LIV. I, C3AP. IV, l
la première comme stérile pour la civilisation, le second comme stérile pour la richesse nationale (a).
L'industrie- se compose d'un nombre infini de tra* vaux particuliers , mais qui se rangent naturellement dans les quatre classes suivantes : '
La première comprend les travaux qui recueillent ou exploitent (es produits spontanés de la terre ; — la seconde, ceux qui déterminent la terre à produire suivant les vues de l'homme;' — la troisièmîe^ ceux qui préparent les produits bruts de la terre et du travail, afin de les approprier à Tusage de l'homme; — enfin la quatrième embrasse les^travaux nécessaires pour échanger tous ces produits de la nature et du travail, c'est-à-dire pour les faire parvenir du pro-* dncteur au consommateur. La première classe dea travaux industriels comprend trois branches princi-* pales, la chasse, la pêche, et le travail des, mines; elle est comjn^ise avec la seconde sous le nom commun à! industrie agricole {b) ; la troisième s'appelle l'widustrie manufacturière; et la quatrième, V industrie commerçante.
Nous verrons par la suite que les trois dernièrea classes supposent chacune un accroiss^nent propor« tionnel de richesse et de civilisation pour être exer-
(a) Voyez le chap. I, p. i37,
{b) Il serait à désirer qu'on eût un terme particaii^r pour distinguer les travaux qui recueilLeni ou exploitent les produits spontanés de la terre. Je n*ai pas osé en créer un y dans luie langue qui m*e$t étrangère ; mais j'en ai fortement senti le besoin dans le cqurs de mon travail.
l52 PREMIERE PARTIE.
cees dans toute leur étendue : ainsi le développement du travail industriel , quand il est abandonné au cours naturel des choses, suit nécessairement dans chaque peuple, le même ordre dans lequel je vous ai présenté les différens genres d'industrie. Le premier travail auquel une peuplade sauvage puisse se vouer, c'est la chasse ou la pêche : elles sont l'occupation des peuples chasseurs {a). Les progrès de la tribu la conduisent ensuite à fonder sa subsistance sur la multiplication des animaux utiles : c'est Tindustrie àes peuples pasteurs ou nomades. L'époque la plus décisive pour la richesse et la civilisation d'une société, c'est lorsqu'elle pasâe à la vie sédentaire et qu'elle se constitue wn peuple agricole. Enfin, à mesure que sa prospérité avance, il lui est possible de devenir un peuple ma-nufacCurier et commerçant. Le point de vue d'oîi nous considérons l'industrie, est toujours celui de sa plus ^ande extension, à moins que lé contraire ne soit expressément indiqué.
LUqdùstrie est la principale source de la production des richesses; mais est-elle toujours productive? Yoilà une question assez délicate, et qu'il importe avant tout d'éclàircir.
Nous avons reconnu que le travail , aussi bien que la nature, ne sont productifs, dans le sens de l'éco-
(â() Cette dénomination, comme vous voyez, n'exclut point la pêche y mais bien le travail des mines; celui-ci suppose tant de moyens , que les peuples sont raremebt en état de l'exercer avant d'ayoir embrassé l'agricnlture et introduit chez eux les arts les plus nécessaires.