‹ Cours d'économie politique;Chapitre 30 sur 173 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Puissance dç la nature.

La puissi^nce de la nature agit tantôt seule, tantôjt diirigée et secondée par le travail ]b9m;ain. Abaur donnée à elle-même , elle fournit s<>uvent des nonvaleurs , c'est-à-dire (des fchoses dràs lesquelles nous ne reconnaissons aucune utilité : dirigée par le tra^ vail , il est rare qu'elle ne produise des valeurs*

Un pays n'est pas stérile pour être inculte. Dans une contrée abandonnée à elle-même, la nature peut déployer toute sa puissance, mais elle sera toujours

l48 PREMIÈRE PARTIlE.

pauvre en valeurs; elle fournira une quantité de substances matérielles, mais ces substances ne seront point des richesses , elles ne seront d'aucune utilité 'à l'homme, La terre y sera couverte d'épaisses forêts , d'herbes inutiles ou nuisibles ; les eaux seront croupissantes et formeront des marais; les bois seront peuplés d'animaux sauvages qui disputeront à l'homme et sa vie et le peu de nourriture qu'il y trouvera; l'air sera obscurci par des nuées d'insectes qui lui causeront des plaies et des ulcères. L'homme, en mettant cette terre en culture, n'augmente pas la puissance de la nature , mais il la dirige et la rend utile pour lui : il détermine la nature à produire des plantes nourricières à la place des plantes inutiles et vénéneuses qu'elle fournissait jusque-là; en exterminant les animaux nuisibles et en soignant les races utiles, il décide la nature, à consacrer à la reproduction de ces races les facultés reproductives qu'elle dissipait en multipliant les animaux inutiles ou dangereux.

C'est ainsi que l'homme force la nature à travailler de concert avec lui dans la production des' richesses : il dirige sa puissance. Et ce n'est pas seulement dans la culture de la terre que celte puissance lui obéit : tous les métiers en profitent, et peut-être est-elle plus active encore à servir l'artisan que le laboureur.

Le feu amollit les métaux: le forgeron en profite pour leur donner une forme qui les rend utiles. L'eau, le vent, l'élasticité des vapeurs, de l'acier, sont des forces physiques : l'homme les emploie à faire tourner les moulins, à soulever des masses énormes, à faire aller des machines. La chaleur du soleil fait évaporer

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