CHAPITRE PREMIER
Facultés de Hxomme»
G'e3t rfaomme ijvà crée le$ valeurs. Les motifs ^ui le portent à les créer se trouvent tellement Uës à sa nature même^ ^u'on ne peut bien les démêlejr c[u'en remontant à cette source.
L'homme, par sa nature, est un être physique^ intelligent et moral : il est doué , sous chacun de ces rapports, de ^taines dispositions naturelles, qu'on appelle ses Jacullés.
"Les facultés physiques de Thomipe comprennent ses facultés animcUes et techniques^ Les unes consi^* tent dans raction naturelle de ses organes; les autres dans l'aptitude qu'ont ces organes d'exécuter des travaux mécaniques. Par exemple, la faculté de digérer est une faculté animale ; celle de pouvoir se servir de s^ mains pour recueillir les aliipens et pour les préparer est une faculté tèchniqufs.
Sous chacun de ces rapports; l'homme a des avan-
'4o INTRODUCTIO»
tages sensibles sur les animaux. Il supporte tous les climats ; presque tous les alimens lui conviennent ; sa constitution est comparativement plus robuste que celle de Tanimal le plus fort. Sa démarche habituelle et la conformation de ses doigts le rendent propre à des travaux mécaniques que l'animal ne peut jamais exécuter; enfin le don de la parole est une prérogative qu^aucun être organisé ne partage avec lui.
Dans %es/acultés intellectuelles il faut distinguer les facultés rationnelles et les facultés esthétiques. Toutes les deux sont comprises dans l'entendement; mais les unes se manifestent plutôt par l'usage du jugement et de la mémoire, les autres plutôt par l'action combinée du sentiment et de l'imagination» L'objet des unes est le vrai, l'existant; l'objet des autres est le beau, l'idéal. — S'il y a de? espèces d'animaux qui ne sont pas tout-à-fait aépourvues de ces facultés, elles les possèdent dans un degré si inférieur aux facultés humaines, qu'il est impossible de les comparer.
Jjtsjfhcultés morales de l'homme sont encore de différente nature. Sa sociabilité, sa conscience, le penchant qu'il a de se mettre en rapport avec des êtres invisibles et surnaturels, et quelques autres sentimens qui naissent avec l'homme et qui influei^t sur presque toutes ses actions, peuvent être regardés comme autant de facultés naturelles et distinctes; mais leur classification n'est pas nécessaire au but que nous nous proposons. Ces facultés, si Ton en excepte la sociabilité, sont entièrement refusées aux animaux.
Celte légère esquisse suffira, Messeigneurs, pour TOUS faire comprendre l'étendue et la diversité des facultés humaines. Elle peut vous expliquer en même temps pourquoi les hommes, si conformes, pour la structure de leurs corps, à quelques espèces d'animaux, inférieurs même à d'autres quant aux organes des sens; pourquoi, dis-je, les hommes sont susceptibles d'un développement presque illimité, tandis que les animaux ne se perfectionnent jamais au-delà d'une certaine limite. C'est que, dans les hommes, le développement de l'individu profite à l'espèce entière, tandis que, dans les animaux, le perfectionnement est toujours isolé.
Cependant n'oubliez pas qu'originairement les facultés humaines ne sont que des dispositions» C'est par l'action qu'elles se développent.
Pour les mettre en action, il leur faut un mobile, un ressort : or quel est ce ressort ?