu : celle notamment par laquelle un des opérateurs peut, à l'échéance, choisir la position qu'il entend prendre par rapport à la marchandise traitée, celle de vendeur ou celle d'acheteur.

534. Il peut se faire qu'à échéance l'acheteur ne puisse, •faute de capitaux suffisants, exécuter son marché d'une ma-

nière effective et pi*eiidre livraison des titres, et que, d'autre part, il veuille éviter de se libérer par une contre-oi)ération différentielle qui serait très désavantageuse au cas oîi, contrairement à ses prévisions, les coui's auraient subi une baisse accentuée. Dans ce cas, il aura recours au < report -i. Il s'adressera, par l'intermédiaire de son agent de change, à un capitaliste qui. eu lui avançant les fonds nécessaires pour prendre livraison des titres, lui permettra en même temps de reculer à une échéance plus éloignée, de >i reporter ». l'exécution de son marché. Le report s'analyse en une d()uV)le ojjération concomitante. Quelle que soit au fond sa nature juridique, il constitue au point de vue économi(|ue une véritalile avance sur titres- déguisée sous l'apparence dune vente suivie de rachat. L'acheteur à terme, le " reporté ), est censé vendre au compt;int les titres au « reporteur s et les lui raclieter à une échéance ultérieure. Bien entendu, le prix fixé i)oui' le l'achat, le cours du terme, sera plus élevé que le prix de ^ ente au comptant, hi différence constituant le bénéfice dn ve])orteui', h^ » taux du report >. (iràce au report, le marché originaire va se trouver ])i<)rogé, et si, à l'époque de la nouvelle li(iuidation, les cours se sont suffisamment relevés, l'acheteur à terme pourra, au moyen d'une contre-opération, non seulement retrouver le taux du report (pi "il doit i)ayer, mais réaliser le bénéfice qu'il attendait de son ])i'('mier marché. Sinon, il aura encore la ressource, au nu)yen d'un nouveau rejtorl. (h' icculer à une li(|uidati(ui suivante le réghMuent de son opéi'ation: et ainsi, tant qu'il poui'ia trouver des rept)rteurs. à nu)ins (juc. dans l'intiM-vaHe. il aitlui-ménu' renoiUM' à ]>oursni\i'e da\"antage sa spéculation et se soit l'ésigné à li<pii(ler avec jx'rte son dernier re))(nt. (^uant au re])oi'teur. ju'ovisoirement sulistitué au pi'emier vendeur dans hi i>i'o|»i'i(''l(' <k's titi'es. il se troux'e par ce fait i)l(Mnem<'nt garanti, cai-, au cas oii l'acheteur ne sei'ait pas, à léclu^aïu-e. en état de li(|ui«ler son rep(»rt en l'embouisant les fonrls et en prenant li\i'aison des titres, il aura la i'e<soui'ce de l'aiic vendis» lui-même ces \a!cui's à la I'>(uii-se |Kuir se payt'i' sur le pi'ix. Il ne coiiira donc de iis(|n('^ (|Ue poiji' la diflei'etu'e possible entre le prix convenu et le coui's de icxciite cw lîoiiise: enciU'e, cette dinV-reiice lui sei'a-l-elle paifois g;ir;intie pai' l'agent de

1. Sur il' r.'iM.il, \ . AlliN. !.<:•< rrp.,rls ilniis Irs h'.ms.-.-i ,!,■ ral.iirs. I lii'->c. lliOO; Nf»t.'!)r(i. l'JInnnils li'iriiiii'iiiic i>t)liti(iiii\ I. I, |i.|i. ,M7 et. ^iij\.

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