LIV. IV, GHAP. V
demande. Alors ces marchandises ne sont point produites.
Dans un pays pauvre, des choses d'une utilité bien commune et d'un prix peu élevé, excèdent souvent les facultés d'une grande partie du peuple. Il y a des pays où les souliers, quoique peu chars, sont audessus de la portée de la plupart des habitans. Le prix courant de cette denrée ne baisse pas au niveau des facultés du bas peuple, parce que ce niveau est au-dessous de son prix nécessaire. Mais des souliers n'étant pas à la rigueur indispensables pour vivre, les gens qui sont hors d'état de s'en procurer, portent des sabots, comme dans quelques provinces de la France, ou des chaussures faites d'écorces d'arbres, comme dans quelques provinces de la Russie, ou bien ils vont pieds nus. Quand malheureusement cela arrive pour une denrée de première nécessité, une partie de k population périt, ou tout au moins cesse de se renouveler (a).
Quant au besoin d'une marchandise, il est déterminé, non-seulement par la nature de l'homme , mais encore parle climat, le tempérament, les habitudes d'une nation. Comme ces considérations nous ont déjà occupé dans les livres précédens, il est ibutile de nous y arrêter davantage.
{à) J.^. Say ; Traiié, etc., i"^* édit., liv. III, chap. 3.