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veodre et à acheier, mais si un homme disposé à veodre est mû en présence d'um bomme disposé à acheter, et si leurs prétefitioas ne sont pas mcoociltahies, ils coDcluroot nécessairement un marché à an certain prix qu*OQ peut déterminer — et ce n'en 6«ra pas moins un libre contrat.
En ce qui concerne le Hbcfî-arbiti^, l'erreur est de se. le représenter comme la faculté de « falrç à sa tête ^>, comme une forme du capi;ice. Cependant il suffit (d'y réfléchir pour voir que le fait, d'agir i^ans raison appréciable est précisément ce qui caractériaeN Tétat de démence, et que tout homme raisonnable, au contraire» oj^éit dans sa conduite incertains motifs — en un mot, ne sedéter-^ mine pas sans cause. Or, toute loi spéciale ou.: économique n*est qu'une prévision de la conduite des horàfnes et sa valeur acientifîque^se inesure à la fréquence ides cas où cette prévision se trouve confirmée par les événements *. y^
Sans doate ces prévisions sont souvent démenties par les évé- ^" nements ^
Elles le sont aussi dans tes sciences naturelles I Tout homme qui réfléchit est bien assuré que le vent, la pluie, la ^rêl^ on les orages, ne sont pas le résultat du hasard : il ne met pas en doute qu'ils ne soient régis par des lois naturelles. Cependant les préyiaions en ce domaine ne sont nullement plus exactes que dans k domaine économique : on peut prédire plus longtemps à l'avance l'arrivée d'une crise commerciale que celle d'un cyclone, et le transit du chemin de fer de Lyon à Marseille ^st moins variable, certes, que le débit du Rhône dont il^sjjjijes jives : — pourtant l'un est alimenté par les hommes et l'autre par le ciel. Si nos prévisions en fait d'économie politique sont toujours incertaines et à
1 « Une loi de la science sociale c*«sl raffirmation que les hommes apparteDuat à un groupe social se cooduiroul d'une certaine façon sous certaines conditions » (ifarshail, Principles of Economies),
Du reste» clans ces dernières années, la croyaooe à la néeessi^é, c'est-èndire i nn eochalnemeût de tous les phénomènes tel quMl n'aurait {)u être autremeot et qu'une' iiiteHigence assez paissaoie pourrait mettre tous ces rapports en formules, a perdu beaucoup de terrain dans la science; et ia croyance à une certaine contingence^ comme on dit, c'est-à-dîre à Texistence de plusieurs voies ouvertes à révolution et imprévjeâbles, parce que également possibles, D*appara!t plus comme incompalib'te avec ia yériteble science.
* On doooe comme argument, pour nier leiiistence de lois nalureiies en mAtière Mciale, ce fait que beaucoup de choses tournent autrement qu'elles n'avaient été ^évués. Cela prouve simplemeat notre ignorance. Mais pensez plutôt combien de fois des choses touraeiit aulremeot qu'elles n'avaient été voulue^t par leurs auteurs i Cela De pnottve-t-ii pas que dans ce monde il y a à l'œuvre des causes plus fortes que la volonté des hommes
courte vue, il n'eu faut donc poipt chercher la raison dans les fantaisies du libre arbitre, mais simplement dans notre ignorance des véritables causes. Si un jour les hommes deviennent infiniment sages, il est vraisemblable que la prévision économique s'exercera avec autant de sûreté que pour les corps célestes.
Il est vrai qu'il serait absurde de vouloir prédire à l'avance les faits et gestes d'un individu : mais cela ^'a aucun intérêt pour l'économiste. Il n'est pas un diseur de bonne aventure. La seule chose qui nous importe, c'est la conduite des hommes considérés en masse. Nous n'avons besoin, pour établir nos lois théoriques et nos institutions pratiques, ^ue de moyennes *.
Remarquez d'ailleurs que les gens' pratiques qui dénient le plus vivement aux économistes la possibilité de prévision dans les questions économiques ne manquent pas pourtant d'en user dans le train ordinaire de leur vie et dans la conduite de leui^ affaires quotidiennes.^ Quiconque spécule — et qui ne spécule pas? — exerce tant bien que mal la prévision scientifique. (^ financier, qui achète une action de tel chemin de fer, prévoit la continuité et l'augmentation progressive d'un certain trafic suivant une direction déterminée, et en payant ce tjtre fort cher, il affirme par là, qu'il le veuille ou non, sa ferme confiance dans la régularité d'une loi économique. Pourtant, il est bien certain que toute personne ou tout colis qui circulera sur la ligne n'y circulera que parce que quelqu'un l'aura voulu ainsi.
Comment s'est constituée la science économique.
C'est en 1615 que l'économie politique a reçu pour la première fois le nom sous lequel elle est aujourd'hui connue, dans un livre français, le Traicté de VŒconomie politique, par Antoine de Montchrétien.
Le mot Économie était cependant déjà usité et même un des livres de Xénopfcn porte ce titre : mais les anciens entendaient par là l'économie domestique (oTxoç, maison ; v<{(jloç, règle, loi). Le qualificatif politique, usité depuis Montchrétien, indique qu'il s'agit non plus de l'économie de la maison, mais de celle de la cité,
' La sUlistique a d»^montr^ maintes fois la régularité presque infaillible avec laquelle se produisent aussi bien les faits les plus importants de la vie humaine, tels par exemple que les mariages, ou les plus insignifiants, tels que le fait de mettre une lettre à la poste sans avoir écrit l'adresse.