LIV. II, CHAP. IX. îîSc
fois bî'èn ^àr celles de leûi^ gouVe^i'tteitîehs. Quand lés dépenses du gouVernemettt côteômnleht urie si grande portion de la totalité des i:*evenus, que l'es jîferticulièrs sont forcés d'entamer leurs capitaux, toute Ja frugalité et la sage conduite des individus ne sù!F- 'firô'nt jatnais a compenser les vides qu*utte pareîlte dissipation forcée occasionne dans le produit annuel. « Si lés gouverneméns de l'Eilrope n'ont pas to'fei porté leurs profusions jusqu'à cet excès, la plupart d'entre eux doivent cependant s'accuser d'avoir retardé les progrès de l'opulence nationale par ùrtfe ■foule de dépenses atissi excessives qu'inutiles. L'ekpérieti'ce nous fait pourtant voir que l'économie et fa sage conduite privées ont suffi pour balancer totiteRs ces profusions; car, dans la plupïirt des pays de l'Etaropfe, la richesse nationale s'est évidemment accrue depuis plusieurs siècles. Ainsi cet effort constant, uniforme et jamais interrompu de tout individu pour améliorer son sort, ce principe, qui est la source |)riïilitivé de l'opulence publique et privée, a souvent assez de puissande pour maintenir, en dépîf des fdiiëfe du gouvernement et des erreurs de l'administration, le progrès iiaturel des choses vers une meilleure coh* dition. Semblable à ce principe inconnu de la vie que portent en eux les espèces ahimiales, il rend souvent la santé et la vigueur au corps social, non-seuléthfent malgré la maladie, mais même en dépît dies ordonnances -d'un médecin ignorant {a), r^
{d) Adam Shiîth : fP^ealth of nations, liv. Tî , çhap. 3.
a6o PREMIÈRE PARTIE.
Cependant cet effort des particuliers a besoin d'être protégé par la loi. Ce n'est que là où les propriétés . sont assurées , où l'emploi des capitaux est abandonné aux choix de ceux qui les possèdent; ce n'est que là, dis- je, que les particuliers seront encouragés à se soumettre aux privations les plus dures pour compenser par leurs épargnes les retards que la profusion du gouvernement peut avoir apportés aux progrès de la richesse .nationale. Si l'Angleterre, malgré ses guerres ^•uineuses, est parvenue à un haut degré d'opulence; si, malgré les contributions énormes dont le peuple y est chargé , son capital s'est pour- ,tant accru dans le silence par l'économie des particuliers, il ne faut attribuer ces effets qu'à la liberté des personnes et à la sûreté des propriétés qui y régnent, plus que dans ^ucun autre pays de l'Europe, la Suisse exceptée.
L'accroissement du capital national de la Russie pendant le cours du siècle dernier est un phénomène d'autant plus remarquable , que ces causes n'y exercent leur bénigne influence que dans un cercle fort étroit. Cependant, combien de villes bâties, combien de terres amélioréies, combien d'usines et de manufactures établies, combien de ports, de routes et de canaux construits, combien de branches de commerce exploitées depuis lé temps de Pierre -le -Grand! Et tous ces capitaux ont été créés et accumulés au milieu des guerres presque continu elles, que la Russie a soutenues contre la Suède, la Pologne, la Prusse, }a Turquie, la Perse et la France, nonobstant la peste d'e Moscou et les ravages exercés par la horde