‹ Cours d'économie politiqueChapitre 14 sur 56 · CHAPITIUS IX LA DIVISION 041 TRAVAIL · texte numérisé non relu

CHAPITIUS IX LA DIVISION 041 TRAVAIL

Les divers modes de la division du travaiL

Si le travail qu'il s'agit d'exécuter est absolument simple (défoncer la terxe, soulever un poids, ramer, couper du bois), ce travail ne «e prrète pas à une division quelconque : chacun exécutera de son côté les mêmes mouvements. C'est ce qu'on pourrait appeler la coopération simple.

Mais pour peu que TopéraUon soit complexe et comprenne des moavemeuts variée, il y a tout avantage ^ décomposer ce travail — qui, considéré dans son ensemble, apparaissait comme une tâche

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unique — en une série de tâches parcellaires, en nombre aussi grand qu'il convient, et à assigner à chaque individu une seule de ces tâches. C'est ce qu'on appelle la division du travail et qu'on pourrait appeler la coopération complexe.

C'est par un exposé célèbre de la division du travail que s'ouvre le livre d'Adam Smith ^ Par là ce grand esprit montrait toute l'importance qu'il fallait attribuer à ce fait et, depuis lui, on a vu dans ce fait une loi dont la portée, non seulement au point de vue économique mais social et même moral, n'a fait que grandir. Elle déborde infiniment les limites de l'atelier où Adam Smith l'avait d'abord admirée.

Mais commençons par le plus simple. La division du travail est un des rares faits économiques qui se retrouve chez certaines espèces animales — avec l'épargne. Dans l'espèce humaine, la première forme sous laquelle se présente la division du travail, c'est la division du travail par sexes et les fonctions difïérenles, même au point de vue économique, qui en résultent. Elle correspond à la première phase industrielle, celle appelée l'industrie de famille.

Cette division des travaux est loin de correspondre à ce que nous appellerions aujourd'hui les aptitudes propres à chaque sexe : à rhomme les travaux de force, à la femme les travaux du ménage^ Nullement. L'homme a pris lesjrçvaux nobles; c'est-à-dire la guerre, la chasse, la garde du 5|tail, et la. femme les travaux vilst^ non seulement ceux du ménage, de tissage^, mais aussi du transport, comme de vraies bêtes de somme, et même de la culture : mra agrortim feminis delegata^ dit Tacite en parlant des Germains* — et c'est ce que nous voyons aujourd'hui encore chez toutes les peuplades de l'Afrique. La femme a été le premier esclave : et l'escla-

4 La division du travail proressionneiie et son utilité sociale avait été cependaot signalée dès Tantiquité. Dans sa République Platon fait dire à Socrate : « Les choses se Tont mieux et plus aisément lorsque chacun fait celle pour laquelle il est propre et qu'il est dégagé de tout autre soin », Et Tapologue célèbre de Ménénius Agrippa dit de même.

2 D'après Bûcher l'homme aurait eu comme tâche de se procurer la nourriture animale [chasse, puis garde des troupeaux) et la femme la nourriture végétale (cueîN ielte, puis agriculture). Et cette division des tâches ne paraît nullement découler d'aptitudes spéciales à Tun ou à l'autre de ces travaux, mais avoir uniquement des origines religieuses. En tout cas, il semble que ce ne soit qu'assez tard, peut-être dans l'antiquité grecque, que la femme a été cantonnée dans les travaux du ménage. (Voir un exposé très complet de la division du travail préhistorique dan> des articles de M. René Maunier, Revue de Sociologie^ 1908;. Encore de nos jours dans l'île bretonne de Sein, dit M. Le GofGc : « le champ du labeur humain est aios» divisé : la mer aux hommes, la terreaux femmes »,

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