LIV. II, GI^AP. VI
exemple. Faites-leur un cadeau de pareils outils , ils ne s en serviront pas. A la vérité, leur adresse à exécuter certain^ travaui^ mécaniques à Taide de leurs outils impàifaits, est ét(mnante : mais j'aimerais mieux que nos ouvriers fussent admirés pour la per* faction et le bon marché de leurs produits , que pour leur dextérité qui ne balance pas les avantagés résuU tant de l'emploi d'instnftnens plus parfait^* Quand on voit les ornemens et les ustensiles des peuple^ sauvages, ces produits, comparés aux faibles moyens qui ont servi à le» créer, nous causent i|n mouvement de ^rprise et d'admiration : mais , dans le fond , pe n'e3t pas le produit qu'pn admire ; c'est la patience et l'adresse de l'ouvrier. Tel artisan européen , muni de ses instrumens de métier, en produirait de bien plus parfaits, en beaucoup moins de temps fst avec beaucoup moins de peine.
4« Subsistances. Ce ferme comprend toutes les richesses nécessaires à l'existence du travailleur indvistriel , au logement près , qui se trouve déjà rangé i»ous l'article des construction^ ; ainsi il faut y com* prendre la nourriture , le vêtement , te mobilier , le combustible, etc. Quand la valeur des subsistances est fourni^ au travailleur par celui qui l'emploie , e)le s^ nomme son salaire; mais alors elle comprend ^ussi le logement. ^
La quantité et la qualité des subsistances néce^-^ saires varient beaucoup , nôn-çeulement dans les différens métiers , mais encore dans le même métier , s^iva|lt les lieux où il est exercé.
Tel genre de travail use beaucoup plus les (acuités
physiques et morales de Thouime que tel autre : ainsi, pour réparer ses forces , pour ranimer ses esprits , il lui faut une nourriture plus abondante ou plus déli-* cate d^ns tel métier que dans tel autre. Un forgeron a besoin de plus de nourriture qu'un tailleur; les alimens qui conviennent à un crocheteur ou à un roulier,* ruineraient la santé d'un peintre ou d'un banquier, occupés! à un travail de tête et forcés de mener une vie sédentaire.
Mais indépendamment de cette nécessité , le besoin habituel des travailleurs diffère beaucoup dans les différens métiers. Le laboureur mène une vie plus simple que l'artisan ; ce dernier , vivant dans la ville , où il est plus facile de se procurer des superfluités, s'accoutume aisément à un genre de vie plus raffiné; le commerçant, élevé pour la plupart dans Taisance, a plus de besoins que l'artisan.
Les besoins du travailleur sont encore déterminés par le climat et par les habitudes nationales : ainsi le même genre de travail exige quelquefois des capitaux très-inégaux sous la foi^me de subsistances , dans deux pays différens; en Angleterre, le simple ouvrier ne saurait vivre sans rost-beaf et sans bierre forte ; en Russie, le repas du marchand aisé est à peu près aussi frugal que celui du laboureur. Les climats trèschauds et très-froids font naître des besoins qu'on rfô connaît pas dans les climats tempérés : les poêles , les doubles fenêtres, les fourrures , que notre dimal exige , sont inutiles en France , et la consommation de combustible et de chandelles y est infirtimehl nioindre.