CHAPITRE IV
De la ptop^otctiQH dans ]at[aelle les différens élémens déter-' minent le prix nécessaire des marchandises.
Nous venons de voir que le prix nécessaire des marchandises varie suivant le taux courant des élémens qui le compose];^;; qu'il est haut ou bas suivant que le taux des salaires, des rentes et des> profits est haut ou bas. Lorsque le prix nécessaire
(i) M. Storch est à ma connaissance le seul économiste politique qui regarde les effets de l'impôt sur le prix des marchandises comme n'étant pas du ressort de la science qu'il professe.
L'impôt est une partie des frais de production, et il ne serait pas difficile de prouver qu'il en est une partie néces^ saire. Il est donc impossible de le négliger dans l'étude de tous les phénomènes qui accompagnent la production, phéno* mènes qu'il complique à un très-haut degré. «
Il joue un très- grand rôle dans la distribution des richesses , en ce qu'il transporte aux uns des valeurs produites par les autres.
Enfin il pourvoit à tine partie importante des consomma^
d'une ntardbandise ne comprend qu'un seul élément ^ sa hausse ou sa baisse ne dépend que de la hausse Qu de la baisse de cet élément; lorsqu'il est composé de plusieurs élémens , là hausse de l'un peut être compensée par la. baiisse de l'autre , et le prix nécessaire peut rester le même. Ces vérités sont tri* viales, mais elles nous mènent à des conséquences importantes ; c'est pourquoi je m'y arrête encore un moment.
Le prix nécessaire des petits fruits et des chàm* pignons amenés au marché de Saint-Pétersbourg, ne se compose que des salaires du travail qui les recueille et qui les porte au marché. Le bois de construction et de chauffage que les propriétaires de nos grandes forêts vendent sur pied, se réduit à la rente foncière que paie le soi. Ainsi le prix néces-» saire de ces produits ne peut monter ou baisser^ (fae lorsque te taux des salaires et de la rente foncière monte ou baisse.
Cependant les marchandises de cette espèce sont si rares qu'il est difficile d'en trouver des exemples. La plupart des marchandises supposant de l'industrie^ des capitaux et des fonds de terre pour être produites , il s'ensuit que le prix nécessaire de la plupart des marchandises se compose de tous les quatre
tions d'une nation , dermer terme et objet final que se pro^ posent la produption et la distribution des richesses.
Une législation financière qui ne serait pas éclairée des lumières de l'économie politique, serait digne des Arabes Bédouins. J.-B. S«
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élemensw Dans ce cas leur prix est détepmiiié par le taux de chacun de ces él^meifô, mails particulièrement par le taux de celui qui y entre dàits une proportion plus forte que le& autres» Lorsque le prix nécessaire d'une marchandise est composé de tous les quatr^e élemens mais principalement de salaires, il sera plu» affecté d'une variation daiiis le taux des salaires^ que df'ua changement dans le taux des rentes et du profit.
Quelle que soit la proportion dans- laquelle les élément se trouvent combinés dans le prix nécessaire des marchandises , il est clair que ce prix doit baisser quand le taux, courant de ces élémens baisse; et qu'il doit monter quand ce taux monte. Mais il est im* possible que le taux de tous les élém^ns monte ou baisse à la fois. Vous avez reconnu , Messeigneurs , que ,. dans l'état progressif de la société ,. l'accroissenkent des capitaux fait baisser les rentes des capitaux et les profits des entrepreneurs, tandis qu'il fait hausser les salaires et la rente foncière (a). Ainsi la eause qui détermine en dernière analyse le taux courant des élémèns du prix, cet^e cause, dis-je, agit d'une manière tout-à-&it opposée sur les uns et sur les autres.
Cette observation nous fournit une conséquence extrêmement remarquable , c'est qu^ la hausse des salaires, lorsqu'elle est la syite naturelle de l'amé-! lioration de la société , ne contribue que faiblement à élever le {^ix des marchahdises , parce que cette
(a) yoy«z les pages 3io, 34a, 345 ^ 371 et 37a.
hausse est compensée par la baisse des rentes du capital et du profit de l'entrepreneur. D'ailleurs , quand la société s^enrichit, la même cause qui fait hausser les salaires , savoir Taccroissement des capitaux , tend aussi à augmenter les facultés productives du travail , c'est-à-dire elle tend à mettre une plus petite (piatitité dé travail en état de produire une plus grailde quantité d'ouvrage. Avec l'accroissement des capitaux, la division du travail est poussée plus loin, l'entrepreneur acquiert plus d'intelligence, ^ l'ouvrier plus de dextérité, et ils sont assistés de meilleurs outils. Il y a donc une infinité de marchandises qui, en conséquence de ce perfectionnement de l'industrie, viennent à être produites avec un travail tellement inférieur à celui qu'elles coûtaient auparavant, que la hausse des salaires se trouve déjà plus que compensée par la diminution dans la quantité de travail, sans évaluer même la compensation qui résulte de la baisse des rentes du capital et des profits.
Ainsi, quoique les salaires soient plus élevés dans les pays qui vont en s'enrichissant , les circonstance^ que nous venons de considérer, mettent cependant ces pays à portée de vendre à aussi bon marché , et même à meilleur marché, que leurs voisins pauvres chez lesquels leir salaires sont plus bas. La seule espèce de marchandises dont le prix nécessaire augmente réellement par la hausse naturelle des salaires, ce sont celles dans le prix desquelles le salaire entre pour une plus grande part quelles autres élémens; c'est-àdire celles qui sont composées de matières premières