‹ Cours d'économie politique;Chapitre 128 sur 173 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Idée de k circulation.

Dans 1« livre précédent, Messeigneurs, vous avez vu comment la distribution primitive du produit annuel s'opère au moyen des marchés conclus entre les entrepreneurs^et les propriétaires des sources de production; dans celui-ci nous examinerons les lois qui déterminent la distribution secondaire^ où celle qui se fait au moyen des marchés conclus entre les en^ trepreneurs et les consommateurs.

Chaque entrepreneur, après avoir convenablement employé les sources de production dont le concours est nécessaire à son entreprise, se trouve en possession d'un produit matériel ou d'une richesse. Ce produit constitue son capital circulant, celui dont il doit se défaire par l'échange pour recouvrer ses avances avec le profit auquel il s'attend comme à la récompense de son travail et de ses risques. Ainsi, dans chaque espèce d'industrie, les entrepreneurs devien-

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nent vendeurs d'une espèce de produits, tandis que tout le reste de la nation , et souvent même des nations étrangères, sont acheteurs de ces produits. .A mesure que les marchés se font, les produits passent des mains des entrepreneurs dans celles des acheteurs, tandis que leur valeur, représentée par le numéraire, est transmise par les acheteurs aux entrepreneurs, et met ces derniers en état de former un nouveau capital circulant, ou de créer de nouveaux produits. Ce mouvement continuel et sans cesse répété que fait le èapital circulant pour partir de l'entrepreneur el pour revenir à lui sous la première forme , est comparable à un cercle qu'il décrit : de là le nom de circulant que porte le capital, et celui de circulation qu'on applique à son mouvement. Dans un sens. plus étendu, le mot de circulation comprend, non-seulement le mouvement du capital circulant, mais en gé-? néral celui de toute marchandise, c'est-à-dire *dc toute chose qui s'éc)iange (a). Ainsi quand on parle de terres, de maisons, de rentes qui sont en circulation, cette expression n'a. rien qui doive vous sur-? prendre. Le travail même peut être dans la circùla-r tion quand il cherche uiQ emploi (i).

La; circulation se faisant par les échanges, vous

{a) Cette définition exclut de la circulation tout mouvement de richesses qui n'est pas un échange ou une Tente. Les ri^ chesses dont on fait cadeau ou qu'on donne comme aumônes, celles qu'on perd au jeu ou dont on est dupé, ne circulent point; elles ne font que changer de possesseur.

(b) J.-B. Say, Traité ^ eic, i" édit. , tom. 11^ p. 64.

4o6 PREMliaS PARTIE.

voyez bien que le mouvement de chaque marchan-» dise suppose celui de quelque autre marchandise en sens contraire. Du moment que l'usage du numéraire est introduit, les marchandises ne circulent plus en sens ccmtraire des marchandises , mais en sens contraire du numéraire; en <l'dutres termes, elles ne s'échangent plus, elles se vendent.

Il est important d'observer que la circulation n'est point achevée lorsque l'entrepreneur a v^sndu son produit ou qu'il a changé sop capital contre du numéiistire : la circulation alors est bien complète pour l'entrepreneur, mais elle ne l'est pas pour la nation dans le sein de laquelle elle s'opère. Un marché, nous l'avons déjà ebservé , n'est que la moitié d'un (roc (a) : or la circulation n'est réellement accomplie que quand le troc est achevé, ou que le consommateur s'est procuré la marchandise en échange d'une autre qu'il a produite lui-même ou qu'il a fait produire, l^nt qu'une marchandise n'est pas parvenue au consommateur, ie capital qui a servi à la produire existe toujours en elle; ce n'est donc pas le même ca{Ntai, mats un nouveau qui retourne entre les mains de l'entrepreneur, et donne de l'activité à son travail. L'existence de ce nouveau capital est due à la divi^ sion des capitaux nationau'^, dont une partie qui demeure entre lés mains des marchands^ est destinée à remplacer ahemativement tous les capitaux des pror ducteurs(3).

{a) Voyez page 89.

{b) Voyez page a<y.

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