‹ Cours d'économie politique;Chapitre 35 sur 173 · CHAPITRÉ V · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ V

Importance du trayait dans la piroduction des richesses.

Nous avons vu de quelle manière la nature est active dans la production des richesses : le rôle que le travail y joue est bien plus important. La nature fournit spontanément des richesses : mais il faut du travail pour s'en emparer, pour les rendre propres à notre usage, pour les transporter du lieu où elles abondent à celui où l'on en a besoin. La nature aide le travail , mais pour la déterminer à cette coopération, il faut encore du travail. Ainsi, quelle que soit la libéralité de la nature , aucun de ses produits spontanés, aucun effet de sa puissance ne peuvent devenir immédiatement utiles à l'homme , sans supposer du travail. Les produits mêmes les plus communs de la nature ne s'obtiennent qu'à ce prix. Lorsque je suis loin de la rivière , l'eau me coûte le travail de l'aller chercher; Idrsque je suis sur le bord de la rivière, elle me coûte le travail de me baisser pour en prendre. Si je ne vais pas la chercher moi-même, je payerai le travail de celui qui me l'apportera. On peut en dire autant du sable ou du grès ; car dans les villes mêmes qui sont situées sur le terrain le plus sablonneux, cet objet occasionne une dépense à la plupart des ménages (d).

(à) Un auteur moderne nous instruit du prix courant de

l58 PI^EMIER^ PARTIE.

S'il faut du travail pour se procurer les richesses que la nature répand partout avec la plus grande profusion et qui se trouvent partout sous nos mains ^ que ne sera-ce pas de celles que la nature distribue avec parcimonie ou qu'elle cache dans le vaste espace des airs, dans les abîmes de la mer, dans les entrailles

l'eau à Lisbonne. La barique de vingt ou de vingt-quatre pintes y coûtait en 1796 :

En hiver i5 rées, environ i sou 10 deniers de France. En été ao 26

Quelquefois So S 9

Eff évaluant^ continue l'auteur , U population de cette capitale à trois cent mille âmes, en comptant seulement cipit} kariques d'eau par mois pour chaque individu , et en ne portant le prix de chaque barique qu'à deux sous pendant toute ï^année, il eu résultera une sonmie de 1,800^000 Ut. tournois (environ 4^0,000 roubles d'argent) dans un an. Tableau dé Lisbonne p Paris, 1797, p. 21 i. — La ville de Saint-Pétersbourg est traversée par les bras de la Neva et p;ar plurieurs canaux; mais l'eau y est également un objet très-coùteux pour les habitans. Dans la ville d'Odessa , un tonneau d'eau potable se vend ordinairement deux rouble^ assignats.

Ainsi l'eau est une richesse , tout comme l'or et les dia-. mans., car c'est un objet échangeable, qui a souvent un prix. D'autres objets plus vils et plus dégoûtans se rangent daits la niéme classe. A Paris et dans plusieurs autres grandes Tilles on afferme le droit d'enlever les boues, que l'entrepreneur de la ferme revend avec pi'ofit. A Leeds , à Hallfax 9 etc. , où l'urine est employée à la foulure des draps , cette liqueur est recueillie par les domestiques et vendue à des collecteurs qui la portent aux fabriques. v Cette marchandise y court sous le nom de old lanU ( Becmann, Technologie, pajg. 75.)

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