CHAPITRE IV
Fon^ inutiles.
Nop^ venons de voir qu'il y a des capitaux qui ne Gontribueiit point à la production : il existe encore des fonds qui ne servent pas non plus à la consommation. L'argent qu'on tient enfermé dans des coffres oja qu'on cache sous terre, les provisions amassées au-delà des besoins, les maisons qu'on n'habite pas; en. un .motV toutes les richesses dont on ne fait aucun usage, sont des fonds absoUrmentstérilçs. Si on leà employait à satisfaire des besoins réiels ou J^ctices, ils. seraient utiles; ils léseraient davantag/e si on les consacrait à la production.'
. C'est la crainte o\x. V. avance qui tiennent les fonds ' oisifs.. Quand les hopimes ont à redouter la violence de leurs chefs, il. arrive souvent qu'ils enfouissent des fonds pour les sousftraire à leur- cupidité, ou afin de les avoir eifk tout temps spus. la ipai;n poucles.em-
l'application, n'a pas été maintenue dans toute sa rigueur, même par les auteurs qui l'ont établie. Smith y par exemple , re<ionnatt une différence e^tre les^ fonds prêtés qui rapportent un i^'ijenu à leurs propriétaires , et ceux quji^ ei^, donnent en même. temps à la société ( vol. I, pag. 4i^ ); cependant, dans tous les endroits de son ouvrage où il s'agit du capital national, il le définit constamment par la ' totalité ' des capitaux privés.
1^% PREUlttiT^ PARI^Ifi.
porter dans quelque asîle. Cette pratique à été fort en vogue dans toute l'Europe , petidattt les désordres du gouvernement féodal. C'était alors une branche assez importante du revenu des souverains, que les trésors trou<^és. On appelait ainsi les trésors cachés en terre ; ils étaient toujours censés appartenir au souverain, et non à celui qui les avait trouvés, ni au propriétaire de la terre, à ïrioîfis que cfelni-'d, par une clause expresse dé sa chattre, n'eût obtenu îà concc^ssion die te droit régaliéri.
Cette pi'àtiqtie est tritate aUjèUtdTluï très-èbltfmuhe dans tous lès pays bîi les propriétés toè éoWt pas à fabri de la violence. En France, sons Parttîèb gouvememettt, dès impôts oppressifs avaient însj)it*é la crainte de paraître riche , et tout Targetit que pôt*^ vaient «accumuler les fermiers et tes petits ptôptiê* taîres, étaîfc eiiftmî. L'habitude de thésauriser à été en augmentant pendant Taïiàrchie réVoltitiotihîiît^; Les longues et fréquentes guerres de l'Allemagne y dut feit dominer de tout temps Ib même eéprit;il eift universel en Italie, comme on peut eil juger d*àprèî^ rextrênre crédiiKtë avec laquelle le puWkS adopté toî» les rétîitis dé trésors' découvert*. D'ailleurs , dafisf iéèf pays<4à , et dans plusieurs autres états catholiques, ua grand nombre de gens riches se font scrupule de prêter à intérêt; ainsi ils trouvent moins de désaviUH tag<6 que d'aulres à enfouir leurs "trésors. Mëis c'est surtout dans les états despotiques de TAsie, en Tdi*^ qUîè, en iPerse, au Mogol, dans PInde et à la Chine, comme aus^i chez les peuples pasteurs de la "^^artarie et de l'Arabie, que chaque homme riche fait consister
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sa principale ressource dans un trésor enlevé à la circ^lation,~et«que chaque pauvre confie à la terre tous ceux, des fruits de ses sueurs qu'il peut soustraire à la vigilance de ses maîtres.
Pour ce qui est de notre patrie, Messeigneurs^ toutes les personnes qui connaissent Tintérieur prétendent que la coutume d'enfouir de l'argent est en- 4:ïore très*comiiiané parmi nos payons, et rinsécurité de ieur situation rend ces récits très-vtaîsemblablôsw lyaiileurs^ tant qu^ les gens de là campagne restènC dans Jeurs villages, vh n'ont presqtte aucun moyen de . faire travailler leur argent ; k ressource de le placer à intérêt leur est presque inconnue , et plusieurs de nos sectes religieuses l'ont en horreur. Toutes' ces raisons, jointes âu)c découverte» qu-on fait «de temps en temps de ee^ trésors cachés , ne laissent plus* de doute que chez nous une masse très^^otm&idérable de f6nds ne#$éit: ânnuèHement enfouie dans^ là terre*
Q«iant à -tVi^^^d&niba 9 qui est encore^ tmci des cauireis pilndpales qui condamnent les fonds ^ i'-oiisiveté^ ieUe lié donne U^u à aucune obset^vation que voas ne pùi»* siez faire 'VOUS -'ménie; C'est ^ne maflaidie dé rame, doiit he^réuisement peu de personnes' sont a|teinteé^ et<{ui peut -être «fst plus rare eheacnous qu^ partout ailteui*s.
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