‹ Cours d'économie politiqueChapitre 9 sur 56 · XX · texte numérisé non relu

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U faut ajouter environ 600:000 ohevaur hydraulique^ (voir ci-après).

• Cependant, en ce qui concerne la question de savoir si les moteurs hydroéie£tnû|ues pourront sauver la petite industrie,, voir ci-après L'industrie à dbmieiie.

Pour. Tutilisation db lai forcae de l'eau el plus spécialement de celle des grandes chate»-d*eau, deux, inventions préalables- ont été néoessuires : a) La- substitution, k la- vieille mue àiaube, de la turbine q\n peut tourner avec une vélooilé verligineuse et capter la chute la plus: puissante comme la plus humble-; b) Le transport de Ift foDca pan la dytumio. qui convertit tout mourement en un courant électrique ou vice versa : il suffît donc de deux dynamos, Tune à la chute d'eau, l'autre au point' d'arrivée, ndiéea-par un^ fit de cuivre-. C'est en 1891' seulement qu'on a commeoeé k. transporter la force agrandi distance, de Francfort à Laufen, 175 kilomôliie»; On. aoDge* aujourd'hui) à envoyer aux minsa du Trans^^ial la force de la chute du.Zambèse, 1.209' ki lomètras !

Même i 'eau de» petites nviènes et des ruisseaux dos- champs peut êlre utilisée poujQ de petilea» inatftiiatioRS' électriques domestiques ou agricoles. M. Bessun Ta appelée la houille verte.

cours paisible comme la Seine? — on a été amené à utiliser Teau surtout à son maximum de pente, c^est-à-dire à la cascade, et à remonter ainsi le plus près possible des sources des fleuves et des réservoirs où ils s'alimentent, des glaciers. C'est pour cela que M. Berges, l'ingénieur de Grenoble, a donné, il y a quarante ans déjà (1868), à cette force nouvelle le nom, qui a fait fortune, de houille blanche, 11 entendait par là, non point, comme on le croit généralement. Peau courante en général, mais plus précisément le glacier en tant que réservoir de forces emmagasinées.

Par un heureux liasard, où Ton aurait vu autrefois une harmo- . nie providentielle et qui doit bien tenir à quelque cause inconnue, ce sont précisément les pays les plus pauvres en houille noire qui ont été le plus richement dotés par la nature en fait de houille blanche et vice ver^a. Ainsi en Europe, la Suisse. Tltalie du Nord, les États Scandinaves qui n'ont pas un atome de houille noire, ont de magnifiques ressources en houille blanche, tandis que l'Angleterre, la Belgique et l'Allemagne, si riches en mines, n'ont que peu de chutes et de cours d'eau utilisables comme force motrice. De même en Amérique, le Canada et le Brésil, qui ne paraissent guère avoir de mines de houille, ont des forces formidables en chutes d'eau *. La France est assez bien partagée puisque, sans être déshéritée pour la houille noire (voir ci-dessus, p. 76), elle possède toute une armée de chevaux hydrauliques évaluée de 6 à 9 millions declifîYaux-vaj)eur. Si elle sait l'utiliser, cela suffira non seulement pour la libérer du tribut qu'elle paie annuellement à l'étranger par l'achat de 20 millions de tonnes de charbon par an, mais encore pour lui permettre d'en exporter un peu *. Malheureusement déjà

1 On évalue la force molrice des cours d*enu du Brésil au chiffre fabuleux de 800 millions chevaux I

^ En effet 6 millions de chevaux hydrauliques marchant 10 heures seulement par jour représenteraient la combustion annuelle de 20 millions de tonnes de charbon.

Mais il n*y a encore en France qu'environ GOO.OOO chevaux hydrauliques utilisés, dont la moitié pour Tantique usage du moulin ou de la scierie, mais les autres pour l'éclairage des villes, les tramways et chemins de fer, la fabrication du papier de boi» el de divers produits chimiques, surtout de lalumrnium (dont grâce k la houille blanche le prix est tombé de 20 francs k 2 francs le kilo). En Norvège ils servent à fabriquer des engrais chimiques (nitrates).

Le coût d'installation des machines hydrauliques (barrages, conduites, turbines el dynamo) varie selon la situation : mais, l'installation une fois faite, le coût d'ea* tretien par cheval est presque nul, tandis que pour la houille au contraire le coût est relativement élevé, chaque cheval consommant 1 kilogramme de charbon par heure. La force motrice développée par la bouille noire conserve encore une énorme prépondérance : en France plus de 10 millions chevaux-vapeur contre 600.000 chevaux hydrauliques.

i'acca parement de ces forces par la spéculation met de graves obstacles à cette utilisation ^

Toutefois» houille noire et houille blanche sont Tune et l'autre limitées. La première s'épuise par Tusage, comme un trésor enfoui depuis les temps paléontologiques où nous puisons en prodiguas •et qui bientôt ^onnera çrgiu(. La seconde a Tavantage de ne pas se consommer par Tusage -^ nous n'usons ici que du revenu et non du capital, — mais nousn'aVbns auftune chance de voir la quantité augmenter aujjir et à mesure des besoins, si tant est même que la diminution constatée des glaciers, et celle soupçonnée des pluies, ne nous menace^pâs d'une décroissance de la force motrice de Teau. tl est donc permis de se demander avec quelque anxiété ce qu'il adviendra de l'industrie humaine, si un jour, la houille noire et la houille blanche venant à lui faire défaut, il lui faut éteindre ses feux ou arrêter ses dynamos?

11 est vrai qu'on rêve d'aller chercher à la source de toute force, au soleil lui-même, la chaleur dont nous avons besoin. Mais, en admettant qu'on y réussisse, cette force empruntée au soleil aura, plus encore que les autres forces naturelles, Tinconvénient de ne pouvoir être développée ni où l'on veut, ni quand on veut, ni comme on veut. Le soleil ne brille ni toujours, ni partout. Si c'est iui qui doit faire marcher un jour nos usines, quel coup pour l'Angleterre, bien pis que la concurrence de la houille blanche t Les brouillards de la mer du Nord deviendront son^ linceul et ce sera •désormais au fond du Sahara ^ue l'industrie humaine devra aller bàHv ses capitales.

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