LIV. III, CHAP. VÎI
«voisinage des grande villes, plus. que dans les campagnes reculées.
Il y a Men quelques ouvriers qui, lorsqu'ils peuvent gagner en quatre jours de quoi subsister toute la semaine, passeront les trois autres jours dans la fainéantise. Mais à coup sûr, ce n'est pas le fait du plus grand nombre. Au contraire même, les ouvriers qui sont largement payés à la pièce, sont très-sujets à se forcer d'ouvrage, et à ruiner leur santé en peu d'années. Il n'y a presque aucune classe d'artisans qui ne soit sujette à quelque infirmité particulière, occaisionée par une application excessive à l'espèce de travail qui la concerne (a). Cette fainéantise même de trois jours de la semaine n'a souvent pour véritable cause qu'une application forcée pendant les quatre autres. Un grand travail de corps ou d'esprit, continué pendant plusieurs jours de suite, est naturelle* ment suivi par un extrême besoin de relâche. C'est le cri de la nature, qui veut impérieusement être soulagée , quelquefois seulement par du repos , quelquefois aussi par de la distraction et de l'amusement. Si on lui désobéit, il en résulte souvent des conséquences dangereuses, qui presque toujours amènent, un peu plus tôt un peu plus tard, le genre d'infirmité qui est particulière au métier.
£n terminant ici la théorie du salaire, je dois vous observer, Messeigneurs, qu'elle n'est applicable, *
(à) Deux médecins célèbres , les docteurs Rammazini et Ackermamiy ont écrit des traités particuliers sur ce genre de ^naladies.
33o paCMlàllE PARTi£.
quant à la Busaie, qu'à nos ouvriers libres , ainsiqu'à ceux de nos esclaves qui se louent eux-mêmes comme ouvriers à des entrepreneurs. Quand l'esclave travaille pour son maitre ou pour un autre entrepreneur auquisi le maître le loue, son jentreti^a n'est point un salaire, parce qu'il {n'est point déte,ri|ûné par un coiti'^ jtrat libre : j'analyse de cet entretien nous oocupeira dans le livre vni®.