DE LA RICHESSE NATIONALE
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Des différéns systèmes sur la nature et l<es sources de la
richesse nationale»
La. théorie de la richesse nationale a pour objet de faire connaître les lois d'après lesquelles les ri^chesses se produisent, s'accumulent, se distribuent et se consomment dans le sein d'une nation. C^est la partie de la science économique dont on s'est occupé presque exclusivement jusqu'ici, et qu'on a professé sous le nom d'économie politique.
Cette doctrine est née chez les modernes, car les Économiques de Xénophon et A'jâristote, les seuls écrits de ce genre qui nous soient parvenus des anciens, peuvent à peine compter pour un commencement de la science, tant leurs principes sont incohérens et défectueux (^a). Chez la plupart ^es peuples anciens, l'agriculture était la seule profession industrielle qui jouissait de quelque considération ; ils regardaient comme vils les arts mécaniques .et le commerce, dont ils abandonnaient l'exercice aux esclaves et aux affranchis (^). La richesse elle-même était
(a) Celui de ces Traités qui passe sous le nom d'Aristote, est si peu digne de ce philosophe que les meilleurs critiques sont d'avis qu'il n'est pas de lui.
[b) « Il est clair, dit Arîstole, que dans un état aussi parfaitement constitué ^ qui n'admet pour citoyens que d'honnêtes cens, non de ces gens honnêtes à quelques égards, mais pureiQent et simplement honnêtes , ^il ne faut point y compter au
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considérée comme un mal plutôt que comme un hiett^ et les philosophes, les moralistes et les législateurs de l'antiquité s'accordaient à les condamner. Ce mépris pour la richesse et pour les occupations qui la font naîtrç, ne pouvait guère conduire à l'examen de sa nature et de ses causes : le philosophe qui aurait voulu se livrer à cette recherche, se serait dégradé aux yeux de ses contemporains^ ' Quelque préjudiciable que fût cette défaveur de l'opinion pour la science de la richesse nationale, elle produisait cependant le bon effet que l'industrie restait abandonnée à elle»même. Indifférens sur tout ce qui regardait cet objet, les gouvememens anciens ne s'imaginaient pas qu'il leur appartenait d'enrichir leurs administrés; ils laissaient les intérêts partiouliers suivre leur pente naturelle, et s'en remettaient à leur activité du soin d'élever des fortunes. Les gouvememens modernes de l'Europe, depuis que le^r administration eut pris une marche plus régulière, et plus assurée, suivirent un système tout contraire^ Malheureusement le principe qu'ils adoptèrent pour base de leurs mesures administratives, était aussi faux en théorie que nuisible dans soti application, pomme vous pouvez vous en convaincre par l'analyse succincte que nous en allons faire.
nombre des citoyens les personnes engagées dans les professions mécaniques ou dans le commerce , ce genre de vie étaut ignoble et contraire à ]a vertu; pas même les cultivateurs , car il faut plus de loisir qu'ils n'en ont pour l'acquisition des vertus et pour l'exercice des charges civiles. » Politique, liv. VII, chap. 9.