‹ Cours d'économie politique;Chapitre 31 sur 173 · LIV. I, CHAP. III · texte numérisé non relu

LIV. I, CHAP. III

Veau : l'homme s'en sert pour faire cristalliser le sel.

Et pour parler aussi du négociant , la nature n'estelle pas l'agent officieux qui lui prépare ces canaux, ces réservoirs pour la navigation intérieure, et dans les pays du nord ces routes glissantes qui facilitent le transport? Ne se charge*t-ellepas, elle seule, de voiturer, sous la direction du pilote, ces magasins flottans qui portent les marchandises à travers les flots d'un hémisphère à l'autre ? Et si le pilote sait diriger à son gré le vaisseau, n'est-ce pas à l'aide du magnétisme qui dirige l'aiguille de sa boussole ?

a Voilà comment nous tournons à notre profit toutes les lois du monde physique. Nous sommes presque toujours en communauté de travail avec la nature. II. est facile de s'apercevoir que dans cette €K)mmuDauté l'homme gagtie doublement à rejeter sur la nature la plus grande partie possible des travaux matériels. '

a II y gagne, soit une exemption de travail, ce qui est une exemption de peine, soit une augmentation de produits, et souvent ces deux avantages ensemble.

(c Les ancien» ne connaissaient pas les moulins. De leur temps c'étaient des hommes qui broyaient le blé pour en faire de la farine. Il fallait bien vingt hommes pour broyer autant de blé qu'un moulin à vent en peut moudre. Or un seul meunier , deux au plus , suffisent pour alimenter et surveiller le moulin.. Ces deux hommes, à l'aide de cette ingénieuse machine, donnent un produit égal au produit que donnaiient

l5o ' PREMIÈRE partie:

vingt hommes mx temps de César; nous forçons donc le vent à faire l'ouvrage de dix-huit hommes. Or, les dix*huit hommes que les anciens employaient de plus que nous à ce travail , peuvent de nos jours trouver à se nourrir comme autrefois^ puisque le moulin n'a pas diminué les produits de la société, et en même temps leur industrie peut s'appliquer à dréer d'autrei produits et à multiplier nos richesses (a)* »

CHAÏ^ITftE iv.

Travail — indturtriel — productif-^ libre^

Le traitait est Factioil des facultés humaines, dirigée vers un bût utile. Les. actions qui n'cnat point en vue un résultat utile, ne méritent pas d'être appe* lées travaux.

Ainsi tout travail a pour but de produire des valeurs; mais comtne nous avons distingué deux, classes de valeurs, il faut aussi distinguer deux genres de travail : Vindustrie^ qui s'applique à produire des richesses , et le trai^ciil immatériel^ qui s'occupe à produire des biens internes. Or, comme le même travail ne saurait être directement productif dans les deux genres, nous devons ici considérer l'industrie comme productive seùleiiient en richesses, et le ti^avail immatériel comme productif seulement en biens internes ;

{a) J.-B. Say: Traite^ ète., i" édit., tom. I, p. ^9.

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