‹ Cours d'économie politique;Chapitre 126 sur 173 · LIV. III5 CHAP. XIY. ^Ùt · texte numérisé non relu

LIV. III5 CHAP. XIY. ^Ùt

la production, sans arrêter cette production , et con-* séquemment sans déchoir de. sa richesse actuelle (i)« Le calcul du revenu net de la société suppose la plus entière liberté dans la circulation des sources de revenus; car du moment que la circulation de quel^ qu'une de ces sources serait gênée, le prix de soii usage serait un prix de monopole et présenterait une donnée absolument fausse.

(i) La société peut consommer improductivement ]a totalité de ses produits annuels , c'est - à - dire ce que l'auteur appelle ici son revenu nécessaire et son revenu net, sans déchoir de sa richesse actuelle. Il suffit pour cela qu'elle n'entame pas ses capitaux. Or la consommation de la totalité des revenus annuels , n'entame ni les capitaux d'une nation , ni ses autres fonds productifs ( ses fonds de terre, et ses facultés industrielles ).

La démonstration de cette vérité ne peut être comprise que des personnes qui entendent bien les fonctions et l'emploi des capitaux. Leur office consiste uniquement à faire l'avance de tous les frais de production ( en y comprenant même l'intérêt du capital payé au capitaliste qui le fournit ). Lorsque le produit créé égale, sans plus, le capital avancé et le rembourse , tous les services productifs sont payés ( c'est-à-dire le service des industrieux, celui du capital et celui des terres); par conséquent tous les revenus de la société sont acquis , et peuvent être en totalifé consommés sans porter atteinte à la richesse nationale.

Il n'y a donc nulle distinction à Êiire entre le revenu né^ cessaire et le revenu net de la société. Son revenu net -est la même chose que la valeur brute de tous ses produits annuels»

Voyez ci-dessus la note de la page a 06. Voyez aussi tépi^ tome qui se trouve à la suite du Traité ^économie poUtiquè de J.-B. Say, 4* édition.

4o2 PREMIÈRE PARTIE.

Ainsi -^ quand ie travail , par exemple, rapporte un salaire superflu, il e^t nécessaire d'éxamitier si le taux é|e{V'é du salaire subsiste nlalgt*é la concurrence la plui^ libre des travàill^kirs , oU s'il est l'effet de quelque institution vicieuse qui réduit là concurrence et force les entrepreneurs à payer un salaire plus fort que l'état de la société ne l'exige. S'il subsiste malgré la concurrence la plus illimitée, c'est une preuve que le salaire est à son taux nature}, ou que le travail ne peut pas être produit à moins de frais , vu rétat actuel de Isl société ; et dans ce cas , le salaire superflu appartient en entier au revenu net de la société. Au contraire, si le taux élevé du salaire est l'effet d'un monopole , le revenu net de la société n'en est point augmenté , le salaire superflu que le travailleur y ajoute étant compensé par Ja perte qu'en soustrait l'entrepreneur.

Il en est de même des autres sources de revenus. Par exemple , lorsque les entreprises rapportent un profit net aux entrepreneurs , il faut distinguer si ce taux élevé des profits provient d'un monopole dont jouissent les produits de ces entreprises , ou s'il subsiste malgré la concurrence la plus libre. S'il est l'effet d'un monopole, le revenu net de la société n'en est point augmenté , le profit net que l'entrepreneur y ajoute étant compensé par là perte qu'en soustrait , le consommateur. Ai^ contraire, s'il subsiste malgré la concurrence la plus libre , c'est une preuve que le profit est à son taux naturel et que la marchandise ne peut pas être produite à moins de frais.

La concurrence ne s'entend pas seulement de celle

Page 1