‹ Cours d'économie politique;Chapitre 70 sur 173 · LIVX II, CHAP. VU · texte numérisé non relu

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forgeron sont leurs matériaux ; les étoffes et le fer sont leurs matières premières.

Le capital d'un mafchand est presque en entier un capital circulant : il consiste en marchandises dont il faut qu'il se défasse pour en tirer un revenu. Son capital fixe est peu de chose comparativement. Celui d'un détailleur ne consiste. que dans sa boutique, dans ses balances et ikiesures; celui d'un marcliànd en gros se réduit au local où se trouvent son comptoir et sçs magasins. Mais souvent ces travailleurs ne possèdent en propre ni boutique ni magasin : ils se contentent de les louer. Ces constructions, ainsi que la plupart des ateliers des artisans sont le capital fixe des propriétaires de maisons, lesquels souvent n'exercent aucune industrie. Le capital d'un armateur est de même un capital fixe , et consiste dans ses vaisseaux^ celui d'un roulier comprend les deui genres : ses voitures et ses attelages forment un capital fixe; la nourriture de ses chevaux forme un capital circulant.

Le capital national n'étant autre chose que la somme des capitaux productifs des individus qui forment la nation, il s'ensuit qu'il se divise de même en ces deux branches, dont l'une se compose principalement d'immeubles, et l'autre de richesses mobiliaires. Si cette distinction n'avait d'autre but que de présenter une nouvelle classification des élémens du capital national, je n'en aurais pas fatigué votre attention : mais elle fournit à l'observateur des résul- • tats très-importans , et c'est pourquoi je vous inviteà la bien saisir. Voici pour le moment quelques ob'^

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servatidns qaîf vmtô prouyeront qu^elle n'est nullement inutile.

i^ Tout eapitftl fixe provient originairement d'un capital circulant, et a beâoin d'être continuelleme«[t entretenu aux dépens de ce dernier. Les améliorations d'un fonds de terre ne peuvent se faire ^ les' constructions ne peuvent s'élever, les outils ne peu-^ Veat être fabriqués sans qu'on ait amassé d'avance un capital circulant en subsistances pour nourrir \e^ travailleitr« qui doivent diriger et exécuter ce^ tra-^ vaux:. Poiu^ tenir le capital fixe coiiBtammenfl en bon état, ïk faut encore recourir au capital circtilaiit.

à^ Aucun capital fixe ne peut donner dé revenu que par le moyen d'ué capital cit^culant. Quelque améliorée que soit k terre, elle ne rendra pas de re*^ veÀu sans un capital circulant en subsistances qui fasse vivre \ei ouvriers qui la cultivent comme ceux qui recueillent son produit spohtané, et sans nn autre en matériaux pour etisemencer la terre et nourrir les bestiaux. De même les constructions, les m&chi*nës et les instrumens les plus utiles ne produiront rien' sans un capital circulant qui leur fournisse les n^tériàim qui leur sont nécessaires pcmr agir , im matières premières qu'ils sont propres à lÂettre en œuvtè, et les subsistances des travailleurs qui doiveht les employer.

Supposons une nation qui ait été extrêmement rî^ che, qui ait en conséquenxiîe fixé*un capital imiùense pour améliorer la terre, construit*e des habitations ^ bâtir deauMues et des ateliers, et fabriquer fies ins^trulnens. Supposons ensuite qu'une irruption de bar-

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bares saisisse, immédiatement après la récolte, tout son capital circulant, toutes ses subsistances, ses matériaux et son ouvrage fait, encore que ces barbares, en emportant leur butin, ne détruisent point les maisons ni les ateliers : tout travail industriel cessera aussitôt. Car pour rendre à la terre son activité, il faut des chevaux et des bœufs pour la labourer, du grain pour Pensem^ncer, et surtout du pain pour faire vivre les ouvriers jusqu'à la récolte prochaine. Il faut pour que les usines travaillent, du grain au moulin, du métal et du charbon à la forge; il faut des matières premières aux métiers, et partoutde la nourriture au travailleur. On ne travaillera point en raison de l'étendue des champs, du nombre des usi* nés et métiers, et de celui des travailleurs, mais ea raison du peu de caEpital circulant qui aura échappé aux barbares.

Heureux le peuple qui , après une pareille catas<» trophe, peut retirer de dessous la terre les trésors que la crainte y aura enfouis! Les métaux précieux et les pierres fines ne peuvent, non plus que les ca* pitaux fixes, remplacer la vraie richesse circulante : mais l'usage qu'on en fera, ce sera de les exporter en entier pour racheter au dehors le capital circulant dont on a besoin. Vouloir empêcher cette exportation, ce serait condamner les habitans à l'inaction, et à la faqiine qui en serait la suite.

a48 PREMIÈRE PARTIE.

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