LIV. III, CHAP. XI
vérité, clans un pays où toutes les terres se trouvent appropriées^ on ne peut plus s'en procurera, moins d'en acheter ; mais le prix, auquel on achète un fonds de terre, paie la rente et ne la crée point; il en est l'effet,.non la cause. Si Tacheteur donne ce prix, c'est parce que la terre rapporte déjà une rente; ainsi elle est antérieure à tous les achats. La rente règle' le prix d'achat, mais elle n'en est point réglée} elle peut augmenter et diminuer, la terre étant possédée par le même propriétaire, c'est-à-dire au même prix. La découverte d'une veine niétallique, d'ime source minérale; l'ouverture d'une route, d'uncaqal; l'établissement d'une colonie ou d'une manufacture voisine, et mille autres circonstances pareilles peuvent élever la rente beaucoup au delà de l'intérêt du capital avec lequel on a payé la terre; d'autres circonstances peuvent la faire descendre au-dessous de cet intérêt. , La rente primitive ii'a point, comme la rente du capital, un taux nécessaire. Les capitaux sont le produit du travail et de l'économie des hommes; en con-, séquence, s'ils ne donnaient point de rente, ou s'ils en donnaient une qui ne fût pas en proportion avec les pçines et les privations qu'il en coûte pour les amasser, ainsi qu'avec les risques qu'on court en lés prêtant, personne ne produirait des capitaux prêta blés. Les terres, au contraire, sotit le produit de la nature; elles n'en existeraient pas moins quand même leurs propriétaires n'en tireraient point de rentes ; et, en les louant, ces propriétaires ne courent point le risque de les perdre, parce qu'elles ne sont pas sur jeltès, comme tes capitaux, à être empm't.ôes, au
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détruites. Vous voyez que la rente primitive, n'étant nécessaire, ni pour faire exister les terres, ni pour couvrir les risques du louage , est un revenu uniquement fondé sur le droit de propriété : cependant, comme sans ce droit il n'y aurait jamais eu de capi* tauK fixés dans les terres pour leur culture, la rente, toute arbitraire qu'elle est, se trouve liée au meilleur ordre de choses possible , à un ordre qui facilite bien plus la production qu'elle ne renchérit, le produit.
La rente primitive n'a donc qu'un iaux courant; mais avant d'examiner ce taux, qui suit les mêmes règles pour les terres incultes et pour celles qui sont améliorées, voyons ce qui consdtue la rente de ces dernières.
Lorsqu'un propriétaire fixe un capital en améliorations dans sa terre, en faisant, par exemple, des saignées de dessèchement, dès canaux d'arrosement, des plantations, des clôtures, des constructions, ta rente d'une pareille terre améliorée se compose d'une ren^e primitive et d'un loyer {a).
li^s améliorations d'un fonds de terre ne sont pas toujours faites aux frais du propriétaire; quelquefois c'est le fermier qui les fait à ses dépens. Dansce cas, c'est iin capital dont il ne tire le loyer que pendant la durée de son bail , et qui, à l'expiration, ne pouvant
(a) Lorsque le capital fixé sur la terre est d'une valeur plus grande que le fonds de terre lui-même , comme c'est le cas des maisons d'habitation , la rente foncière est comprise dans le loyer. Voyez page 333.