LA SCIENCE ÉCONOMIQUE
d'économistes se refusent à faire à la consommation une place spéciale et cette branche de l'économie politique est presque toujours sacrifiée ou même absolumentsupprimée dans les traités d'économie ^ politique, dans les coui;» et^dans les examens. Nous croyons au contraire qu'il faut lui maintenir ime plfice 4|§tincte et '^nt' retendue ira même grandissant au ^r/el àj^iiiesure 'que Ton se rendra^* ^^ mieux compte de l'importance du rôle du consommateur dans Tordre économique. .
S*il existe des loÛLuaturelles en économie politique. -~
Quand j^n donne à une branche quelconque des connaissances
humaines le titre' de <^ science », on n'entend point lui décerner t^ . \simplement un titre honorifique, mais on prétend affirmer que 1^^" faits dont elle s'occupe sont liés entre eux par certaines relations n^essaires qui ont été découvertes et qui s'appellent des lois, V II est certains domaines ddfis lesquels renchafnèrnent des phénomènes est si apparent qu^ les esprits les ni6ms habitués aux spéculations scientifiques n'ont pu faire autrement que de le remarq^uer.
Il suffit de lever les yeux au ciel pour constater la régularité avec laquelle se déroule chaque nuit la marche des étoiles, chaque mois les phases de la lune, chaque année le voyage du soleil à travers les constellations. Aux jours les plus lointains de l'histoire, les pâtres en gardant leurs troupeaux ou les navigateurs en dirigeant leurs barques, avaient déjà reconnu la périodicité de ces mouvements et, par là, ils avaient jeté les bases d'une vraie science, la plus vieille de toutes, la science astronomique.
Les phénomènes qui se manifestent dans la constitution des corps bruts ou organisés ne sont pas aussi simples, et Tordre de leur coexistence ou de leur succession n'est pas aussi facile à saisir. Aussi a-t«il fallu de longs siècles avant que la raison humaine, perdue dans le labyrinthe des choses, ^^éussît à saisir le fil conducteur^ à retrouver Tordre et la loi dans ces faits eux-mêmes, et à édifier ainsi les sciences physiques, chimiques et biologiques.
Petit à petit, cette idée d'un ordre constant des phénomènes a pénétré dans tous les domaines, même dans ceux qui, à prenîière vue, semblaient devoir lui rester toujours fermés. Même ces vents / et ces flots, dont les poètes avaient fait l'emblème de l'inconstance et du caprice, ont reconnu à leur tour Tempire de cet ordre universel. On a pu constater les grandes lois auxquelles obéissent, à travers l'atmosphère ou les océans, les courants aériens ou mariti-
6 COURâ D^ÊGONOMIE IPOLITIQUE.
mes» et la météorologie.ou physique du globe a été à son tour fondée, n Il a'^t pa» jusqu'aux ehanee» des paris, jusqu'aux eôtabinaisoftsv ^^ du jSTde dés, qui n aieM été aoumise» au eaieial de» probabilHéaS^ Le hasat^d lui-mênSirdoréoayauty a stë loia.
Le jour devait veuir eafia où cette grande idée d*UD Ordre Naturel des elioses, après avoir envahir peu à pea^oomnoe une puissance conquérante laus les domaines d^ connataaajKes humaines , pénétrerait dans la sphère des faits sociaux. C'est aux Phyaiocratès^ comme nous le verrons, que revient l'honneur d'avoir reconnu et proclamé les premiers Texistenae de ce « gouvernement naturel » des choses. ^>(^ •
' Nombreux encore cependant sont ceux qui répugnent à accepter cette assimilation des sciences sociales aux sciences physiques. Il leur semble qu'enti^e les unes et les autres s'élève un mur infrauchiasable^ car cel]^-ci sont le royaume de la Nécessiter taudis que celles-lèi sont le royaume de la Liberté.
La preuve, dit-on,<'estj^ue"dans les sciences de l'ordre physique le savant peut toujours prévoir, avec certitude, uu fait étant donnée celui «mi lui succédera ou qui raccompagnera ; — astro* nome, il annou^, mtlle'^ans à l'avance et à une seconde près, une ^ éclipse; chimiste, il sait^ toutes les fois qu'il combine deux substances dans \in creuset, quel est le corps qui en sortira et quelles en seront lespropinétés; géologue, il énumère les diverses couches de terrain que Ton rencontrera en perçant ua tunnel ou en creuksant un puits de mine. Mais l'économiste, Thistorien, Thoaune d*Ëtat, que peuveut-ils pré^ir des faits sociaux et politiques ? Tout au plus peuvent-ils hasarder quelques conjectures trop souvent démenties par les événements. La prévision ici peut parfois être l'intuition du génie, mais n'a rien de scientifique.
Mais cette objection \'ulgairejîent ^ une double erreur qui porte à la fois sur le sens du mot loi iialurèlle et sur celui de libre arbitre.
£n ce q(ui concerne la loi naturelle. Terreur est de se la représenter sous l'image d'une puissance qui porte le glaive — comme la figure de la i^oi dans ks tableaux allégoriques — et qui' veut être obéie. Or, la loi naturelle n'exprime rieu de plus que certains rapports qui s'établissent spontanément entre les choses eu les hommes, rapports qu'on peut dire nécessaires seulement si certaines conditioHê préalables sont remplies. Les atomes d'oxygène et d'hydrogène ne soat pas forcés de faire de Teau, mais si ub atome du premier de ces éléments et deux du second sont mis en présence sous certaines conditions de température, de pression, etc., alors ils formeront de Teau. De mènae les hommes ne sont pas forcés à