‹ Cours d'économie politiqueChapitre 15 sur 56 · LA DIVISION DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

LA DIVISION DU TRAVAIL

vage propremeot dit, celui des captifs, a été pour elle ^a première éroaDcipalio.Q» .notamment l'a libérée du travail ég£^nt,qui consistait à lîfrf^^f là grain et à' tourner la^eùle.

Dès rantiquité, la division du travail apparaît sous la forme professionnelle avec les différents métiers. Doit-elle sa première origine aux aptitudes naturelles des individus^? C'est possible, pour les travailleurs libres. Mais il ne faut pas oublier que ces travailleurs libres étaient rares. L'esclave n'avait qu'à faire ce que le maître lui ordonnait. Et même pour Thomme libre il paraît plus probable que les travaux assignés à chacun l'ont été par des raisons sociales, politiques religieuses, rituelles — telles que le régime des castes — et que Taptitude professionnelle n'est venue qu'après coup, par la pratique et la transmission héréditaire.

Sous le rytme (i8rl^0?îffif la sép^^ation des métiers devient dJus accentuée parce que chaque « cprpa''âé métier » ne fait qu un genre de travail, et même les règlements veillent avec un soin jaloux^ ce que chacun reste enfermé dans sa spécialité. La même industrie se subdivise en branches divergentes (l'industrie du hQ\& subdivisée en Qenuisiers, charpentiers, cM'rrons/^etc.), ou en tranches succ€ssives{\^ bois IliFâf passant successivement des mains des £ùcneroQs.à celles dêsfflïeufrs de long, etc.), dont chacune forme un métier spécial-. Et ces subdivisions et ramifications vont progressant sans cesse parallèlement à la multiplication des besoins, chaque nouveau besoin correspondant à un nouveau métier*. , —

Mais c'est seulement sous le régime de la manufacture qu'apparaît la division du travail technique. Tout travail industriel étant, comme nous l'avons vu déjà (voir ci-dessus, p. i07), une simple série de mouvements, on s'applique à décomposer ce mouvement complexe en une série de mouvements aussi simplifiés que possible, que l'on confie à autant d'ouvriers différents de façon que chacun d'eux n'ait à exécuter qu'un ^eul de ces mouvements; toujours le même. C'est ce mode de division du travail, observé dans une

< « C'est aarlout des modes d'activité intellectuelle et artistique que procèdent les premières professions. Le prêtre, le devin, le médecin, le sorcier, le chanteur, le danseur, qui sont doaés de talents particuliers, arrivent les premiers à une situation à part. En général le forgeron leur succède : les autres artisans viennent longtemps après 0 (Bâcher, EttideM, De la division du travail)»

* Sur le développement historique de la division du travail dans la famille, l'indostrie, Tagriculture, le commerce, voir les articles de M. Schmoller, La diciiion du travail étudiée au point de vue hinorique^ dans la Revue d'Economie Politique, iSS9 et 1890).

' La statistique des profession» en Allemagne, en 1882, relevait 6. 179 métiers dif fér«DU : en 1895 ce nombre s'élevait à 10.298!

i«6 COURB DnBCOIK)M]£ POUTIQUE.

fabrique d'épingles, qui a fraippé pouv Ita première fois Adam Smith et lui a inspiré «ne page admirable partout citée ^

Il est à remarquer qu'à la différence des modes précédéats de division dui travail, qui sont naturels et spontanés» celoi^ci est intenté et combiné, comme d'ailleurs tous les gestes du travail.

En même temps que la division du travail s'intensifiait en s'enfermant dans la fabriquie, elle s'élargissait par le développement des tra'nsports et des échanges internationaux et devenait eile-méme internationale, chaque peuple se consacrant plus spécialement à la prodiictiofi des denrées qui paraissent le mieux appropriées à son 8ol> à son climat ou aux qualités propres de sa race (voir plus k)i'nv ProfA^fronnè^me), l'Angleterre au e^arbon et aux cotonnades, les États-Unis aux machines, la France aux articles de hixe, le Brésil att café, TAustralie à la laine, etc.

On voit que la dénomination cr diviston du travail )> s'est tellement élargie qa^'elle a fait craquer la formule verbale dans laquelle Adam Smith Tavait enfermée. Aussi est-elle devenue un pe» trop vagtie dans sai généralité. Les mots de division du travail ne sont vraiment à leur place que là où le travail est réellement morcelé : d'avs rintérieur de la fabriqxie, par exemple, lorsqtue la fabrication d'une ehaussure ou d'une montre comporte 50 ou 100 opérations différentes. Mais ils conviennent moins pour exprimer la sépara^ tion des métiers, là où le cordonnier fait le soulier tout entier — ici il vaudrait mieux dire la spécialisation du travail — et moins encore pour exprimer ce que nous avons appelé la division du travail internationale, c'est-à-dire là où certaines branches de la production se localisent dans certaines régions de la terre : ici c'est plutôt delà localisation dtL travccilr^'ïX faudrait parler*. Mais Texpression division du travail a pour elle, comme beaucoup d'autres dénominations impairfaites, fa consécration de l'usage.

Les GonAitioBS de la divisios du tra^^ail.

La division du travail technique est d'autant plus parfaite que Von peut décomposer le travail en un plus grand nombre de tâches parcellaires. Mais le nombre d'ouvriers devra être* nécessairement en rapport avec le nombre de ces opérations distinctes * : or, il est

f Voy. aussi le chap. 12 du Capital de K. Marz.

2 Voir dans la Revue d*Économie Politique de 1902 un article dd M. Laurent Dechesue sur la spécial ÎRation des industries. ' Ce serait un très faux calcul de croire qu'on pourra réaliser la division An tr«-

LA DIVISION DIT TRAVAIL. f»7

clair que le nombre d'ouvrfers qu*crn indirstriel' peut employer dépend de retendue de la prodtrctfon. Et comme l'étendue de Pa production dépend nécessairement dte l'étendue du mofrché, on peut dire^ en dernière analyse, que la division du travail est en raison» directe de rétendue du marché.

C'est pour cette raison que, comme on Ta fait remarquer sowveni!, la division du travail n'existe guère que dans les grands centres et est inconnue à la campagne ou au village. Là on trouvera pêlemêle dans une même boutique, épicerie, charcuterie, jouets d'enfants, papeterie, mercerie, tous fes artrcles qui constitueraient dans une grande ville autant de commerces différents *. La raison en est évidente. L*homme, au village, est obligé de faire tous les métiers par la bonne raison qu'un seul ne suffirait pas à lui faire gagner sa vie.

Au contraire quand une industrie peut avoir pour marché le monde entier, alors non seulement elle peut se spécialiser dans la production de certains articles ne répondant qu'à un besoin très limité — parce que le nombre immense des consommateurs compense comme débouchés Tétroitesse du besoin — mais de plus, dans cette industrie spécialisée, elle peut pousser à ses extrêmes limites la division technique du travail. C'est une des raisons pour lesquelles les pays tiennent tai^t-à s'assurer une large exportation. Cette exportation, en permettant à leurs industries de pousser à fond la division du travail, leur assurera les supériorités industrielles qui en dérivent.

On indique généralement une seconde condition comme indispensable à la division du travail, c'est la continuité du travail. En effet si le travail est intermittent, comme l'ouvrier ne peut rester oisif dans l'intervalle, il faudra bien l'occuper à autre chose et dès lors il ne pourra plus se cantonner dans une seule occupation. C'est une des raisons pour lesquelles l'industrie agricole ne se prête guère à la division du travail comme nous le verrons ci-après. Cependant cette condition est moins impérieuse que la précédente,

rart en employant on seai oavrier pour chaque opération distincte ; il eo faut eo géoénil beatfcoup plint. Supposons <foe lu fabrication d*ane aiguille comprenne trois opérations, la pokkte, la tète et l'œil. Supposons qu'il faille 10 secondes poor chaque pointe, 20 pour la tète et 30 pour percer Psil. Il est c'air q«e pour tenir pied au seul oriTvrier des pointes, il faut deux ooTriers pour les tètes et 3 pour les œils; il faut donc en tout non pas 3, liais 6> ouvriers, sans quoi le premier restera une partie de la journée les bras croisés.

1 On pourrait croire, à première vue, que les grand bazars des capitales, Louvre ou Bon Marché, sont dans le même cas, puisqu'ils vendent toute espèce d objets? Mais point du tout : voir ce que nous disons ci-après des Grands Magasins.

car UD homme peut très bien, sans perdre les bénéfices de la spécialisation, ^s^adonner à des travaux différents s'ils ne sont pas simultanés mais successifs et par périodes assez longues. On peut même dire que tout au contraire il y aurait là, comme nous allons le voir, un correctif bienfaisant à certains inconvénients de la division du travail continu *.

Les avantages et les inconvéaients de la division du travail.

La division du travail accroît la puissance productive du travail dans des proportions inconcevables. En voici lès raisons:

1** Le travail le plus compliqué, ainsi que nous Tavons expliqué, se trouve décomposé en une série de mouvements très simples, presque mécaniques et, par conséquent, d*une exécution très aisée, ce qui facilite singulièrement la production.

On peut même arriver par là à des mouvements si simples que l'on s'aperçoit que l'intervention de Thomme n'est plus nécessaire pour les exécuter et qu'une machine suffit. Et c'est, en effet, par ce procédé d'analyse technique que Ion est arrivé à faire exécuter mécaniquement les travaux qui semblaient les plus compliqués à première vue*.

2° La diversité des tâches qui sont ainsi créées, toutes différentes au point de vue de la difficulté, de la vigueur ou de l'attention qu'elles requièrent, permet d'approprier chaque tâche aux capacités individuelles des travailleurs. On peut utiliser ainsi les aptitudes naturelles de chacun et éviter le gaspillage de temps, de forces et même de capitaux, qui résulterait du fait que tous, forts ou faibles, ignorants ou intelligents, auraient à accomplir la même œuvre: — gaspillage du travail des plus forts ou des plus capables

1 Le socialiste toul à la fois : — gaoce, organisant listes, ravistes, p< vait exister de vi leur ne devant C( occupation : par pour chaque joui que Fourier pans; papillonne!

* L'invention d avec i';if ogée Je

Page 1