XIV. I, GHAP. l'V. l
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nomie politique, qu'autant qu'ils fournissent des valeurs. Dans la théorie de la richesse nationale , oh il ne s'agit que de valeurs échangeables, ces causes ne sont productives que lorsqu'elles fournissent de pareilles valeurs. Or la valeur échangeable, comme vous le savez , ne dépend point de Topinion du producteur, mais de celle du consommateur; ainsi cette dernière seule décide si l'industrie du travailleur a été productive ou non.
Il s'ensuit que le travailleur, pour rendre son industrie productive , doit consulter Topinioti du consommateur, et il néglige rarement de le faire. Le travail est une peine, et cette peine ne serait suivie d'aucune récompense.' si elle n'était pas productive en valeurs {a).Ovj comme la nature ne consulte jamais l'opinion, il en arrive que le travail est plus régulièrement et plus constamment productif que la puissance de la nature, quand celle-ci est abandonnée à elle-même.
^ Cependant, cette considération n!épiiise pas encore le sujet de la question. IjC travail de la nature ne coûte; rien ; celui de l'homme exige des avances. Dans tous les cas il faut au moins que le travailleur soit nourri, vêtu, logé; le plus souvent il a besoin, outre cela, de matériaux et d'outils. Comment, par exemple, le laboureur produirait-il du blé , s'il n'avait pas de quoi s^entretenir depuis le temps des semailles jusqu'à celui de la récolte, et s'il manquait de semences, de bestiaux et d'instrumens aratoires?
{a) Voyez rintrodactioji, p. lai.
l54 PREMlàR£ PARTIE.
Ces vivres, ce bëtàil, ces instrumens, se consomment plus ou moins pendant son travail. Les subsîs^ tances dont se nourrit le travailleur sont détiiiites ; sa démeure 9 ses. vêtemens, ses outils s'usent et se dégradent par l'emploi qu'il en fait. Si le produit de son travail, venant à être échangé, ne ledédomma* geait pas pleinement de tous ces sacriâces, son travail aurait consommé plus qu'il n'aurait produit; en d'autres termes, il aurait été improductif.
Ainsi le travail industriel , pour être productif , doit au moins produire la valeur de la consommation qu'il a occasionée. La puissance de la nature est productive aussitôt qu'elle piroduit une valeur; l'industrie humaine ne l'est que lorsqu'elle produit une valeur suffisante pour remplacer les frais de production.
Si l'on voulait pousser plus loin la Subtilité du nusonnement, on pouriiait soutenir que le travail in* dustriel qui 66 paie lui-même n'est pas encore un travail productif. En effet, pour mériter. cette qualification djsms le sens le plus strict, il ne suffit pas que le travail industriel reproduise ce qu'il a coûté; il faut qu'il produise une valeur en sus, qui paisse augmenter la t*ichesse nationale. Mais en bornant de cette manière la notion du travail productif, elle ne serait plus applicable à une infinité de travaux indus*triels qui rendent à peiae ce qu'ils cons^omment, et dont l'action contribue cependant à maintenir la tït chesse nationale ^ quoiqu'elle ne la &sse pas aug-^ menter.
Au reste, chaque genre d'industrie, pris en général, est toujours productif, quoique dliaque travail