‹ Cours d'économie politiqueChapitre 7 sur 56 · PREMIÈRE PARTIE LES FACTEURS DE LA PRODUCTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE LES FACTEURS DE LA PRODUCTION

En verta d'une tradition qui remonte but premiers économistes, on a toujours distingué trois agents de la production : la Terre\ le Travail Qi le Capital. Cette division tripartite a l'avantage d*ôtre commode pour la classîOcation et il ne nous paraît pas qu'il y ait uttKté à l'abandonner, du moins dans un livre élémetitaire comme celui-ci.

Mais elle a besoin de quelques rectifications préliminaires. L'économie politique classique a toujours manifesté une tendance fâcheuse à mettre ces trois facteurs de la production sur pied d'égalité. Or il est certain qu'ils jouent des rôles très inégaux.

Des trois, le Travail est le seul qui puisse prétendre au titre d*a^en^ de la production dans le sens exACt de ce moL L'homme seul joue un r^e actif; seul il prend Tinitiati-ve de tout« opération productive- La Terre (ou plutôt la Nature, car il ne s'agit pas seulement du sol cultivé mais du milieu matériel : solide, liquide et gazeux dans lequel noué vivons) joue un rôle absolument passif : elle ne fait qu'obéir à la sollicitation de l'homme, le plus souvent même après de longues résistances. Pourtant, elle constitue une condition indis-

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pensable de la production, toutes les fois du moins qu*il s'agit* de richesses corporelles. On peut même l'appeler à bon droit le facteur originaire de la production, car non seulement il est concomitant à l'action du travail, mais encore il lui est préexistant. L'activité de l'homme ne §|ui£îul s'exerper dans le vide ; elle ne procède pas par un fiât créateur ; elle âoît trouver en dehors d'elle les matériaux indispensables et c'est précisément la nature qui les lui fournit

Le troisième, le Capital, non seulement ne joue qu'un rôle purement passif comme la nature et ne mérite en aucune façon le nom d'agent, mais même il ne saurait être qualifié comme celle-ci de facteur originaire. II n'est qu'un facteur en sous-ordre qui, au point de vue logique comme au point de vue généalogique, dérive des deux autres. Le capital, comme nous le verrons d'une façon plus précise, est un produit du travail et de la nature, mis à part pour la production. Le nom qui lui conviendrait le mieuxest celui d*instrument, dans le sens le plus large de ce mot.

On peut remarquer que chacun des trois facteurs de la production a apparu à son heure sur la scène économique. Dans les sociétés primitives des peuples chasseurs, pêcheurs ou pasteurs, c'était presque exclusivement la nature qui fournissait tout; — dès l'antiquité le travail est venu s'y joindre, d'abord agricole, puis industriel ; — dans les sociétés modernes le capital a apparu enfin et a dominé les deux autres à tel point que Ton désigne couramment le régime social de notre temps par le qualificatif de régime capitaliste.

Il est évident que, comme toutes les classifications, celle-ci est à certains égards arbitraire et qu'en réalité les trois facteurs se confondent souvent. La terre, quand elle a été défrichée, drainée, cultivée, devient un produit du travail et par conséquent un capital. Les organes de l'homme sont évi^lemraent des agents naturels — tels le gosier du ténor ou les doigts de l'habile opérateur*; — et l'homme devient aussi un capital quand par l'éducation il a emmagasiné dans son cfxveau et incorporé dans ses gestes les connaissances acquises.

1 C'est pour cela que c'est un non-seos de poser la question si le travail seul peut produire sans la nature? On est lente de répondre oui, en pensant à la production des richesses immatérielles, des services. Mais on £uhl^ que, même en ce cas, le travail n*est jamais seul. Il implique d'abord un corps vivant, puis uo milieu, une atmosphère, des son.% de la lumière, etc. On ne peut parler dans le vide.

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