CHAPITRE XL
Comment les différentes industries s'entr'aident dans la
production.
NotJS avons vu que chaque genre d'industrie en général est productif (ûî) : voici une autre observation importante , c'est qu'aucun d'eux ne .l'est que parce que tous les autres le sont aussi. Tous s'entr'aident réciproquement à créer des richesses, et ils n'en produiraient point s'ils étaient isolés. Ainsi ces industries ne sont pas seulement productives d'une manière directe, en produisant des valeurs; mais elles sont encore productives d'une manière indirecte, puisque chaque genre d'industrie favorise la production des autres genres.
Si l'industrie agricole ne fournissait pas des matières premières ou du produit brut, les manufactures et le commerce ne pourraient exister. La première , en multipliant les matières utiles qu'elle transmet aux manufacturiers et aux commerçans, donne aux uns le moyen de multiplier tet de perfectionner les marchandises manufacturées, et aux autres le moyen d'étendre et de multiplier les opérations de commerce. Plus les chasseurs, les pêcheurs, les mineurs et les ^ »
(a) Voyez le cliap« IV, p. i5o.
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cultivateurs produisent de matières premières , plus les artisans et les manufacturiers peuvent produire de marchandises ' fabriquées , et plus aussi les commerçans ont de marchandises brutes et manufacturées à acheter et à vendre. Enfin, plus les matières premières se multiplient, plus les produits fabriqués peuvent acquérir de perfection.
Si Tindustrie manu/àçlurière ik existait pas, les matières brutes qui exigent quelque préparatixxn pour être consommées ne seraient jamais produites ^ parce qu'elles ne seraient jamais demandées. Les manufacturiers , en multipliant par leur travail l'utilité des matières, en augmentent aussi la. demande, et exci«tent les producteurs de ces matières à augmenter leur production. Enfin les arts mécaniques fournissent encore à ces producteurs des outils et des instrumens, qui les mettent en état de produire, avec la même quantité de travail, une bien plus grande quantité de matières.
Si le commerce ne s'appliquait pas à transporter le produit brut ou manufacturé des endroits oùilaboiade à ceux où il manque, on ne produirait jan^ais, ni de l'un ni de l'autre , que ce qui serait nécessaire pour la consommation locale seulement. Le commei^ce» en échangeant le superflu d'une contrée contre celai d'une autre, encourage l'industrie des deux contrées, * et multiplie leurs jouissances.
Outre cela, le commerçant, par-là même qu'il se constitue Tintermediaire entre le producteur et le consommateur, rend des services très-essentiels aux