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CHAPITRE IX

De quelle iftanière se foirment les capitaux.

QuAKD le fonds qu'un homme possède sufEt tout au plus pour le faire subsister pendant queltques jours ou quelques semaines, il est rare qu'il songe à en tirer un revenu. Il le consomme , en le ménageant le plus qu'il peut.

Mais quand un homme a par devers lui un fonds suffisant pour le faire vivre des mois et des années , il cherche natureilement à tirer un revenu de }a majeure partie de ce fonds. I! n'en destine à sa consommation que ce qu'il lui en faut pour subsister jusqu'à ce que son revenu commence à lui rentrer; tout le reste est employé de manière à lui rapporter un re* venu : c'est-à-dire il le retranche sur son fonds de consommation pour en fortner un capital.

aSa PREMIÈRE PARTIE.

Ainsi la caus& immédiate de la formation etde Taug-r mentation des capitaux, c'est V économie^ et nonTindustrie. L'industrie , à la vérité , fournit les richesses qui sont la matière des épargnes que fait l'économie: mais quelque effort qu'elle fasse pour produire , le capital ne peut avbir lieu qu'autant que la consommation détruit moins que l'industrie ne produit (i).

.(i) n y a ici une erreur que je suis d'autant plus porté à excuser dans M. Storck^ qu'on la trouve dans mes premiers écrits sur l'économie politique , quoiqu'elle ait 'disparu dans les suivans.

Les produits épargnés dont se forment les nouveaux capitaux, n'échappent point à la consommation. Tout produit est voué à une consommation; car il n'a de valeur , il ne rembourse ses frais de production, qu'en vertu du besoin qu'on en a ; et l'on n'en a besoin que pour le consommer. Il semble dès lors qu'il est impossible de conserver, d'accumuler la valeur d'un produit, et par conséquent de l'ajouter à la valeur du capital que l'on possède. C'est bien en effet ce qui arrive quand nous consommons un produit dans l'unique but de recueillir la jouissance qui accompagne sa consommation. H n'y a point dans ce cas de valeur accumulée. Une valeur avait été créée; elle a été détruite pour notre satisfaction ; la masse générale des richesses n'est ni plus ni moins considérable qu'auparavant.

Mais nous pouvons avoir besoin d'un produit pour atteindre un autre but que notre jouissance actuelle. Nous pouvons le souhaiter, l'acheter, et le consommer dans le but de produire une nouvelle portion de richesse qui se trouvera sufGisante , non-seulement pour nous rembourser notre avance, mais pour nous donner en outre un intérêt proportionné au temps qu'elle aura duré , et un profit proportionné à la peine que nous aurons prise , à l'intelligence que nous aurons déployée dans la conduite de l'opération. C'est ainsi qu'un teinturier

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