LIV. IV, CHAP. II. 4* I
fondée que sur une simple variation dans h$ prix.
Vou$^ voye? que, semblable en cela au capital, la circulation n'est productive que lorsqu'elle donne un profit à la société; elle peut en donner aux par* ticulier$, et cependant être stérile, tout couiipe les capitaux (a). Or la circulation ne rend de profit à la société qu'autant qu'elle est indispensabie.pour faire parvenir la marchandise au consommateur (i). Tout détour , tout retard , tout échange intermédiaire qui n'eM pas absolument nécessaire à cet effet , ou qui ne contribue pas à diminuer les frais de la cipcula-» tion, devient nuisible à la richesse nationale, en élc'^ vant inutilement le prix des marchandises.
La ciroilation est d'autant plus productive qu'elle est plus rapide, c'est-à-dire qu'elle demande moins de temps pour délivrer l'entrepreneur de l'ouvrage fait qu'il expose en vente, et potir ramenei* vers lui le capital sous sa première forme. L'entrepreneur ne
^<z) Vuyez page 217.
(i) En 4'autr€s6 mop&i il n'y * dp ripN^fre prodilite qm lorsqu'il y a une otilité produite et que cett^ utilité a ^I^ei valeur. A-insi un transport commercial ( £ût - ce même celui qui s'opère entre le marchand en gros et le marchand en détai! ), en approchant la denrée du consommateur, en facilitant la 'Consonimation , est un service utile; il donne à la denrée nn^ qnnUté, ime propriété, qu'elte n'atait pas : celle d'être a po|*tée diç celui qui en a besoin ; de lui ^p^rgner de 1^ pi^ne ou des frais. Mais .toui transport , tou.l.e vcinite ,. tout achajt cjui ne rend aucun service , qui ne produit aucune utilité , ne procure rien au consomhaateur en échange de son argent, et lui prend une portion de' richesse sans Ini donner aucun équivalent. J.-B. S,
4ia PREMIÈRE PARTIE.
peut recommencer la production qu'après avoir vendu le produit qu'il vient d'achever, et après en avoir employé le prix à l'achat de nouvelles matières et de nouveaux salaires : ainsi plus la circulation est prompte à opérer ces deux effets, plus tôt il est en état de recommencer sa production, et plus son capital fournira de produits dans un espace de temps donné. Supposons un manufacturier qui dispose d'un capital suffisant pour entretenir et employer 3ooo ouvriers pendant un jour : si son produit est de nature qu'il puisse être acQOtnpli, et si la circulation est assez rapide pour qu'il puisse être échangé contre un nouveau capital dans l'espace d'un mois, il est clair que cet entrepreneur pourra tenir habituellement à ses gages 100 ouvriers, et ces ouvriers feront pour lui dans une année 36,5oo journées de travail. Que la circulatiou soit lente au point qu'il faille au même entrepreneur trois mois pour achever et échanger son produit, il ne pourra payer en tout que 9 1^2 5 journées d'ouvriers pendant le cours de l'année , ou l'un portant l'autre, il n'aura à son service que ^5 ou-r vriérs chaque jour {a). Il est donc clair que, dans le premier cas , il fera dans un temps donné quatre fois plus d'ouvrage avec le même capital que dans le second. On peut comparer aux semences du laboureur le capital circulant employé à la production; la nation dont le capital circule avec assez de rapidité pour revenir plusieurs fois dans l'année à celui qui
(a) Nous négligeons dans ce calcal de tenir compte des jours de repos , qu*il faudrait déduire de part et d'autre.