‹ Cours d'économie politique;Chapitre 36 sur 173 · LIV. I, CHAP. V. l5g · texte numérisé non relu

LIV. I, CHAP. V. l5g

de la terre? Le sauvage ne vit que des dons spontanés de la nature : mais à quel travail pénible, à combien de dangers n'est*il pas exposé pour se les procurer ! Placez-le dans la contrée la plus fertile , entourez-le d'une abondance d'alimens , et mettez-le dans l'impossibilité de travailler ou de faire travailler d'autres pour lui ; il mourra de faim au milieu de cette abondance.

Mais quelle que soit la fertilité naturelle d'un pays, nulle part la nature n'est assez libérale pour fournir spontanément toutes les richesses qu'exigent les besoins de l'homme civilisé. Observez la terre encore vierge dans un des plus beaux climats de l'univers. Le continent austral qu'on nomme la liTouyelle-HoUande , est tel qu'il est sorti des mains de la nature ; ses habitans n'en ont point changé l'aspect. Quel spectacle nous offre cette terre heureuse? Propre à se couvrir des fruits les plus exquis , (les plus riches moissons , elle peut à peine fournir à ses habitans nus et clairsemés de quoi apaiser leur faim, tandis que sur le sol le plus ingrat , dans l'île de Malte par exemple, qui n'est qu'un rocher, on voit, grâce à l'industrie humaine, subsister à l'aise une nombreusie population {a).

(a) J.-B. Say : Traité , etc., i'* édit«, tom. I, p. lo.

l6o PREMIÈRK PARTIE.

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