LIV. IV, CHA.P. VIIl
. Yoilà pour le prix nécessaire des blés, heur prix courantiiQ peut pas non plus varier considérablement à des époques éloignées. Le blé est toujours un pro* duit de Tindustrie , et jamais un don spontané dé la nature : or le produit moyen de toute, espèce d'industrie s'assortit toujours avec plus ou moins de précision à la consommation moyenne ou à la quantité moyenne de la demande. D'un autre côté, le blé étant la principale nourriture des hommes dans tous les pays agricoles, si sa production s'accroît, sa consoiTimation augmente nécessairement et dans la même proportion; car si la quantité du blé s'accroît , elle fait encore accroître la population qui le consomn^e^ Comme ces circonstances ne se réunissent en fs\veur d'aucune autre denrée ^ on en peut conclure avec beaucoup de vraisemblance qu'il n'y en a aucune dont le pri;x; réel change moins dans un long e^ce de temps que celui des blés, quoique ce dernier soit exposé à^ varier considérablement d'une année à l'autre, par l'inégalité des récoltes. Ce qui confirme cette conjecture, c'est que le prix numérique même du blé , pourvu qu'il soit calculé sur un^ grand nombre d'années, ne présente que peu de variations; que ce prix est resté partout à peu près le même , dans les temps anciens comme dans les temps moderpes , chez les pf^uples barbares comme chez les nations florissantes; qu'il n'a baissé sensiblement qu'à ces. époques où l'argent est devenu plus rare, et qu'il ne s'est élevé sensiblement, que lorsque l'argent est deveUiU plus commun : observation de laquelle on
peut inférer avec la plus grande probabilité, que ces variations dans le prix relatif du blé et de l'argent sont dues à l'instabilité de la valeur de l'argent , plutôt qu'à celle de la valeur du blé; ou que c'est le prix' numérique du blé qui a varié, et non son prix réel; Afin de prouver ces faits et de les mettre en évidence, Garnier, dans.Ies notes savantes qui accompagnent sa traduction de Smith, a recueilli sur lé prix du froment chez les anciens les indications qui se trouvent dans 1(*3 ouvrages des auteurs contemporains; il y a joint une liste très-détaillée des prix annuels du froment en France, depuis le commence-» ment du treizième siècle jusqu'à la fin du dix-huitième. J'en ai extrait le tableau suivant , qui ne présente que les prix moyens, calculés sur un grand nombre d'années. J'y ai ajouté les prix moyens du froment en Angleterre, suivant les données fournies par Smith et par d'autres auteurs plus récens; enfin, pour faciliter la comparaison,' j'ai réduit les mesures étrangères au tchetvert, et les monnaies au rouble d'argent.
Prix moyen du tchewert de fronient en Europe :
i^. Depuis les anciens temps jusqu'à l'année i545y époque à laquelle l'irruption des richesses métalliques du Nouveau-Monde devint sensible :
roobl. .oop.
En Attîque, au temps de Solon i »
A Rome, au temps de Cicéron i 4^
Sous Valentinien III, Tan 44^ ^ . . . . i 68
ance.
En Angleterre.
roabl. cop.