LIV. I, CHAP. II. l4t
comme une machine; mais cette machine n'est pas toujours également propre à fixer la puissance de la , nature : la qualité du sol et le climat y apportent des différences énormes. Ainsi Tétendue du terrain qu'une nation habite ne prouve rien pour ses richesses naturelles. L'empire de Russie comprend au delà dé 3oo>ooo milles carrés , mais la cinquième partie de cette vaste étendue est située sous le cercle polaire, où la puissance de la nature est paralysée par le froid; une autre portion très -considérable n'est composée que de sables et de landes , où la qualité du sol rend la puissance de la nature inactive/
La fertilité du sol se manifeste tantôt par l'abondance des produits, et tantôt par leur variété. Un pays de plaines peut fournir en abondance du blé, et manquer de vins, de métaux. Un pays montagneux fournira des métaux, et ne sera point propre au labourage. Les pays dont le sol est tellement varié qu'il comprend des plaines, des coteaux, des montagnes et des vallées, ces pays, dis-je, sont susceptibles d'une plus grande variété, de produits que les pays uniformes. Si les premiers sont encore coupés par des rivières navigables et qu'ils avoisinent la mer, ils réunissent tous les avantages qui peuvent résulter du profit de leur territoire.
Il importe plus à une nation d'avoir une grande variété de produits naturels, que d'en posséder certaines espèces dans une abondance qui surpasse sa consommation. Telle est l'heureuse position de la Rus-» sie. Comprenant dans son étendue 87 degrés de latititude, depuis les frontières de l'Arménie jusqu'aux
t^l PBEMIJiRE I>àATIE.
MeÈ de la itier Glaciale, son profil pt*ésénte encore toutes les Variations dont un territoire est susceptible. Le centre dé ce vaste empire s*étend en plaines Fertiles qui produisent du blë en abondance ; plusieurs de ses provinces ocîrcidentales fournissent le meilleur lin qui soit éti^EUÏ'ope; les cohtrëes méridionjales, s'ëleVant pour forttier des coteaùk , sotit favorables à la culture des Friiitîi, du mûrier, de la Vîgtie, et secôttdeiit 1^ multiplication deà bêtes à laine. Les cheVaùx du Càttcasé et les bêtes à cornés de la Podôlie Fôï*tttetit'les pltls belles races de ces animaux qu'il àôit possible de voir. Nulle pat*t en Europe les abeille^ ne donnent un pluB grand produit que dïe± taoûs. Les ihineà de la Russie produisent tous les i^étaux, et les plus utiles s'y trouvent danS là plus grande abondance, dte mêtalié que le sel. Des forêts immenses foiirnlsseht du bois dé cbnsti^Uctioti et de chauffage; et si jamais ce iconVbuètiblé venait à nianquer, de riches carrièlî'es de charboù àe terré pourraient y si)ppléei^. Enfin où est lé pays d-ont la pêche soit plus abondante <|ue celle dé nos rivières et de nos côtes, ef où le produit dé là chàsàé présente une valeiir plus cotisidérable que chez nous ?
Lé climat d^un pays hé àe déteilnine pas seutenlént par sa distance de Téquateur : l'élévation dU terrain, lé vbimn'àjgé dé la mer, là direction des chaînes de moiltaghes, et plusieurs autres Catises y influent beaucoup. Québec est à peu près à la même latitude que Paris ; et cëpehdant le Canada est couvert de glaces là moitié dé l'année. H en est de même d*Une grande pattie die la Russie, qui est beaucoup plus froide que