LIV. II, CHAP. VI
S. Matériaux. Nous comprendrons sous ce nom toutes les autres richesses- ( excepté les subsistances du travailleur \ dont la consommation immédiate est nécessaire pour foiirnir un nouveau produit. Ils se divisent en deux espèces : les uns sont complètement détruits du moment où on les emploie à la production ; les autres ne, subissent que des préparations ou des transformations par une industrie subséquente-à celle qui les a fournis. La première espèce conserve le nom de matériaux^ dans une acception plus stricte; la seconde est distinguée par un nom particulier , celui de matières premières.
L'industrie agricoleèt commerçante n'emploie que des matériaux de la première espèce ; . tels sont la poudre à tirer et le plomb du chasseur , le charbon , la poudre à tirer et le mercure du mineur , les semences du laboureur , ainsi que la nourriture de son bétail, les emballages et les matériaux pour écrire qu'emploie le commerçant, etc. ; car toutes ces choses sont absolument détruites pour fournir le produit de la chasse , des mines , de l'agriculture et du commerce. L'industrie manufacturière , au contraire , emploie des matériaux des deux espèces : le charbon, par exemple que le forgeron consomme,, est' un matériel proprement dit ; le fer qu'il travaille , est une matière première.
Ain^i l'industrie agricole, bien qu'elle emploie des matériaux, ne travaille cependant point sur. des matières premières, non plus que le commerce : la première ne fait que recueillir ces matières et les livrer à l'industrie manufacturière; le commerce ne fait que
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les échanger. L^â produite dé la qha^âe, de la pédie, des mines et de l'agriculture deviennent des matières premières sous les tnaitis des premiers artisans qiii leur donnent une préparation quelconque; et souvent ces matières préparées, même lorsqu'elles sont des produits entièrement achevés et qu'elles ont servi à là consommation, redeviennent de nouveau des matières premières, en passant chez d'autres artisans qui leur donnent des préparations ultérieures, ou qui les transforment d'une autre manière. Le liii, par exemple, fourni par le cultivateur, est la matière première des ouvriers qui le préparent à la filature, et de la fileuse qui eh fait du fil. Le fil est la matière première du tisserand qui en fait de la toile; la toile est la matière première de la couturière qui en fait du linge; le linge passe au consommateur. Le lingé consommé, c'eàt-à-dire celui qui n'a plus de valeur comtne linge , sert de nouveau de matière premièie aux papetiers ; le papier devient celle dès imprimeurs. Les livres impriméà sont un objet de consommation, et redeviennent ensuite la matière première des faiseurs de carton.
6. Le terme Sou^^ragefaii comprend i ® tous les produits bruts et manufacturés des industries agricole et m.anufacturière , lesquels, quoique achevés et destinés à la vente, se trouvent encore dans les mains de leurs producteurs; et i^ toutes les marchandises qui sont encore entre les mains des commerçans. En un mot, l'ouvrage fait c'est le produit total de Tindustrie qui n'est pas encore débité ou distribué à ceux qui doivent en user ou le consommer. Ce pro-