CHAPITRE XIII
, Du profit de l'entrepreneur.
V L'mDUSTRii? de l'entrepreneur consiste à diriger remploi d'un capital ; ainsi son profit tient à la fois du salaire et de Tintérêt : il est le prix de son travail, et il se proportionne sur la grandeur du capital. Malchoses , en une «érie d'abstractions qui auraient le fâcheux effet de décrier réconomie politique en la détournant des applications, et la faisant dégénérer en argumentations sans utilité, quelquefois fatigantes pour le lecteur.
Cependant pour qu'on ne m'accuse pas de n'oser prononcer une opinion sur ce sujet, je. dirai que je regarde la terre comme un instrument qui, de même que beaucoup d'autres agens naturels , concourt à donner aux choses une utilité dont nous faisons notre pro^t, et que nous sommes disposés en conséquence à payer par d'autres produits, fruits de nos travaux. Partant elle produit des valeurs échangeables : et par conséquent des richesses. Le sol élabore les sucs dont se forment nos fruits , de même que le soleil les colore. Le consommateur à la vérité ne paie pas au soleil son utile concours , parce qu'aucun propriétaire n'a pu s'emparer de ses rayons et les céder pour de l'argent ; tandis que celui qui a enclos un champ, s'est fait payer le service du sol qui sans cela aurait été gratuit : mais devons -nous regretter cette circonstance ? Lorsque la terre est à tout le monde , elle ne produit rien pour personne; car alors personne ne veut faire l'avance de ses frais et de ses peines pour la cultiver. Que les rayons du soleil n'aient point de propriétaires , il importe
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gré cette ressemblance qu'il a avec Tinter et,, le profit est loin d'être de la nature de cette rente. L'intérêt peut être gagné sans travail , et il faut l'industrie de l'entrepreneur pour gagner son profit ; l'un .tient à la possession du capital, et, par conséquent, est aliénable à volonté; l'autre a sa source dans les connaissances, les talens, l'expérience et le travail de l'homme, et, par conséquent, ne peut être cédé qu'à ceux qui ont les mêmes facultés et le même, désir de les appliquer.
Comme le profit de l'entrepreneur provient de l'emploi d'une industrie et d'un capital, il s'ensuit que son taux nécessaire doit se composer de deux élémens ; d'un salaire d'industrie, et d'une prime d'assurance pour les risques que court le capital.
IjQ salaire de l'entrepreneur n'étant jamais payé séparément et se trouvant toujours confondu dans la totalité du profil, il n'y a d'autre échelle pour l'évaluer que le salaire courant qu'on paie dans le même lieu et à la même époque pour un travail pareil à celui d'entrepreneur. Quelquefois un chef d'entreprise , ne voulant ou ne pouvant point se charger du travail d'inspection et de direction, le confie à un principal commis : dans ce cas, les salaires de ce commis expriment exactement la valeur du travail
peu à la production; leur action n'en est pas moins efficace; elle n'exige point d'avances; mais si la terre n'en avait point , elle resterait en friche et nous serions toul-à-fait privés de ses produits, dont nous pouvons du moins jouir maintenant en payant une rétribution assez légère aux propriétaires fonciers. J.-B. S.