LIV. I, GHAP. XI
autres industries. Les matières et les outils dont elles ont besoin pour produire se trouvent dispersés dans les mains de tous ceux qui les ont produits : le commerçant les rassemble et met les travailleurs à portée de s'en fournir à tout moment et sans la moindre difficulté. Il leur épargne par-là bien de l'embarras et du temps perdu.
De la même manière que le commerçant aide la production des autres industries, il leur facilite aussi le débit de leurs produits. D'abord il leur épargne les embarras et la perte de temps auxquels elles seraient exposées en cherchant elles-mêmes les consommateurs de leurs produits; ensuite il leur remplace les avances qu'elles ont faites pour produire, beaficoup plus tôt que la eonsommation de leurs produits ne peut avoir lieu. Le fer que le propriétaire d'une mine de Sibérie produit cette année ne sera peli)yêtre employé à l'usage que dans cinq ans, et dans un autre pays : si les commercans de Pétersbourg n'avaient pas des sommes toutes prêtes pour l'acheter, Ife propriétaire serait obligé de se charger lui-même du transport de sa marchandise, et d'attendre plusieurs années avant d'en toucher le paiement. S'il ne possède que le capital nécessaire à l'exploitation , il se verrait contraint de le détourirer de cet usage et de suspendre ses travaux jusqu'à l'époque oà le capital lui serait remboursé par le consommateur étranger. Le commerçant non -seulement lui épargne les peines, la perte de temps et les risques qui seraient inséparables d'un pareil ordre de ôhoses ;* il le met
204 PREMIERJB PARTIE.
encore en état- de recoipmencer sur-le-champ son exploitation y. en lui remboursant ses avances au mor ment même où le produit est achevé. Il rend les mêmes services, à tous les producteurs : il leur cherche sur toute la surface^du globe des demandeurs pour leurs marchandises, que les producteurs eux-mêmes ne peuvent pas aller chercher; il leur fournit des modèles, il les instruit des besoins, du goût et des caprices des consommateurs ; et par tous ces moyens il les met en état d'entreprendre des trava\ix auxquels ils n'auraient jamais pu se livrer sans le secours du commerçant.
Les avantages que la production retire du commerce en détail paraissent peut-être moins brillans, mais ils ne sont pas moins réels. S'il n'y avait pas de détailleurs, chaque consommateur serait obligé de se pourvoir de marchandises dans une quantité qui surpasserait de beaucoup son besoin actuel. Cette circonstance diminuerait infiniment la consommation; elle serait encore uh grand inconvénient pour tout le monde, et principalement pour les producteurs pauvres. Si un pareil homme était obligé d'acheter à la fois des vivres pour plusieurs mois, des vêtemens pour plusieurs années, etc., il y aurait une grande partie des fonds qu'il eniploie comme capital en instrumens de métier et en matières premières qui lui rapportent un revenu, qu'il serait forcé de placer en objets de consommation, qui ne lui rapportent aucun revenu. Pour un homme de cette classe ,, il n'y a rien de plus commode et de plus avantageux que de pouvoir acheter