‹ Cours d'économie politique;Chapitre 65 sur 173 · LIV. Il, GHAP. VI, li3l · texte numérisé non relu

LIV. Il, GHAP. VI, li3l

son sens le pkis étendu , n'exelut que les constructions (i).

Youlez-vous y attacher une> idée plus précise? Parcourez lé tableau des travaux industriels que je vous ai présenté (a) : chaque métier particulier vou$ rappeller?. des outils et des machines qui lui sont propres^ Le travail du chasseur vous fera res^ou^vienir 4<ssinslriun^s de chasse, tels que les frondes, ies afos^ les flèches, les pièges , les fusils, les chiens 'àe iebasse, les fatùsons; celui du pécheur présentera i votre imagination les in^runbens de pèche, comme les. filets, lies parcs de rivière, les barques^ les harpOns ; les navires, etc. Aucun genre d'industrie n'est plus riche ep instrumens de métier que l'industrie manufacturière; aucun n'en a moins que l'industrie commerçante : ses outils se rédiiiseht à peu prèsaux^ hajiances et aux mesurés. Ceux de l'armateur con>sistent dans ses navires et agcès^. enfin ceux du rou<lier dans ses chariots et dans séb attelages.

Vous* voyez qu'il y a bien peu de travaux indus* triels que l'homme, puisse exécuter sans faire usagç de quélqu7instrument , sans ajouter au bout de ses doigts , qui ^ont des outils naturels ,. d'autres outils produits par une industrie antérieure^ Les travaux

(i) Pourquoi les e]|;;Glure9 Le^ coç$^ruçti.on$ sont des pro-^ duits de l'industrie humaine consacrés à la reproduction^ partant ce sont des outils. Un champ lui-même est un outil qui ne diffère des autre» qu'en ce qu'il n'est, point uq produi|; de l'industrie, mais un don de la nature. J.-B. S.

(a) Liv. I, chap. X , pag. 1S9.

»3a PREMIÈRE PARTIE.

même les plus simples des peuples sauvages ne pea«

vent se faire sans ce secours : ainsi l'invention des oU'«

tils commence avec les- premiers travaux industriels.

D'abord on n'en invente, on n'en febrique que

pour exécuter des travaux qu'on ne pourrait point

exécuter sans cela. Tels sont, par exemple, la bêche

et les aiguilles à tricoter : l'un et l'autre de ces outils

sont indispensables pour labourer la terre ou faire

desl)as. Partout ou l'on veut exécuter ces travaux ,

it n'existe pas d'autre ihoyen plus simple que celiii

•que présentent ces: instrumens.

.. Dans k suite des temps on parvient à inventer

d'autres outils, qui font ce que l'homme pourrait faire

sans eux, mais qiii rendent; le travail plus facile et

qui .l'abrègent considérablement {a). Tels sont la

charrue et le métier pour faire des bas. On pourrait,

à la rigueur, se passer de la charrue pour labourer

la terre : mais combien ne rend* elle pas facile et ex-

péditif cet indispensable travail ! De même aussi on

peut faire des bas sans l'entremise du métier : mais

par aon moyen on y parvient plus. aisément.

Enfin l'homme ne se borne pas à chercher des moyens pour faiire .plus vite l'ouvrage; il veut encore qu'il soit mieux fait , ' et il invente des outils et des machines propres à donner au produit une perfection qu'il n'aurait point sans eux. Tel est le moulin pour filer le coton. En effet le cpton se file avc^c

(a) 6'jBst cette espèce d'outîîs et celle qui suit, dont rinvcntion doitiêtre attribuée principalement à la division du travfdti^ ypyçîi liv. l^ phap. yij P« i^5.

nv. ti, CHAP., VI. a33

les doigts et avec des machines : mais les doigts ne peuvent jamais donner au fil un degré de finesse et d'égalité suffisant pour faire de belles mousselinjes ou de beaux basins. Des peintres pourraient exécuter au pinceau les dessins qui ornent nos indiennes , nos pa^ piers pour, tentures : mais les planches d'impression qu'on emploie pour cet effet donnent au dessin une régularité , aux couleurs une uniformité qui ne s'obr tiendraient point sans cela.

Ainsi les avantages que l'industrie retire des instrumens de métiers , se réduisent à trois cifconstançes. i^ Ils servent à faire des travaux que l'homme ne pourrait jamais exécuter sans eux^ par-là ils sont indispensçibles , supposé qu'on veuille avoir le produit qu'ils fournissent, a^ Us facilitent le travail et Tabrégeht;.par^là ils épargnent à l'ouvrier du travail et de la peine., et rendent par conséquent le produit moins cher. 3^ Us donnent au produit une perfection qu'il n'aurait jamais sans leur secours; parJà ils. le' rendent plus agréable et plus recherché. Il y a des instrumens qui ne remplissent que Tune, ou llaqtre dç ces destinations.;, il y en a aussi c^ui réunissent tous les avantages : ceux-ci sont les plus utiles.

Vous- voyes, M^s$eigneiirs ^ combien les instrumens contribuient à. rendre le travail plus productif. *llne nation qui/nultipUe che^ elle les outils et les machines f peut entreprendre des travaux que d'autres peuples ne pourraient point exécuter; chesrelle^, la ménie quantité de travail iQuroir^ un pliia grand produit, et c# produit-sera bien- -plus parfai te C'est surtout à la inultiplicatiqn d§s inslrupiens qu'il f^ut

334 PREMlàRE PAUXTE.

attribuer ia perfiçction des produits mauufaclurés d'Angleterre et le bas prix auquel ils se vendent dans les marchés étrangers.

Quand on s'est convaincu , par une pareille anar lyse y des avantages inïmenses qui résultent de l'emploi des instrumenS| non^seulement on applaudit, comme cosmopolite, à tous les progrès de l'esprit humain qui peuvent conduire à l'invention de qçuveaux outils et de nouvelles machines ; piais encore, comme. p(atriote:,'xm voudrait les voir introduits dans le pays auquel on appartient. .

La découverte de nouveaux procédés dans les arts jQoéoaniqùes , coipine nous l'avons vu , tient en partie à la division du travail , et en partie aux progrès des lumières (a), c'est-à-dire à des circonstances qu'il ne dépend pas d'un peuple d^amei>er à son. gré : amsi toutes les nations ne sont pas également en état d'in" venter de nouveaux instrumens ou de perfectionner ceux qu'elles emploient. Mais ce qui est au pouvoir de tout peuple, comme de tout individu , c'est de ne pas s'opposer par habitude ou pat* préjugé à.ce que l'usage d'instrumens plus parfaits ne se répande.

Observez nos ouvriers russes : la plupart de leucs outils sont du genre d&«eux qu'il leur fisiut iodispensablement pour exécuter leurs travaux ; encore ^ dans ce genre , sont-ils souvent d'i^ne tràs^tpauvaise ^qualité. Ces ouvriers voient les étrangers se servir d'instrumens plus parfaits ; mais l'habitude , fortifiée par les préjugés nationaux, les empêché de suivre cet

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