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DIXIÈME LEÇON

(Snile et fin)

Cause da retard de développement des banques d'escompte et de circulation. — Avantages qui résulteraient de la spécialisation de l'esocmpte et de rémission, sous un régime de liberté du crédit et du monnayage — Élargissement du marché de l'escompte, abaissement du prix de la monnaie. — Comment fonctionneraient des banques libres et spéciales d'escompte et de circulation. — Des instruments monétaires dont pourrait se servir une banque de circulation spéciale, sous un régime de liberté du crédit et du monnayage. -^ Des frais de production d'une circulation purement métallique; — d'une circulation mixte en métal et en papier; — d'une circulation en papier. — Des différents modes de production de la monnaie de papier.— * Du papier monnaie, —vices de cet instra* ment monétaire. — Du billet de banque. — Comment il est prodoit et étalonné sous un régime de privilège et de réglementation. — Qu'il n'est autre chose qu'un billom de papier. — Avantages que procure aux banques privilégiées le monopole de l'émission de cet instrument monétaire. — Maux qui en résultent pour le public consommateur; — cherté de la monnaie ; crises monétaires causées par la réglementation vicieuse de l'étalonnage. — Que cette réglementation ne garantit point la conversibiKt^ des billets. — D'un système de circulation en papier-monnaie inconveisible. «^ Possibilité démontrée de l'établissement de ce système, sous un régime de liberté du crédit et du monnayage. — De ses avantages « an double

LES INTERMÉDIAIRES DU CRÉDIT. 3d3

point de rue de Véconomîe et de la sécurité. — Comment pourrait être étalonnée nne monnaie de papier inconversible. — Ce qu'étaient les an* ciena étalons de banque. — Supériorité de l'étalon composé sur l'étalon simple. «^ Que l'avenir appartient au papier-monnaie inconversible» à étalon composé.

Enrayées dans leur développement naturel par l'inlervention gouvernementale, les banques d'escompte et de circulation sont actuellement des machines de crédit moins perrectionnées que les banques de prêt sur gage de valeurs mobilières et immobi- Hères. Deux opérations fort différentes, l'escompte ou le prêt, d'une part, le monnayage, de l'autre, s'y trouvent réunies, contrairement au principe de la division du travail. Il en résulte que ces établissements à deux fins laissent également à désirer et comme banques et comme fabriques de monnaie.

Nous nous en convaincrons en recherchant quelles sont les conditions naturelles d'établissement et de fonctionnement des banques d'escompte et des banques d'émission; ce qu'elles seraient si elles avaient pu librement se fonder et se développer en se spécialisant; ce qu'elles seront certainement un jour lorsque les vieux régimes du monopole et de la réglementation 60 matière de monnayage et de crédit auront disparu.

Supposons qu'une banque eût pour fonction spéciale d'escompter des obligations commerciales et autres, de prêter sur ces obligations etc.; quelle serait pour elle la méthode rationnelle de se procurer des capitaux? Ce serait d'émettre des obligations portant intérêt, analogues h celles que créent les banques de crédit foncier et les banques industrielles, avec la seule dif* féreuce que les obligations des banques d'escompte devraient être à des échéances plus courtes, c'est \ dire à des échéances correspondant à celles des valeurs escomptées. Ce principe

observé, la banque serait constamment en mesure de pourvoir au remboursement de ses obligations par la rentrée successive des effets de commerce, bons du trésor, etc. , qui rempliraient son portefeuille. Quelles garanties offriraient les obligations émises par la banque? Elles auraient pour « sécurités » en premier lieu, les valeurs à terme en échange desquelles elles seraient émises et qui se trouveraient assurées déjà par un ou plusieurs intermédiaires ; en second lieu,. un capital de garantie servant à parachever cette assurance.

Telle serait pour les banques d'escompte comme pour les banques de crédit foncier et les banques industrielles, la méthode rationnelle d'emprunter. Elles se borneraient, comme on voit, à remplacer les obligations commerciales et autres qu'elles escompteraient par d'autres obligations également à terme, mais complètement assurées au moyen d'un capital spécialement affecté à cet usage, émises en coupures circulables, transmissibles sans endossement et payables dans tous les endroits où la banque aurait des comptoirs.

Ces obligations, les banques d'escompte les fourniraient à leurs clients, qui se procureraient de la monnaie, en les offrant sur les marchés monétaires, ou bien encore elles se chargeraient elles-mêmes de les échanger contre de la monnaie. Comme nous allons essayer de le démontrer, cet échange pourrait se faire dans des limites plus larges et à des conditions plus avantageuses pour le consommateur de monnaie qu'il ne se fait sous le régime des banques mixtes d'escompte et de circulation.

Dans l'état actuel des choses, les banques d'escompte sont obligées de subir les conditions des banques d'émission ordinairement privilégiées et toujours réglementées (au moins en ce

qui coDcerue Tétalonnage de la monnaie) auxquelles elles se trouvent annexées ou dont elles sont les dépendances. Elles subissent, sous ce rapport, un monopole qui entrave et renchérit leurs opérations. En premier lieu, le bureau d'émission ne livre sa monnaie qu'en échange d'effets de commerce et autres, remplissant diverses conditions réglementaires, quant à la sécurité du recouvrement, l'époque et le lieu de l'échéance. Ces effets doivent être assurés par un certain nombre de signatures, échoir endéans une certaine période arbitrairement fixée, parfois même, être payables dans une certaine circonscription. En second lieu, le bureau d'émission fixe sa monnaie à un prix que le monopole dont il jouit lui permet de surélever, au moins jusqu'à la limite du prix des instruments de circulation métalliques.

En supposant que les banques d'escompte fussent complètement séparées des banques d'émission, et qu'il y eût entre celles-ci une suffisante concurrence, la situation serait toute différente; d'abord, les banques d'escompte n'auraient plus à subir de conditionsquant à la sécurité du recouvrement, l'époque et le lieu des échéances des obligations commerciales et autres qu'elles escompteraient; elles seraient, à ces différents égards, libres d'agir selon leur convenance, sauf à diversifier le taux de leur prime d'assurance en raison de la somme des risques afférents à chaque espèce de valeurs à terme, sauf encore à échelonner les échéances de leurs obligations conformément à celles des valeurs escomptées, sans s'astreindre à un maximum arbitraire. Ensuite, mettant au marché des obligations à coupures régulières^ impersonnelles et remboursables partout où elles auraient des comptoirs ou des correspondants, chose possible et même facile à une époque où le télégraphe peut transmettre,

d'une manière instantanée, des ordres de payement et des ouvertures de crédit dans toute retendue du monde civilisé, elles élargiraient économiquement le marché des escomptes : au Heu d'être réduites, comme aujourd'hui à offrir des effets de commerce et d'autres valeurs à terme, incomplètement assurées et imparfaitement circulables à une seule banque d'émission privilégiée, elles pourraient offrir leurs obligations sur un marché immense, où une foule de banques d*émissiou, sans parler des simples capitalistes, se feraient concurrence pour échanger contre ces instruments de crédit assurés et circulables, des instruments monétaires à aussi bon marché et aussi bien appropriés que possible aux besoins de la circulation. Le taux auquel se ferait cet échange dépendrait, d'un côté, de la masse des instruments monétaires disponibles, c'est à dire non engagés comme véhicules de l'échange des produits ou des services; d'un autre côté, de la masse des titres ou des obligations représentant des capitaux ou des créances à charge de capitaux, et donnant droit à un intérêt ou à un profit. Ce taux serait tantôt plus élevé et tantôt plus bas selon la masse des instruments de crédit et celle des instruments de circulation qui se présenteraient à l'échange; mais il tendrait incessamment, en vertu d'une force irrésistible, à s'établir en équilibre vers un certain niveau, marqué par les frais de production des instruments réciproquement offerts. En effet, lorsque la masse des instruments de crédit offerts à l'échange serait telle qu'en les réalisant sous forme de monnaie, on n'obtiendrait plus la somme nécessaire pour couvrir leurs frais de production avec adjonction des profits ordinaires, on cesserait d'engager ses capitaux soas forme d'instruments de crédit jusqu'à ce que l'équilibre se fût rétabli; lorsque, au contraire, la masse des instruments de

circulalion serait telle qu'en les échangeant contre des instruments de crédit, on ne couvrirait plus leurs frais de production avec adjonction des profits ordinaires, on cesserait d'engager ses capitaux sous forme de monnaie jusqu'à ce que Féquilibre se fût encore rétabli.

Faisons une hypothèse analogue, en ce qui concerne les banques d'émission ou fabriques de monnaie. Supposons qu'une banque s'établisse dans des conditions de pleine liberté, en se proposant pour objet unique et spécial d'approvisionner le marché d'instruments monétaires. Ces instruments, en métal ou en papier, la banque doit se les procurer ou les fabriquer elle-même, dans les quantités et dans les sortes requises par la demande. Si la demande ne porte que sur les monnaies métalliques, que devra faire la banque? Elle devra employer son capital à acheter des étoffes métalliques et à les faire monnayer dans les coupures demandées. Ce capital, elle ne pourra se le procurer qu'à la condition de lui fournir une rémunération en harmonie avec celle que les capitaux peuvent obtenir dans les autres branches de la production. La banque devra donc échanger sa monnaie à un taux assez élevé pour en couvrir les frais de production, consistant dans la valeur des matières premières, dans les frais de fabrication et d'échange, avec adjonction des profits ordinaires. En échange de quelles valeurs oflrira-t-elle cette monnaie? Sera-ce en échange de valeurs investies sous forme de produits ou de services? Mais, en ce cas, elle sera obligée de revendre ces produits ou ces services, et, en conséquence, de s'annexer une maison de commerce universelle. Si elle veut, comme la nature des choses l'y oblige, demeurer uniquement une banque, elle se bornera à échanger sa monnaie contre des valeurs investies sous forme de capitaux

S98 COURS D*ÊGONOIIIE POLITIQUE.

engagés dans la production, et représentés par des titres oa des obligations productives d*un profit ou d*un intérêt, aatrement dit, contre des instruments de crédit. Selon le taux auquel elle achètera ces titres ou ces obligations, selon encore qu'ils seront plus ou moins assurés, elle réalisera des bénéfices plus oq moins élevés et certains. Si les banques d'émission se font une concurrence sufiisante, le taux auquel elles échangeront leur monnaie gravitera toujours vers le taux nécessaire pourprocarer aux capitaux investis dans la production monétaire une rémunération en harmonie avec celle qu'ils pourraient trouver dans les autres branches de la production. En efiet, s'il tombait plus bas, les capitaux se retireraient de cette industrie pour se porter ailleurs et vice-versd. On voit par là que le pris de Fargent dépend du taux général des profits des capitaux, d'une part, de la quantité de capital nécessaire à la production des valeurs monétaires, de Fautre.

Supposons maintenant que la demande porte sur de la monnaie de métal et de la monnaie de papier, ou, comme c'est le cas de plus en plus général, principalement sur de h monnaie de papier, comment devra se comporter la banque d'émission? Elle devra employer une partie de son capital à se procurer de la monnaie de métal, et en appliquer une autre partie à la création de la monnaie de papier, dans la proportion requise.

Si elle est obligée d'employer à la production de la monnaie de papier la même quantité de capital qu'à celle de la monnaie de métal, elle ne pourra, évidemment, la livrer à meilleur marché; s'il lui suflil,au contraire, d'y appliquer un capital moindre, elle pourra la livrer à un prix inférieur de toute la différence des quantités de capital employées.

Comment donc se produit la monnaie de papier?

On peut la produire de différentes manières : d*abord, sans y employer d*autre capital que celui qui est nécessaire à la fabrication des coupures monétaires, comme dans le c^s d'un papier monnaie inconversible ; ensuite, en y employant des quantités de capital plus ou moins considérables pour en garantir la valeur, comme dans le cas des billets de banque.

Nous avons vu comment s'y prennent les gouvernements pour créer du papier monnaie ou, ce qui revient au même, de la monnaie de papier inconversible. Il leur suffit d'émettre des instruments monétaires en papier, dans les coupures réclamées par les besoins de la circulation. La valeur de ces instruments monétaires naît de leur utilité combinée avec leur rareté, et elle se règle par la proportion de rémission avec la demande. Cependant, le papier monnaie même n'acquiert une valeur qu'à la condition d'être étoffé de certaines garanties. Ces garanties résident dans la masse des valeurs possédées par le gouvernement, parfois même, comme dans le cas d'un gouvernement insurrectionnel non encore investi d'une domination effective et assurée, dans de simples probabilités de prise de possession. Elle seifvent à assurer l'utilité et la rareté qui constituent la valeur de l'instrument monétaire, d'une part contre les risques de la démonétisation destructifs de l'utilité, d une autre part contre les risques de l'émission illimitée, destructifs de là rareté : selon que ces garanties sont plus ou moins solides et étendues, le papier monnaie peut acquérir un débouché plus ou moins vaste. En résumé donc, la valeur du papier monnaie repose sur un gage général, résidant dans la somme des valeurs qne possède le gouvernement ou qu'il a une suffisante probabilité de posséder.

460 COURS D*ÉCONOIIIE POLITIQUE.

Mais TexpërieDce démontre que le papier monnaie est tonjours un instrument de circulation cher et dangereux. Investis du monopole de sa fabrication et de son émission, les goavernements, tout en expulsant du marché les autres instruments monétaires, livrent à la circulation cette monnaie de papier, dont le prix de revient est insignifiant, comme si elle était en métal, et ils bénéficient de la différence. Le public ne profile donc point du bon marché de la production du papier monnaie. Le seul avantage qu'il retire de Tinlroduction de ce nouvel instrument des échanges, c*est, dans les pays où il n'existait que de la monnaie métallique, d'être pourvu d'une monnaie plus commode pour les transactions supérieures; en revanche , cet avantage est compensé et au delà , lorsque la monnaie métallique étant expulsée de la circulation, il est réduit S se servir de papier monnaie pour les transactions inférieures.

D'un autre côté, le public subit presque toujours un dommage plus ou moins considérable par le fait de Téchéance des risques inhérents à la circulation du papier monnaie. Si le goovernemeut qui l'a émis est renversé, an ne manque pas de le frapper de prohibition, et, en perdant son débouché, il perd sa valeur. Si ce gouvernement subsiste et se consolide, la -valeur du papier monnaie peut subsister aussi, et ne subir ménne aacune altération, mais c'est à la condition que l'émission en demeure exactement proportionnée aux besoins du marché. Or, presque toujours, cette émission est rendue excessive sous l'empire de besoins extraordinaires. Le plus souvent même, comme dans le cas des assignats de la révolution française, l'exagération des émissions va jusqu'à annuler presque entièrement la valeur du papier monnaie, et elle aboutit finalement à

la démonétîsatiou, sans indemnité, de cet instrument déprécié. Bref, rémission du papier monnaie par les gouvernements engendre exactement les mêmes maux que TafTaiblissement de la monnaie métallique» en portant ces maux à leur maximum possible, puisque la dépréciation n*a pour limites, en cas de surémission, que les frais insignifiants de la fabrication d'un instrument monétaire, dont Tétoffe est sans valeur.

Ce mode d'émission de la monnaie de papier, par voie de monopole d'État et sous une garantie générale, plus ou moins précaire, ne fournit donc au public consommateur qu'un instrument de circulation aussi cher que la monnaie métallique et plus dangereux.

Le second mode d'émission, aujourd'hui généralement usité, consiste à conférer le privilège de la production de la monnaie de papier à une banque, placée sous la dépendance du gouvernement, ou, tout au moins, obligée d'obéir, en cas de besoin, à ses réquisitions. Dans ce système, la monnaie .de papier est émise sous une garantie spéciale, elle est conversible en monnaie métallique, et elle porte, comme on sait, le nom de billet de banque.

Examinons comment se produit le billet de banque, quelles sont les garanties sur lesquelles repose^sa valeur, et les éléments de son prix de revient ou de ses frais de production.

Les banques de circulation émettent leurs billets en échange d^obligations commerciales et autres. Ces obligations assurées par les escompteurs intermédiaires servent de première garantie aux billets de banque. Le risque qui pèse encore sur elles, élant ordinairement très faible, il suffit d'un capital très faible aussi pour compléter leur assurance.

La garantie spéciale des billets de banque se compose donc :

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l*" des obligations à terme escomptées par la banqae, et qu'elle garde en portefeuille jusqu'à leur échéance, ou bien encore qu elle échange contre d'autres valeurs qui prennent leur place dans le portefeuille des c sécurités; » i"* du capital nécessaire pour compléter l'assurance de ces sécurités. Le billet de banque ainsi garanti, diffère de la monnaie métallique en ce que celle-ci porte avec elle toute sa valeur (sauf les frais de fabrication), investie dans l'étoffe précieuse dont elle est composée, tandis que Téloffe monétaire du billet demeure immobilisée dans le portefeuille de la banque. De là, le nom de numnak réelle donnée à la monnaie métallique et le nom de monnaie fiduciaire donnée à la monnaie de papier. Si la valeur qui sert de gage au billet de banque sous forme d'obligations représentant des marchandises vendues à terme, est effective et pleinement assurée, cette monnaie fiduciaire ne sera pas d*un usage moins sûr que la monnaie réelle, et elle aura l'avantage d'être produite à bien meilleur marché. En effet, si la banque émet de la monnaie réelle, elle devra engager sous forme d*étoffes métalliques un capital égal à la valeur de ses émissions; si elle émet de la monnaie fiduciaire, il lui suffira d'appliquer à sa production monétaire : l^le capital nécessaire pour compléter l'assurance des valeurs en échange desquelles elle émet ses billets, et qui leur servent de gage; S^ le capital nécessaire à la fabrication et à l'étalonnage de ces mêmes billets.

Les frais d'assurance des valeurs qui servent de garantie aux billets de banque sont peu élevés. Les frais de fabrication des billets le sont moins encore. En revanche, l'étalonnage, tel qu'il est imposé aux banques, en vertu des vieilles traditions do monopole gouvernemental du monnayage, est denieuré fort coûteux.

LBS INTERMÉDIAIRES DU CRÉDIT. 4a*>

Ed quoi consiste Tétaloanage des billets de banque? Il se résume dans l'obligation imposée aux banques, sauf dans certaines circonstances exceptionnelles où cette obligation est suspendue, d'échanger toujours, à présentation, leurs billets contre de la monnaie métallique, servant d'étalon. La valeur des billets de banque se trouve ainsi exactement gouvernée par celle de la monnaie étalon. En effet, si les billets de banque sont émis en quantité surabondante, si leur valeur tend à baisser en conséquence, on les présente à la banque, en demandant eo échange de la monnaie étalon, jusqu'à ce que le niveau soit rétabli. Si, au contraire, les billets de banque sont émis en quantité insuffisante, si leur valeur tend, en conséquence^ à s'élever au dessus de celle de l'étalon, on apporte à la banque de la monnaie métallique ou des métaux monétaires, en demandant des billets en échange, jusqu'à ce que le niveau se trouve encore rétabli.

Dans ce système, qu'est donc le billet de banque? Il n'est autre chose qu'un billan de papier, approprié aux transactions supérieures, et correspondant, de l'autre côté de la monnaie étalon, au billon de cuivre, de bronze ou de nickel, approprié aux transactions inférieures. Les seules différences que présente la production de ces deux sortes de billon, sont : l"" qu'à part le cas du papier monnaie, l'émission du billon de papier est abandonnée à l'industrie des banques, tandis que l'émission du billon de cuivre, de bronze ou de nickel est demeurée par* tout un monopole gouvernemental ; "2? que le billon inférieur de cuivre, de bronze ou de nickel porte avec lui une partie de sa valeur, tandis que le billon de papier n'en porte aucune; 3"^ que rétalonnage du billon inférieur s'opère communément par la simple observation de la proportion utile de l'émission,

sans Tauxiliaire de la conversibilité en monnaie étalon, tandis, au contraire» que la conversibilité est la règle pour le billon supérieur, sauf le cas des circonstances exceptionnelles, où Ton autorise les banques à suspendre leurs payements eo espèces. Dans ce cas, ou bien Ton cesse de se préoccuper de Tétalonnage des billets de banque, ou bien on s'efforce de le maioteuir en s'écartant le moins possible de la proportion utile des émissions.

Mais, sous un régime d'étalon métallique, la conversibilité , est le seul procédé d'étalonnage qui offre des garanties de précision suffisantes , soit qu'il s'agisse du billon supérieur ou do billon inrérieur. De là, l'obligation, parfaitement rationoelle sous ce régime, que l'on impose aux banques d'immobiliser dans leurs caisses, une somme de monnaie étalon, ou de métal propre à la fabriquer, suffisante pour couvrir le risque du remboursement, calculé à' sa plus haute probabilité. Ce risque ayant été évalué à un maximum de 33 p. c, on a exigé des banques qu'elles conservassent constamment dans leurs caisses une somme de numéraire égale au tiers du montant de leurs billets en circulation. Émis à celte condition réglementaire d'étalonnage, le billon de papier conserve encore un prix de revient passablement élevé. Cependant, en comparaison de la monnaie de métal, il présente une économie de frais de production de plus de moitié, même en admettant que les banques remplissent scrupuleusement l'obligation de conserver toujours dans leurs caisses, disponible pour le remboursement, une somme de monnaie étalon égale au tiers du montant de leur circulation. Les banques de circulation ne sont, comme on voit, autre chose, dans ce système, que des fabriques d'une espèce particulière de monnaie de billon, plus propre que la monnaie

métallique, servant d*étaIoD, ii remplir Toffice de médium ctrcu* Im$ dans les transactions supérieures. Celte monnaie de billon poQvanti en outre, être produite au moyen d'un capital fort ialériear à celui qu'exigerait la production d'une somme égale de monnaie métallique, qu'en doit-il résulter? C'est que les banqjRes qui émettent cet instrument monétaire, à la fois mieuK approprié aux besoins d'une portion considérable de la circulation et moins cher à produire que la monnaie métallique, doivent nécessairement supplanter celles qtii opèrent avec du numéraire. C'est, en effet, ce qui n'a pas manqué d'arriver. Dans les pays, où existe une certaine liberté en matière de crédit et de monnayage, où par conséquent les banques de cir« calation peuvent se faire concurrence, le public consommateur a fini par profiter de l'abaissement des frais de production de imstrumeut monétaire. Tel a été le cas dans les États de la Nouvelle Angleterre. Mais, dans les pays, — et c'est le plus grand nombre, — où les banques de circulation sont investies d un privilège, celte économie réalisée dans les frais de production du médium circulans n'a que, pour une bien faible part, profité aux consommateurs de monnaie; elle a été presque entièrement retenue par les banques, comme dans le cas d'une invention brevetée, mais avec cette différence notable qu'on peut faire concurrence aux inventions existantes par des inventions nouvelles, tandis que les banques de circulation sont, en vertu de leur privilège, mises à l'abri de toute concurrence progressive. Autorisées exclusivement à produire un instrument monétaire plus parfait et moins cher que le vieil instrument métallique, elles ont pu aisément supplanter ou se subordonner les établissements qui étaient réduits à se servir de cet outil de circulation arriéré. Cela fait, elles ont pu faire remonter le prix

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de leur monnaie de papier au niveau de celui de la monnaie de métal, en bénéficiant de toute la différence des frais de prodaction des deux instruments monétaires. De là, les profits extraordinaires que réalisent les banques de circulation privilégiées. De deux choses Tune, ou TÉtal qui conrère ce genre de privilège, devrait se réserver le monopole de la production du billon de papier comme il se réserve celui de la production du billon de cuivre, de bronze ou de nickel, et s'en attribuer la « rente >, ou, mieux encore, vu son incapacité industrielle, il devrait Taffermer au plus offrant, en suivant, en cela, la tradition de cet ancien régime si mal connu et si calomnié par une science superficielle; ou bien enfin, il devrait laisser complètement libres le monnayage et le crédit» en permettant ainsi au public consommateur de recueillir finalement le bénéfice de cette invention d*une monnaie à bon marché. Mais, il n'a adopté aucun de ces trois systèmes rationnels ; il a préféré accorder gratis ou à peu près le privilège de l'émission de la monnaie de papier, et il a permis en conséquence à quelques privilégiés de s'attribuer, sous la forme d'une rente usuraire, la meilleure part de Téconomie de la production de cette monnaie à bon marché.

Cependant, le régime de privilège et de réglementation qni prévaut actuellement en matière de banques d'escompte et de circulation n'a pas seulement enrayé leurs progrès, en conférant aux privilégiés, sans profit pour les gouvernements et au détriment du public consommateur, le monopole des avantages de la production du billon de papier, il a encore engendré d'incessantes perturbations dans le monde des affaires.

Ces perturbations proviennent, d'abord, de la réglementation vicieuse de l'étalonnage des billets de banque.

Les banques sont obligées d'élaloDner leur billoa de papier sur la monnaie métallique, et, pour assurer cet étalonnage, de conserver en caisse une somme de métal fixée au tiers environ de leur circulation. Cependant, en admettant que les émissions fussent convenablement réglées^ le risque de conversion du billon de papier supérieur ne dépasserait pas, au moins dans les circonstances ordinaires, celui du billon inférieur, c'est à dire qu'il demeurerait insignifiant. Il suffirait donc que la banqne conservât dans ses caisses pour couvrir ce risque, non le tiers, mais le dixième ou même le vingtième du montant de sa circulation. Le prix de revient de son billon de papier s'en trouverait naturellement abaissé d'autant (1).

Mais des circonstances surgissent dans lesquelles la demande des métaux précieux ou de la monnaie métallique s'accroît tout à coup dans des proportions extraordinaires , lorsqu'il s'agit, par exemple, de pourvoir au déficit de la récolte par des achats considérables de grains à l'étranger. La monnaie métallique acquérant ainsi un supplément de débouché hausse de prix relativement au billon de papier. En conséquence, on ne manque pas de se présenter à la banque pour échanger des billets contre du métal. Toutefois, c'est une erreur trop commune de croire que cette demande de conversion puisse se prolonger longtemps et prendre des proportions alarmantes. En

(1) On trouvera dans tous les traités d'économie politique et dans une foule d'ouvrages spéciaux des notices historiques sur les banques de circulation et sur les divers régîmes auxquels elles se trouvent soumises. Nous j renvoyons nos lecteurs et, en particulier, à Texcellent résumé de M. Joseph Garnier dans son Traité éTéconamie politi^w, (Des Banques et des autres institutions de crédit, chap, XX.)

406 COURS D*ÉGOffOMIK POLITIÛinS.

terlQ de la loi des guanliïés et des prix^ le retrait d*uDe petite quantité de billon de papier en exhausse promptement la valeur, et cette hausse est encore activée par le vide que crée dans l'appro- TÎsionnement monétaire, Texportation d'une partie de mooDaie métallique. On ue trouve plus alors aucun profit à réclamer réchange des billets contre du métal, et Téconlement des encaisses métalliques s'arrête de lui-même. Même dans ces circonstances exceptionnelles, il suflBtaux banques sagement gouvernées d'un faible encaisse pour couvrir le risque de conversion. Comment donc le besoin extraordinaire que provoque ^expo^ tation d'une partie du médium drculans métallique peat-il se satisfaire? Rien de plus simple. Dès que la valeur de la moanaie étalon s'élève, sous l'influence d'un accroissement iDusité de la demande, quel phénomène voit-on se manifester? On voit baisser dans la proportion de la hausse de la monnaie, toutes les valeurs qui s'échangent contre elle, produits, services, obligations à terme ou perpétuelles. Quelle est la conséquence de cette baisse? C'est de faire afiluer la monnaie ou, ce qui revieot au même, les étoffes métalliques qui servent à la fabriquer vers le point où se produit la dépression des autres valeurs; où, par conséquent, on peut recueillir un bénéfice exceptionnel en échangeant de la monnaie accidentellement en hausse, contre des produits , des services et des obligations accidentellement en baisse. Le vide causé par l'exportation du numéraire se comble ainsi rapidement, parfois même avec excès : les importations des métaux précieux deviennent surabondantes , les produits, les services et les obligations subissent un retour excessif de hausse , et ces mouvements, en sens inverse des premiers, ^e prolongent en s'affaiblissant graduellement jusqu'à ce que l'équilibre soit rétabli.

Malbeareusemeot, la réglementation vicieuse de Tétalonnage des billets de banque a pour résultat de retarder sinon d'empè* chérie rétablissement de cet équilibre. Obligées de conserver eft caisse^ponr couvrir le risque de conversion, un capital surabondant en numéraire, que font les banques? Elles s'empressent d'élever le taux de leurs escomptes, en d'autres termes, elles augmentent le prix de la monnaie qu'elles offrent en échange^ des obligations commerciales et autres. Cette hausse de Te^"* compte a pour résultat naturel et immédiat , de diminuer la demande de la monnaie, et par conséquent la somme qui en est mise en circulation. Pendant ce temps, l'échéance successive delà masse des obligations escomptées avant la hausse, fait rentrer dans la caisse de la banque une somme de monnaie supé< rieure à celle qu*elle a émise depuis la hausse. La circulation étant réduite par ce procédé, le risque de conversion s'affaiblit d'autant. Mais,ens'empressant d'élever le taux de son escompte» afin de défendre son encaisse, la banque précipite la baisse dea produits, des services et des obligations. Que font alors les banques des autres pays, qui sont soumises à un régime ann^ logue? Elles élèvent de leur côté le taux de leurs escomptes, pour empêcher le numéraire qu'elles sont tenues de conserver en caisse de se précipiter vers le point où les produits, les ser-^ vices et les obligations subissent une baisse. En présence de ces échelles mobiles qui se dressent partout pour empêcher la sortie du numéraire enfoui dans les caisses des banques, au moment où il s'en fait une demande extraordinaire. « Targent devient rare » sur tous les marchés. L'argent abonde cependant dans les caisses des banques, mais il n'en peut sortir qu'en s'éebangeant contre le billon de papier en circulation, et les banques en diminuant artificiellement la quantité de ce dernier

par la hausse de Tescompte, en élèvent progressivement la valeur, de telle sorte qu'au lieu de leur demander du numéraire en échange des billets, on finit quelquefois parleur demander des billets en échange du numéraire. La crise va s'aggravant jusqu'à ce que toutes les branches de la production se trouvant atteintes par le ralentissement des escomptes et la masse des échanges diminuant en conséquence, une portion da numéraire qui servait à les opérer devient disponible, et on l'applique à satisfaire le besoin extraordinaire qui a provoqué la crise. Les ban ques peuvent alors abaisser l'échelle mobile qui leur a servi à défendre leurs encaisses, elles réduisent le taox de l'escompte, et la production reprend peu à peu son activité normale; mais, en attendant, la crise que « la défense des encaisses » a artificiellement aggravée, laisse après elle de nombreuses ruines. Au moins , les banques participent-elles aui souffrances générales que cause leur politique restrictive? En aucune façon. Tandis que les profits de toutes les autres entreprises ont baissé, qu'un bon nombre même de ces entreprises ont succombé, leurs bénéfices à elles se sont accrus. Les années de crise sont toujours celles où les actionnaires des banques privilégiées touchent les plus beaux dividendes. Si elles débitent moins de billon de papier, elles le vendent, en revanche, à nn prix qui s'est élevé en raison géométrique, tandis que la quantité vendue diminuait seulement en raison arithmétique. Aussi ne manquent-elles jamais de mettre le plus vif empressement à € défendre leurs encaisses » dans les moments de crise.

La situation s'aggrave encore par ce fait que rencaisse réglementaire est rarement effectif dans les temps ordinaires. Car on a l'habitude d'y comprendre le montant des dépôts en métani précieux qui sont effectués, temporairement, dans les banques

et pour lesquels elles ne payent aucun intérêt. Ces dépôts ne manquent pas d'être rappelés dès qu'un débouché nouveau s'onvre au numéraire. La banque est obligée aussitôt de se replacer dans les conditions réglementaires dont elle s'était écartée en réalité sinon en apparence» et elle n'y parvient que par une hausse, entraînant un resserrement brusque et désastreux de ses escomptes (1).

En résumé) l'obligation imposée aux banques de conserver en tous temps un encaisse surabondant pour couvrir le risque de conversion de leur billon de papier augmente, en tous temps aussi, le prix de revient de ce billon, et aggrave si elle ne les provoque point les crises causées par les ruptures accidentelles de l'équilibre de la production et de la consommation. Au moins, cette réglementation a-t-elle pour résultat d'assurer pleinement la conversibilité du billon de papier en monnaie étalon ?

Aucunement. Dès qu'une crise politique survient, par exemple, les gouvernements ne manquent jamais de suspendre cette garantie réputée indispensable de l'étalonnage, et, pis encore, de transformer les fabriques de billon de papier étalonné sur la monnaie métallique, en fabriques de. papier monnaie inconversible, sans étalon fixe.

Comment se comporte, en effet, un gouvernement qui est obligé de se procurer des quantités extraordinaires de capitaux soit pour se constituer par voie de révolution, soit pour se défendre contre un ennemi intérieur ou extérieur? Il cherche

(1) Consulter sur le mécanisme des crises, Chaslbs GoQUSLnr, Du CridU et ie$ Banques ^ chapitre YII. Des crises commerciales. — Unité et multiplicité des banques. — Privilège et liberté.

41t COURS D'ÉGONOlflB POUTIQUB.

d'abord à contracter des emprants volontaires; mais si les circonstances ne sont point favorables» et s*il n'inspire pas oae confiance suffisante aux capitalistes, les emprunts voiontikes ne lui procureront des fonds qu*à un taux excessif et en quastité fort limitée. Que peut-il faire pour suppléer à l'insuffisaice de son crédit? II a le choix entre deux procédés. Il peut émeUie du papier-monnaie , directement ou par l'intermédiaire d'uie banque. Tantôt il a recours au premier procédé, et nous savoos déjà de quelle manière; tantôt il a recours au second, et e'tft aujourd'hui le cas ordinaire.

Comment s'y prend-il en ce cas? La banque possède une circulation en billets et un encaisse ordinairement excessif poor en assurer la conversion. Que fait le gouvernement? Il contracte, de gré ou de force, un emprunt auprès de la banque. De deux choses l'une, ou la banque lui fournit le montant de cet emprunt en billets ou elle le fournit en numéraire. Si elle fiiit une émission extraordinaire de billets sans en retirer une quantité correspondante de la circulation (elle en retire d'habitude une partie en restreignant ses escomptes et elle aggrave aiasi la crise industrielle et commerciale qui accompagne toute crise politique), son papier baissera, et Ton viendra lui en demander l'échange contre du numéraire, jusqu'à ce que le niveau se trouve rétabli entre la valeur du billon de papier et celle de la monnaie étalon. Si la banque effectue son prêt directement avec du numéraire pris sur son encaisse, celui-ci étant presque toujours surabondant, aucune perturbation ne s'ensuivra peatêtre. Mais dans les deux cas, l'encaisse de la banque se trouvera entamé jusqu'à concurrence du montant de l'emprunt. Or, les gouvernements qui subissent une crise, dont il leur est presque toujours impossible de prévoir l'intensité et la durée,

LES WTERMÉDUIKBS DU CBÉDIT. 413

n*0Dt garde de commencer par entamer rencaisse des baoqnes ou de le laisser entamer. Cest nne ressource qu'ils ont soin de mettre, tout d^abord, hors d'atteinte pour se la réserver in extrtmiê. En conséquence, ils autorisent les banques, d'une part, à fiiire une émission extraordinaire de billets pour couvrir l'emprunt qu'ils exigent d'elles, d'une autre pari, à suspendre le remboursement de leur circulation en espèces. L'encaisse se trouve ainsi sauvegardé, mais le billon de papier conversible s'est changé en papier. monnaie inconversible. Toutefois, ce changement dans la nature de la monnaie de papier n'en provoque point nécessairement la dépréciation. En admettant que l'émission des billets de banque devenus inconversibles fût réglée de manière à n'en pas dépasser la demande, au niveau de la valeur de l'étalon, aucune dépréciation n'aurait lieu. Le régime du billon inférieur de cuivre, de bronze ou de nickel nous en fournirait au besoin la preuve. Que ce billon soit ou non conversible, sa valeur dépend toujours, uniquement, de la proportion des émissions : la conversibilité n'est qu'une simple garantie contre l'excès ou l'insuffisance de cette proportion. La dépréciation du billon de papier devenu inconversible ne peut donc avoir lieu qu'à la suite d'émissions excessives ; mais les gouvernements s'abstiennent rarement d'abuser de cette facile ressource. La dépréciation d'ailleurs est lente, le numéraire cédant successivement la place au papier. Ce n'est que lorsque le numéraire a complètement disparu que la valeur de papier commence à subir une chute rapide. Gomme dans le cas du papier monnaie, émis directement, la dépréciation peut alors se poursuivre jusqu'à ce que la valeur des billets de banque tombe au nivean des frais nécessaires pour les fabriquer. Mais en quoi consiste, dans l'intervalle, l'étalon monétaire? Il ne

414 COURS d'ÉCONOXIE POLITIQUE.

ré^de plus dans la motmaîe métallique; il réside daus le billon de papier devenu monnaie principale ou même unique, el il s'élève ou s'abaisse selon les fluctuations de l'offre et de la demande. Or, Yoffre du billon de papier, émis par la banque, dépendant comme celle du papier-monnaie, émis directemeDt, des besoins du gouvernement, l'étalon monétaire n'offre plos aucune garantie de fixité, et il varie du jour au lendemain (1).

Le système actuel des banques privilégiées pour rémission do billon de papier ne procure, comme on voit, au public consommateur ni l'avantage du bon marché ni celui de la sécorite.

Supposons maintenant qu'il existât une entière liberté, eA matière de monnayage et de crédit; que les banques de circalation pussent, en conséquence, émettre librement toute espèce de monnaie de papier ou de métal, en adoptant, librement aussi, l'étalon le plus demandé, c'est à dire le mieux approprié aux besoins de la circulation, qu'arriverait-il? Que les banques de circulation seraient inévitablement conduites, sous la pression de la concurrence, à produire et à mettre au marché, au prix le plus bas possible, l'instrument monétaire le plus économique et le meilleur, en reportant ainsi sur le public consommateur tous les bénéfices des progrès réalisés dans la production des véhicules de la circulation.

En quoi pourrait consister cet instrument monétaire perfec-

(1) Voir sur les relations des banques a?ec les goayemements le Didionnaire de V économie politique ^ art. Banque^ par Charles (3oqnelin; le f>vi^' théorique et pratique des opérations de banque, par J. G. Gonroelle-Seneuilt liv. IV, chap. III; G. Dapuynode, De la Monnaie, du crédit et de /*»• pôt, etc.^ etc.

tionné? Évidemment, dans une monnaie de papier inconversible, mais fixée sur un étalon aussi stable que possible.

Mais d'abord 9 la possibilité de l'établissemenl d*un système de circulation en papier inconversible est-elle admissible?

Cette possibilité est pleinement démontrée par Texistenceet la circulabilité du papier-monnaie. En effet, si le papier-monnaie peut servir d'instrument monétaire, quoiqu'il ne possède ni une étoffe ni une garantie métalliques, quoique sa valeur dépende uniquement des quantités qui en sont offertes d'un côté, demandées de l'autre, qu'en faut- il conclure? C'est qu'une monnaie peut exister sans étoffe et sans garantie mé- *talliqaes, et qu'en admettant que les métaux monétaires vinssent à disparaître soudainement, on n'en serait pas réduit à revenir aux grossiers et imparfaits véhicules de circulation dont on se servait avant l'invention des monnaies d'or et d'argent ; c'est qu'on pourrait rendre normal et permanent le régime de la circulation en papier, demeuré jusqu'à présent accidentel et temporaire. «

Essayons donc de nous faire une idée de ce que pourrait être un système de circulation en papier inconversible, c'est à dire un système dans lequel la monnaie de papier, au lieu de n'être qu'un billon supérieur, étalonné sur la monnaie métallique, comme dans le cas du billet de banque, serait la monnaie étalon elle-même, comme dans le cas du papier-monnaie, mais avec des garanties de stabilité que le papier-monnaie ne possède point; dans lequel enfin, la monnaie métallique, en supposant qu'elle continuât d'être demandée, serait réduite à l'état de monnaie auxiliaire ou de billon.

D'abord, il est clair qu'une monnaie de papier inconversible serait la plus économique possible. Nous savons en quoi con«

4tt COURS D*6coifoviB pounQim.

sisleot les frais de prodoclioD d'une circulation p^remeot métallique. Nous avons constaté qae cette circiilatioo est la pfau chère de toutes, puisqu'elle exige TappIicatioD d'an capital égal au montant même de la monnaie émise, et que le capital investi sous cette forme doit recueillir un profit analogue à celui qu'il pourrait trouver dans les autres emplois de la production. Dans le cas d'une circulation composée en partie ée monnaie métallique, en partie de billon de papier, les frais de production sont moindres, le prix de revient du billon de papier étant inférieur à celui de la monnaie métallique, de toute la différence des quantités de capital requises pour la production de ces deux sortes de véhicules de la circulation. Cependinl, l'obligation imposée aux banques de conserver, en métal, au moins le tiers de la valeur de leurs émissions porte encore à un niveau élevé, le prix de revient de cette circulation miite. Quant à son prix courant, il ne diffère pas sensiblement de celai d'une circulation purement métallique, par suite du privilège dont se trouvent généralement investies les banques qui émettent du billon de papier.

Les frais de production d'une circulation en papier inconversible seraient inflniment plus faibles que ceux d'une circulalioo métallique ou d'une circulation mixte. Eu quoi consisteraientils? Dans la somme nécessaire pour rémunérer le capital qae les banques d'émission devraient consacrer à la production de la monnaie de papier. Ce capital serait de deux sortes : réaliU et simplement réodisable.

En admettant que les banques d'émission on les fabriques de monnaie fussent complètement séparées des banques d'escompte, et qu'elles n'émissent, en conséquence, leur monnaie qu'en échange d'obligations parfaitement assurées, elles n'ae-

Lfifi IMTBRVÉMAIItES DU CRÉB1T. 4IT

raient besoin que d'une très faible quantité de capital réalisé. Ce capital serait employé : l"" à pourvoir aux frais relativement peu élevés de la fabrication et de rémission de la monnaie de papier, frais d'impression, d'administration, de bureau, etc.; 3* à pourvoir aux frais de fabrication et d'émission de la monnaie de billoQ en métal, or, argent ou cuivre, qui pourrait être demandée de préférence au papier pour les transactions inférieures. Toutefois, ce billon métallique pourrait ne contenir qu'une faible proportion de sa valeur en métal, et ne comporter par là même que des frais de production peu élevés.

En sus de leur capital réalisé, les banques d'émission auraient besoin d'un capital de garantie destiné à assurer la valeur de leur monnaie, en cautionnant leurs opérations; mais ce capital composé de valeurs simplement réalisables, soit qu'elles demeurassent entre les mains des' actionnaires, soit qu'elles fussent mises en dépôt, sous forme d'actions ou obligations libérées d'autres entreprises, ne subirait qu'un faible risque, — puisque la monnaie de papier ne serait émise qu'en échange de valeurs assurées, — et n'exigerait, en conséquence, pour couvrir ce risque, qu'une faible prime.

En résumé donc, une circulation en papier inconversible ne requérant l'application que d'une très faible quantité de capital réalisé, et d un capital de garantie exposé à un très petit risque, les frais de production de cette circulation demeureraient fort an dessous de ceux d'une circulation purement métallique, ou d'une circulation en métal et en papier à base de métal. Il suffirait d'émettre cette monnaie de papier inconversible à un taux des plus modiques, pour en couvrir les frais de production» avec adjonciion des profits ordinaires. Ce serait essentiellement monnaie à bgn manhé.

4iS COURS d'économie POLITIQUE.

Il en est ainsi, du reste, du papier monnaie ; mais avec cette différence capitale que les gouvernements s'attribuent le bénéfice résultant de Finfériorité du prix de revient du papier monnaie en comparaison de la monnaie métallique, tandis qoe, sous un régime de liberté du monnayage et du crédit, les banques d'émission se faisant concurrence, tout le bénéfice résultant de l'invention de ce véhicule de circulation économique finirait par aller au public consommateur de monnaie.

Le papier monnaie, «oit qu'il se trouve émis directement par un gouvernement, ou indirectement par l'intermédiaire d'une banque privilégiée, présente, en outre, comme nous l'avons vu, un inconvénient particulièrement grave : c'est de constituer une monnaie étalon, dont la valeur varie suivant les quantités qui en sont émises, lesquelles, à leur tour, dépendent des besoins essentiellement variables des gouvernements.

Il serait indispensable de remédier à cet inconvénient capital, en fixant la monnaie de papier inconversible sur un étalon qui présentât une stabilité aussi grande ou plus grande que les étalons métalliques. Cet étalon trouvé, la monnaie de papier inconversible, ayant sur ses rivales l'avantage du bon marché et peut-être même celui de la stabilité de la valeur finirait par être universellement préférée.

Recherchons donc sur quel étalon on pourrait fixer une monnaie de papier inconversible.

Nous avons actuellement pour étalon monétaire, le franc, c'est à dire la valeur d'un poids d'argent monnayé de 5 grammes à 9/10^ de fin, adjonction faite des frais de monnayage. Noos savons pourquoi la valeur du franc ne peut s'élever au dessus de celle de cette quantité de métal , ni tomber au dessous; pourquoi, en conséquence, la circulation monétaire doit sabir

rinfluence de toutes les fluctuations de la valeur de l'argent métal» ou» pour mieux dire, par suite du régime du double étalon, de Tor métal. Eh bien» supposons que le système d'une circulation en monnaie de papier inconversible succède à celui d'une circulation en monnaie de métal et en billon de papier conversible en métal, que deviendra le franc? comment la valeur en se'ra-telle déterminée?

Nous le savons déjà par les nombreuses expériences qui ont été faites du papier monnaie : la valeurilu franc dépendra uniquement» dans ce cas » du rapport existant entre Toffre et la demande de la monnaie de papier inconversible » c'est à dire entre les quantités émises et offertes de cette monnaie» d'un côté» et les quantités demandées» de l'autre. Le problème à résoudre» pour maintenir la stabilité de l'étalon* dans le cas d'une circulation en papier inconversible» consiste donc à régler les émissions monétaires de telle manière que toffre et la demande de la monnaie se mettent toujours en équilibre au niveau de la valeur actuelle du franc.

Cela étant» n'existe-t-il point une boussole d'après laquelle les banques de circulation peuvent se guider pour régler leurs émissions de manière à maintenir intacte la valeur du franc; nous voulons parler de l'ensemble des prix des choses qui s'échangent contre de la monnaie? Si les prix de ces choses» produits» services» obligations» viennent à baisser ou à hausser en même temps et dans la même proportion» ne fût-ce que d'une quantité infinitésimale» qu'en faudra-t-il conclure? Indubitablement que ce ne sont point les valeurs de cette multitude de choses diverses qui ont diminué ou augmenté» en même temps et dans la même proportion» chose impossible» mais que c'^st la valeur de la monnaie contre laquelle ces choses

4flt covxs d'égonohie POLinOUl.

s*échaDgeQt qui est 6d voie de hausse ou de baisse; qa*il est, en conséquence, nécessaire, dans le premier cas, d'en diminoer, dans le second cas, d'en augmenter l'émission. Cette règle adoptée, l'étalon monétaire ne réside plus dans ia Taleor toujours plus ou moins flottante d'un ou de deux produits, tek que l'or et l'argent, ou dans celle d'une monnaie dont les éflûssions dépendent du gouvernement, qui en a le monopole; il réside dans la valeur de l'ensemble des choses échangeables et

il ne comporte plus que des variations inûnitésimales (1).

(1) • C'est à sir James Stewart que nous devons, je pense, l'idée premièn d*ane circulation affranchie de tout étalon particulier; mais il n'a été donné à personne de nous indiquer le contrôle qui doit servir à fonder l'uniformité de la valeur days un système monétaire ainsi conçu. Ceux qui ont émis cette opinion n'ont pas remarqué qu'une telle circulation, loin dêtre invariable, restait soumise aux plus grandes fluctaations, que la seule fonction dévolue à l'étalon consiste à régler la quantité, et avec la quantité.la valeur delacncn* lation ; qu'enfin, sans un critérium reconnu, elle demeurerait exposée à tonttf les variations qui naîtraient de l'ignorance et de l'avidité de ceux qui l'émetienL

« On a prétendu, il est vrai, que nous devons calculer sa valeur en la eonpirant avec l'ensemble de toutes les marchandises , et non avec telle ou telk marchandise spéciale. Mais, en admettant même, ce qui est contraire à tonte probabilité , que les créateurs de la monnaie de papier voulussent régler le montant de la circulation sur ces bases, ils n'auraient aucun moyen de le hat; car les marchandises sont soumises à des altérations oontinnelies dun le» valeur relative. Et comme il est impossible de déterminer quelle est eeUs dont le prix a haussé, et oelle dont Le prix a fléohi, il faut xeoonnaitre l'impoissance radicale d'un tel contrôle.

« Certaines marchandises augmentent de valeur en raison des impôts, de Is rareté des matières premières qui les constituent, ou de toute autre cause qnî a pu accroître les difficultés de la production. D'autres, an contraire, ilédiisse&t so«s l'influence des perfectionnements mécaniques, dfuno meiUeure divlm du travail, d'une halaleté nomvoUe ûhei lit teavaîitean, en in mot, aous TiB»

Si maintenant on se reporte à ce qae nous avons dit des anciennes monnaies de banque^ on aura de forles raisons de croire qu'elles étaient étalonnées de cette façon. D*après le témoignage unanime des écrivains du temps, les banques de dépôt se servaient d*un étalon monétaire purement idéal, consistant ordinairement dans la valeur de quelque ancienne monnaie, qui avait disparu de la circulation. Cet étalon se maintenait, selon tonte apparence, en se mesurant incessamment sur la valeur de l'ensemble des choses qui s'échangeaient contre la

fluence de moyens de prodaction plus faciles. Four détenniner la valeur de la monnaie d'après l'épreuve proposée , il faudrait la comparer successivement avec l'innombrable variété de marchandises qui circulent au sein de la société, sans tenir compte, pour chacune, de tous les effets qu'ont pu produire sur sa valeur les causes ci-dessus. Cette tâche, selon moi, est tout simplement impraticable. (Ricabdo. Propasiiion» tendant à Vétablùsement d^une circulation monétaire économique et sure, (Euvree complètes, édit. Guillaumin, p. 581.) « Cette objection de Ricardo est évidemment très faible. Il^n'est pas nécessaire, en effet, de « comparer successivement la valeur de la monnaie avec l'innombrable variété de marchandises qui circulent au sein de la société •, il suffit de constater si cette masse de marchandises diverses ne subit que des fiuetuaiioiis de prix particulières, c'est à dire des fluctuations propres à chaque catégorie de produits, et qui proviennent soit d'une réduction, soit d'une augmentation des frais de production, ou, d'une manière immédiate, de l'état de VoSte et de la demande; ou bien si la masse de ces marchandises diverses qui s'échangent contre de la monnaie subit une hausse ou une baisse générale. Dans ce cas, il est clair que la variation provient non des marchandises ellesmêmes, mais de la monnaie, et qu'il faut, en conséquence, étendre ou resserrer les émissions monétaires pour maintenir l'intégrité de l'étalon. Or, maintenant surtout que nous pouvons connaître chaque jour, grâce à la rapidité de la transmission des nouvelles, les prix de toutes les marchandises sur les marchés les plus éloignés, rien ne serait plus ^ile que de constater, chaque jour aussi, s'il y a une tendance générale à h hausse ou â la baisse dans les prix.

COURS D*fccoHOMiK rounQUi, T. If. S7

4lH COURS D*ÉCONOMIE POLITIQUE.

monnaie de banque. De là ane fixité telle que Ton s'accordait généralement à regarder la monnaie de banque comme nu étalon invariable (1). Une monnaie de papier inconversible, étalonnée sur la valeur de Tensemble des produits» services, capitaux, qui s'échangent contre de la monnaie, ne serait donc autre chose que Tancienne monnaie de banque, rendue circnlable. Il y a apparence même que ce système d'étalonnage, inauguré par les banques de dépôt, aurait depuis longtemps pris la place des systèmes métalliques, si, d'une part, ceux-ci ^Vivaient point été imposés par voie réglementaire, et si , d'autre part, le papier monnaie, émis par des gouvernements aux abois,

(1) » Un florin banco, dit notamment Jacques Steuart, a une ▼alenr plus déterminée que ne l'a une livre pesant d'or ou d'argent fin ; c'est une unilé de mesure dont l'invention est due aux connaissances raffinées du oommene.

' Cette monnaie de banque est aussi invariable et aussi ferme qu'un rocher au milieu des^ots. Cet étalon idéal sert à régler le prix de tout, et pea de personnes peuvent dire exactement sur quoi il se fonde. Il n'y a pas jnsqa^ la valeur intrinsèque des métaux précieux qui ne varie à l'égard de cette mesure commune. Une livre pesant d'or ou d'argent, un millier de goinécS) d'écus, de piastres ou de ducats valent tantôt plus, tantôt moins, relatÎTement à cet étalon invariable, selon que la proportion de valeur varie entn les métaux dont ils sont composés.

» Quelque changement que les espèces monnayées subissent dans kv poids, leur finesse ou leur dénomination, rien n'est capable d'affecté U monnaie de banque. Ces espèces courantes sont considérées par la banque oomme tout autre objet d'échange. Telle est donc la monnaie de banqie d'Amsterdam. Elle peut toujours être représentée à quelque temps que ce sut, avec la plus grande exactitude par une certaine portion déterminée d'w oa d'argent ; mais elle peut être aussi peu liée a cette valeur pendant Te^Moede vingt-quatre heures qu'à celle d'une tonne de harengs. • JAoqnis Saous- Recherche des prineipee de Pwonomie politique, Liv. III, chap. II.

D^avait jeté un complet discrédit sur les monnaies dont Tétatonnage dépendait uniquement de la quantité des émissions.

L'étalon de banque étant trouvé, ou, pour mieux dire, retrouvé, il resterait à savoir si des banques de circulation libres proportionneraient toujours l'offre de leur monnaie de papier inconversible à la demande qui en serait faite, au niveau de la valeur de Tétalon, si elles n'auraient point une tendance soit à exagérer leur offre , soit à la restreindre, de manière à faire 1* ûsser ou hausser incessamment la valeur de l'étalon , en 'provoquant ainsi le retour des maux qui ont, de tous temps^ accompagné le régime du papier monnaie.

Nous connaissons assez le jeu de la loi des quantités et des prix, sous un régime de libre concurrence^ pour savoir que des banques de circulation libres seraient, au contraire, irrésistiblement conduites à régler leurs émissions de manière à produire le meilleur étalonnage possible. Supposons, en effet, qu'elles resserrent leurs émissions, en vue de faire hausser le prix de leur monnaie, qu'arrivera-t-il? C'est qu'elles réaliseront aussitôt des profits supérieurs à ceux des autres branches de la production, que les capitaux seront attirés dans l'industrie des banques de circulation, et, par conséquent, que la pro* duction partant l'offre de la monnaie de papier inconversible s'augmenteront jusqu'à ce que le niveau soit rétabli. Supposons, au contraire, que les banques émettent de la monnaie avec excès, qu'arrivera-t-il encore? C'est que cette monnaie trop offerte s'échangera à un taux insuffisant pour couvrir ses frais de production, et que les capitaux se retireront des banques jusqu'à ce que le niveau soit de nouveau rétabli. Or, comme il suffit d'un très faible déficit ou d'un très faible excédant pour amener une hausse ou une baisse comparativement

494 COURS D'ÉGONOMIB POUTIQUB.

beaucoup plus forte dans une valeur ioveslie sous une forme quelconque, jamais la quantité de monnaie émise ne pourrait sensiblement dépasser la quantité nécessaire aux besoins de h circulation, ni sensiblement demeurer en dessous.

L*a¥enir appartient certainement à ce système de circulatioD en papier, à ^alon composé, autant supérieur peut-être à celui de la circulation à étalon simple^ sous le double rapport du boa marché et de la sécurité, que la locomotion à vapeur peut Fétre aux anciens modes de transport. Il s'imposera donc tôt on tard, et d'autant plus vite, que les étalons de métal deviendront moins stables , et, par conséquent, moins propres à servir de bases à la circulation, dans un temps où la multiplication énorme des opérations à terme rend la stabilité de réialon plus que jamais nécessaire.

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