LIV. II, GHAP. IX. a
Supposons deux individus qui exercent la même industrie, ou des industries différentes, mais qui don^ nent un égal profit. L'un est intelligent et laborieux; il gagne le double de ce que Tautre gagne, mais il dépense tout son revenu. L'autre , plus paresseux et moins habile, ne gagne que la moitié, mais il en économise une partie. Au bout d'un certain temps , l'homme paresseux, mais économe, aura un capital, tandis que {'ftomme laborieux mais dépensier, malgré la supériorité de sa production , n'en aura point. Appliquez cet exemple à des nations entières, il vous montrera les mêmes résultats. Toutefois il n'en est
consomme de rindigo ou de la cocbenille pour colorer ses étoffes. Ce n'est point pour sa jouissance qu'il consomme ces produits ; il les détruit néanmoins ; mais il fait passer leur valeur dans un autre produit (l'étoffe); et cette consommation perpétue la valeur consommée , en même temps qu'elle fait varier la forme matérielle sous laquelle cette valeur se manifeste.
Or quand un nouveau produit est consommé de cette manière, c'est-à-dire reproductivement, et que sa valeur, nouvellement créée, se perpétue , on conçoit qu'il y a une nouvelle portion de capital dans la société.
C'est en cela que consiste l'épargne. Elle ne consiste pas à ne point consommer : tous les produits continuellement créés, sont continuellement consommés, et il se consomme autant de valeurs dans un pays où il se fait des accumulations que dans un pays on il ne s'en fait point; mais l'épargne utile, celle qui forme de nouveaux capitaux , consiste à consommer pour la reproduction , au lieu de consommer pour la jouissance, les valeurs nouvelles que nous procurent nos revenus.
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pas moins vrai, que plus Tindustrie produit , plus r^conomie peut faire des épargnes.
' La forme sous laquelle les capitaux s'acoumuient, est absolument indifTérente, pourvu qu'ils s'accumulent Qu'un eultivateur retranche sur sa consommation une portion des gniinâ qu'il a réeokés, elle . formera éga^ment un capital , s(Mt qm'il l'iemploie à ensemencer son champ, qui jusquie4à restait înculbe , soit qu'il la yeode pour prêter à d'autres travailleurs l'argent «qu'elle lui aura valu. Dans le premier pas ce sera un capital en «semences ;daQ6 le second, ce sera un capital en arigent.
Quand le numéraire est introduit chez une nation, la plupart des revenus étant perçus en numéraire, la plupart des capitaux s'amassent auss; sous cette forme : mais comme chaque piècç de moKwaieriepré- ^ente la. valeur d'une portion de ricbcis^ejs «^iptueUefiient eiLÎfltante idans la société, il s'ensuit j^'jsniaccumnlant du n«iméraîre, on aeeomute les riehesses qu'on peut acheter par ce moyen. En épargnant mille roubles 3ur mon revenu, je m'abstiens de consommer wie quantité de richesses quelçpxiquips in^ J^ même valeur , qui se trouvent i^»kt^v ^MttueUeiMectt dgas la €OOÎiété««i je iris : alor^, lû j'^emploie moi-même mon capital, je destine à la production une quantité de richesses valant mille roubles ; et si je prête mon capital à quelque autre personne, je lui délègue le droit 4^ dis^Sior 4'>uue quantité de .richesses de psMneiJUe 'va- ■kitr,. Du moment -que oeit« valeur .eat réaUsée , zqii^ 4e possessew de l'argent l'échange centre les richesses auxquelles cet argent lui donnait droit , il cesse de