‹ Cours d'économie politique;Chapitre 68 sur 173 · LIV. Il, GHAP. VI. ik3g · texte numérisé non relu

LIV. Il, GHAP. VI. ik3g

duit, en passant ensuite dans les mains des consomniateurs, reçoit deux destinations très -différent es: une partie va renouveler el; augmenter le fonds de consommation;, une autre est employée à renouveler ou à augmenter, le capital, c'est-à-dire ce fonds d'améliorations, de constructions, d'outils, de subsistances et de thatériaux qui est destiné à la production matérielle.

Tels sont les élémens du capital national. Vous serez- peut -être surpris, Messeigneurs, de ce que j'ai passé sous silence le numéraire ^ cette partie du fonds national dont on entend parler le plus souvent, et à laquelle on attribue presque exclusivement le nom de capital. C'est qu'en effet le numéraire est d'une nature si« équivoque qu'on ne sait trop où le ranger. D'une part il concourt à la production, et parlà il participe à la nature des capitaux; de l'autre il ne donne jamais de revenu , ni à la société , ni aux individus qui le possèdent, et par-là il diffère du capital et s'assimile au fonds. Je réserve pour le cinquiènïe Livre ce que j'ai à vou^ dire sur la nature et sur les effets de cet agent de la circulation : pour lé présent je mt borne aux observations suivantes, sans lesquelles il vous serait difficile de bien saisir le caractère du capital.

Le numéraire aide la production en multipliant les échanges, saiis lesquelles la production ne saurait ' aller. Il rend à la circulation à peu près les mêmes services que les canaux , les fleuves et les mers. De même qu'il ne serait pas impossible d'envoyer par terre les marchandises à de gt^ndes distances, il ne

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le serait pas non plus de les troquer contre d'autfeS^ marchandises : mais comme la navigation rend le» échanges infiniment plus fréquens par lafacilité qu'elle donne aux transports^ le numéraire les multiplie de même à l'infini par la facilité qu'il apporte aux trocs< On peut encore le comparer à ces instrumens de métier qui font ce que l'homme pourrait exécuter sansr leur secours, mais qui rendent le travail plus facile et qui l'abrègent considérablement. De même qu'on peut faire des bas sans l'entremise du métier, on pourrait aussi échanger les marchandises sans l'entremise du numéraire : mais comme on parvient à faire des bas bien plus aisément en employant le métier y les échanges se font aussi bien plus facilement par le moyen du numéraire.

Voilà en quoi consiste l'utilité du numéraire. Sous ce rapport il s'assimile au capital; mais il en diffère sous un autre. Le. capital donne un revenu, le numéraire n'en donne jamais. Enfermé dans un coffre-fort^ il ne s'accroît ni ne se multiplie point; mis en circu^ lation, il ne peut être employé qu'à acheter du travail ou des marchandises. Si les choses que l'argent vient d'acheter, sont consacrées à la production, elle» rapportent à la vérité un revenu; mais alors ce sont ces choses qui donnent le revenu , ce n'est pas le numéraire qui a servi à Jes acheter. Le prêteur du numéraire ne pourrait jamais en retirer un intérêt, si l'emprunteur le gardait sous cette forme : celui- ci , pour lui faire produire un revenu qui puisse le mettre en état de payer l'intérêt, est toujours obligé de l'échanger contre dû travail et des marchandises ; et

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quand ce travail et ces marchandises lui ont procuré tin revenu, c'est alors seulement qu'il se voit en état • de payer l'intérêt au prêteur dont il tient le numéraire.

Vous voyez que le numéraire, si tant est qu'il fait partie du capital , en est une portion absolument stérile, ou plutôt que ce n'est ({ViMnJbnds^ c'est-à-dire une* niasse accumulée de valeurs qui attendent leur destination. Ce fonds peut être employé toiir à tour à la consommation stérile et à la production ; mais dès qu'il est appliqué à l'un ou à l'autre de ces emplois, il n'existe déjà plus sous la forme de numéraire. Aii^i les capitaux qu'une nation possède ne se composent point de numéraire, mais d'améliorations foncières, de constructions, d'outils, de subsistances, de matériaux et d'ouvrage fait, quoique les propriétaires de ces capitaux soient habitués à les évaluer en numéraire. Un fabricant dira, par exemple, qu'il a placé un capital de 5o,ooo roubles dans sa manufacture; mais vous comprenez bien qu'en parlant ainsi, il ne fait qu'exprimer en une valeur convenue la valeur des constructions, des subsistances, des matières premières et des outils qu'il a employés pout l'établir et pour la mettre en train.

fi4tl PREMIERE PARTIE.

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